Chemin du Nord étapes


Le port de Saint-Jean-de-Luz

Bayonne - Saint Jean de Luz

Parcours :

Etape de 26,1 km pour laquelle 6 h 45 seront nécessaires. Cette première étape en Pays Basque pourra sembler un peu longue à certains. Il est fort probable que les pèlerins d'autrefois utilisaient la ligne droite pour relier les deux villes -un tracé logique que de nos jours la N 10 s'est appropriée. Nous devrons zigzaguer pour éviter à la fois la circulation et composer avec une urbanisation envahissante. Il nous faudra 3 h 40 pour atteindre BIDART (14,6 km) puis 40 minutes de plus pour arriver à GUETARY (17,1 km). ERROMARDIE sera atteint au bout de 21,4 km et nous rallierons SAINT JEAN DE LUZ après être passé à la pointe Sainte Barbe situé à 1,8 km avant le cœur de notre ville étape. Ce long parcours vous laissera peu de temps pour découvrir Saint Jean de Luz mais l'étape du lendemain relativement courte (16,5 km) vous permettra un rattrapage nécessaire à la découverte de cette belle cité....

 

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

Il est indispensable que vous prévoyez d'arriver suffisamment tôt à Bayonne de manière à pouvoir découvrir une ville agréable et chargée d'histoire. On peut découvrir dès son entrée dans la cité un témoignage jacquaire avec la collégiale Saint-Esprit à quelques mètres de la gare SNCF. Ici, dès le XIIe siècle, les moines offraient l'hospitalité aux pèlerins venus par la voie des Anglais (la côte landaise). Ils leur procuraient des passeurs pour traverser l'Adour. Nous sommes aussi dans le quartier Saint-Esprit qui accueillit les juifs dès 1492 sous la protection de l'étoile de David. Izarra signifie étoile en Basque.

Vous ne manquerez pas de découvrir la cathédrale Sainte-Marie qui est un édifice gothique ayant remplacé le sanctuaire roman détruit par un incendie. Le monument fut édifié entre le XIIe et le XVIe siècle sous la domination anglaise. L'édifice, assez austère, est inscrit au patrimoine de l'UNESCO. Jouxtant la cathédrale, le cloître ne subsiste qu'en partie, il forme un vaste ensemble gothique lumineux bâti au XIIIe siècle. La rue d'Espagne, la rue de la Poissonnerie et le lacis de ruelles aux alentours de la cathédrale conservent intact l'aspect de la ville haute médiévale (façades à colombages). Cette belle unité architecturale de vieilles demeures est plus facile, d'ailleurs, à observer le long des quais de la Nive (quai Jaurequiberry).

Les remparts et les châteaux forts : la ville haute est entièrement  fortifiée au Moyen Age et protégée à l'ouest par le château-Vieux. La plupart de ces fortifications sont bien visibles aujourd'hui. On découvrira avec grand bonheur le "Petit Bayonne": quartier populaire avec ses vieilles ruelles, ses commerces et ses trinquets où se réunissent les joueurs de pelote.Le musée basque, sur le quai des Corsaires, inauguré en l'an 2000 est un passage obligé avant d'entreprendre la traversée du Pays Basque à pied ! Pour les amateurs d’œuvres picturales la visite du musée Bonnat est recommandé, il donne l'occasion de découvrir des peintures de Greco, Rubens, Degas ou encore Puvis de Chavannes dans un décor teinté d'intimité.

BIDART est le premier village au caractère bien trempé rencontré après votre départ de Bayonne. Son nom vient de "bide artean"qui signifie à la croisée des chemins. Son église du XVIe siècle est dédiée à la Vierge de l'Assomption. L'édifice est entouré de son cimetière qui compte de nombreuses stèles discoïdales. Sous son porche d'entrée se tenaient autrefois les assemblées paroissiales et on y faisait la classe! A droite du chœur: une statue en bois de saint Jacques en tenue de pèlerin, elle daterait du XIIe siècle. La chapelle Sainte-Madeleine (près du bourg) s'élève sur la falaise face à l’océan. Les pèlerins de Compostelle et les marins-pêcheurs venaient s'y recueillir. La chapelle Saint-Joseph, édifiée en 1684 dans le quartier de Parlementia, mérite qu'on y fasse un arrêt. Son vaste porche permettait aux cagots (lépreux) de suivre les offices. La vue sur l'océan porte loin.

GUETARY affiche une belle architecture traditionnelle et des construction plus récentes à vocation balnéaire. Sur les hauteurs d'Elizaldia, l'église Saint-Nicolas date du XVIe siècle. Son clocher mur domine un vieux cimetière et la campagne labourdine. Les galeries entourent la nef unique selon la coutume des églises basques.

Jadis SAINT JEAN DE LUZ vit passer des pèlerins comme en témoigne encore la rue Saint Jacques qui amorce sa traversée du centre-ville dans le prolongement de la nationale 10. L'église paroissiale Saint-Jean-Baptiste contient une représentation de saint Jacques sur le vitrail situé au-dessus de la chapelle, dans la partie droite du transept. Extérieurement l'édifice, daté du XVe siècle, affiche une grande austérité avec ses hautes murailles, percées d'étroites ouvertures. L'intérieur comprend un célèbre retable baroque et surtout des galeries de bois étagées sur trois niveaux qui étaient réservées exclusivement aux hommes venant assister à la messe. L'église doit sa renommée à la célébration du mariage de Louis XIV avec l'infante d'Espagne Marie-Thérèse, le 9 juin 1660. Le couple royal sort de l'édifice par une porte qui fut ensuite murée (elle donne dans la rue Gambetta). Sur la place Louis XIV se dresse la demeure de l'armateur Lohobiaque (à gauche de la mairie) où résida le Roi-Soleil. Tout autour de la place et dans les rues adjacentes, les belles maisons à colombages datent généralement des XVIIe et XVIIIe siècles. Elles appartenaient à des armateurs et des corsaires célèbres. La baie de Saint-Jean-de-Luz est fermée par l'Artha et par les digues de Sainte Barbe et Socoa qui furent édifiées au XIXe siècle pour protéger la ville des tempêtes et des raz de marée. Le fort de Socoa, construit sous Henri IV, fut renforcé par Vauban.

 

  

L'Ile des Faisans sur la Bidassoa. En premier plan : le pont Saint-Jacques

Saint-Jean-de-Luz - Irun

Parcours :

Cette courte (16,5 km pour 4h10 de pérégrination) et dernière étape sur le territoire français vous laissera tout le loisir de visiter Saint-Jean-de-Luz et Ciboure avant d'emprunter l'itinéraire intérieur, à la fois bucolique et historique, à moins que vous ne lui préfériez le sentier du littoral. Au départ, on plonge dans l'Histoire avec les deux cités bâties de part et d'autre de la Nivelle. Ensuite, si l'on choisit le chemin des terres, on découvre des fermes vieilles de plusieurs siècles dont certaines servirent même d'hôpital (Ospitalia) aux jacquets de passage. Vertes prairies, troupeaux de brebis et fond de montagne composent un décor presque trop parfait, dominé par la Rhume qui joue la vigie. Quant au sentier côtier, il vous réserve une succession de falaises abruptes, de baies sauvages jusqu'à la grande plage d'Hendaye. Finalement, les deux itinéraires se rejoignent en un point de passage qui fut hautement stratégique par le passé, la Bidassoa ! La Grande Rivière, "Handi Ibaï "en basque, a donné son nom à Hendaye, la dernière ville française. Rivière/frontière entre le Labour et la Guipuzcoa, ou entre la France et l'Espagne.

Si vous pérégrinez sur le chemin intérieur vous passerez à Ciboure puis à Urrugne après 1 h 15 de marche (5 km), vous atteindrez La Croix des Bouquets après 2 h 20 (9,4 km) avant de découvrir les premières habitations d'Hendaye 3 h après avoir quitté Saint-Jean-de-Luz. Il vous restera alors 4,6 km pour atteindre Irun....

LE PONT SAINT-JACQUES récent et guère esthétique, il demeure toutefois un symbole pour le pérégrinant franchissant la frontière à destination de Compostelle. Sur la gauche en amont, l'Ile aux Faisans sépare la Bidassoa en deux bras. Ce fragment de terre fut le théâtre de multiples épisodes diplomatiques à travers l'histoire. De nombreux rois  (Louis XI, François Ier et Louis XIV s'y rendirent pour diverses tractations et signatures de traités.

Dénivelé :

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Curiosités :

La ville de CIBOURE s'élève sur l'autre rive de la Nivelle, face à Saint-Jean-de-Luz, en tête du pont "Ziburu". A côté de la criée, subsiste le cloître des Récollets, lieu paisible, orné de vignes et d'une belle fontaine, offerte par Mazarin en 1660. Aucune trace jacquaire le long du quai Maurice Ravel où vécut le célèbre compositeur, ni dans l'église Saint-Vincent dont le clocher, de forme très atypique, évoquerait presque certaines pagodes népalaises. Par de vieilles ruelles, nous contournons la colline de Bordagain en suivant le chemin historique. Pour preuve, des plaques signalent des lieux ou des fermes où s'élevaient par le passé des "ospitalia", des hôpitaux destinés aux pèlerins. Simple donjon défensif lors de sa fondation en 1341, le château  d'URTUBIE localisé à la sortie de Ciboure, est devenu au fil des siècles une agréable demeure qui est restée la propriété d'une même famille.

La rue principale d'URUGNE traverse le village en desservant au passage l'église et en face l'ancien relais de la poste, devenu le bureau de l'office du tourisme. Pas de doute, cet axe est celui que suivaient les pèlerins de jadis. Sur le tympan, au-dessus du porche d'entrée de l'église Saint-Vincent, on remarquera un saint Jacques et son bourdon. Le cadran solaire sur le clocher annonce : "Vulerant omnes ultima necat" (toutes les heures blessent, la dernière tue !). Les habitations du bourg offrent de beaux exemples d'architecture labourdine. Le linteau de porte de l'une d'elles porte le nom de Señor Camino !

HENDAYE s'étale largement sur la rive droite de la Bidassoa, face à la baie de Txingudi et du cap de Figuier. Au centre-ville, l'église Saint-Vincent reprend tous les éléments des sanctuaires du Pays Basque. Au Moyen Age, Hendaye recevait les pèlerins dans l'hôpital de Santiago du prieuré de Zubernoa, dont il ne subsiste aucune trace aujourd'hui...La traversée de la rivière s'effectuait en barque vers le quartier de Santiago à Irun où s'élevait l'hôpital de Santa-Margarita. Devant l'affluence des pèlerins toujours plus importante, un pont de bois fut construit au-dessus de la Bidassoa au XIIIe siècle.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

Saint-Sébastien : Le pont Maria Cristina enjambant le fleuve Urumea

Irun - Saint-Sébastien

Parcours :

Aujourd'hui nous est proposée une étape de 24,4 km demandant 6 h 15 de pérégrination et qui passe successivement à Guadalupe après 1 h 15 de marche (4,8 km) puis nous amène à l'embarcadère  pour passer de Pasaia Donibane à Pasajes après 4 h 10 (16,5 km) avant d'atteindre le terme de l'étape à Saint-Sébastien. Le chemin de cette étape passe bien à l'écart des routes et autoroutes aux décors industriels qui relient Irun à Saint-Sébastien. Dans un premier temps, il suit les flancs du Jaizkibel, montagne qui trempe ses pieds dans l'Atlantique et sert de figure de proue à la longue chaîne pyrénéenne filant vers l'est. A mi-étape, nous renouons avec la tradition bien jacquaire en empruntant un bateau pour traverser la ria de Pasajes. C'est une particularité du chemin côtier : dans les semaines à venir il nous faudra par deux fois effectuer de courtes traversées. Après le joli port de Pasaia Donibane, le sentier côtier file à travers la lande pour nous acheminer jusqu'à Saint-Sébastien.

Dénivelé :

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Curiosités :

A GUADALUPE, vous découvrirez un sanctuaire bâti durant la seconde moitié du XVIIIe siècle à l'emplacement d'un sanctuaire plus ancien. La Vierge de Guadalupe a, de tout temps, été vénérée par les marins et les pêcheurs de la baie de Txingudi comme en témoignent les nombreux ex-voto présents dans le sanctuaire. Depuis les jardins entourant le sanctuaire, la vue porte loin vers la côte française au nord et la chaîne des Pyrénées à l'est.

Le MONT JAIZKIBEL (altitude moyenne de 500m) forme un rempart naturel contre les tempêtes venues du nord-ouest et assure la protection du couloir reliant la baie de Txingudi à celle de Pasai Donibane. Le vieux village de SAN-JUAN s'étire au pied des falaises, en bordure de la profonde ria par laquelle la baie de Lezo s'ouvre sur l'Océan.

PASAI DONIBANE est un village rue avec de modestes maisons de pêcheurs à côté desquelles cohabitent des demeures patriciennes baroques du XVIIIe siècle ou de la Renaissance , aux façades blasonnées. L'église paroissiale San Juan Bautista affiche à l'extérieur cette allure de forteresse, caractéristique du gothique basque. (Retable baroque à l'intérieur).

On s'attardera à découvrir SAINT-SEBASTIEN en pénétrant le quartier de Gros et sa plage qui est aussi le "spot" favori des surfeurs des environs. Au bout de ce quartier se dresse le Kursaal ou centre des congrès , un bâtiment aux lignes avant-gardistes. Le pont Maria Cristina inauguré en 1905 est suffisamment excessif pour nous rappeler le pont Alexandre III de Paris. Il nous permet de franchir le fleuve Urumea et de rejoindre le théâtre Victoria Eugenia et le luxueux hôtel Maria Cristina  datant de la fin du XIXe siècle. La vieille ville s'étale au pied du mont Ugull. Pas de traces jacquaires évidentes au sein de la ville, néanmoins la capitale de Gipuzkoa recèle bien des richesses.

L'église San-Vincente est sans doute le témoignage le plus ancien. Son austérité contraste avec l'exubérance du portail baroque  de Santa-Maria. Cette basilique ferme la calle Mayor qui bute à son autre extrémité sur la façade néogothique de la cathédrale du Bon Pasteur. Les rues étroites pullulent de commerces et surtout de "tavernas" qui s'animent particulièrement à l'heure du tapeo. Il vous faudra aussi ne pas négliger la "Plaza de la Constitucion", d'une parfaite unité architecturale, qui servait pour les courses de taureaux quand les arènes n'étaient pas encore construites; les balcons utilisés comme des tribunes affichent encore des numéros ! Vous déboucherez enfin sur le port où les bateaux de pêche et navires de plaisance se partagent le faible espace. Ce quartier est vivant et il n'est pas rare de voir les femmes de pêcheurs repriser les filets. Enfin s'il vous reste du temps vous pourrez visiter le Musée océanographique ainsi que le musée de la mer si ce n'est le musée de San Telmo installé dans l'ancien monastère des dominicains , fondé au XVIe siècle dont une large place est consacrée à l'ethnographie du Pays Basque et à la peinture régionale.

  

Le port de Getaria

Saint-Sébastien - Getaria

Parcours :

Une étape, longue de 26,8 km, mais jamais monotone sur les 6 h 45 de pérégrination qu'elle nécessite. On atteint IGUELDO après 0 h 50 de pérégrination (3,3 km), ORIO 13,5 km plus loin (4 h 15) et ZARAUTZ à 21,7 km après notre départ : nous avons alors marché durant 5 h 30 ! Il ne reste plus alors que 5,10 km pour arriver à GETARIA ! Le cheminement côtier prend son rythme : Aux ports de pêches très actifs, nichés dans les embouchures des rivières, succèdent les avancées de terre et les hautes falaises qui plongent dans les eaux tumultueuses de l'Atlantique. Nez au vent, on respire l'air du large, tout en naviguant à travers champs et prairies, parmi les troupeaux de brebis et les vignes de Txakoli, un vin blanc légèrement pétillant très caractéristique de l'Euskadi.

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

Avant l'entrée de la ville d'ORIO un petit ermitage est dédié à saint Martin de Tours, très vénéré par les pèlerins du Moyen Age. Les pans de murs ruinés qui s'élèvent à côté du sanctuaire sont tout ce qui subsiste de l'hôpital qui accueillait les pèlerins. A l'époque médiévale, Orion était protégé par des murailles. L'église paroissiale Saint-Nicolas prend appui sur ce système défensif, tout en s'intégrant dans le lacis de ruelles de la vieille cité. Un vaste préau entoure l'édifice. Il servait dans le passé pour la tenue des assemblées villageoises. On retrouve ces couverts à travers la Guipuscoa, la Biscaye et même en Cantabrie. L'église actuelle du XVIIe siècle a été construite à l'emplacement d'un sanctuaire plus ancien élevé au XIIe siècle. A l'intérieur , le maître-autel baroque, très chargé et supporté par des colonnes torses, abrite un saint Nicolas, encadré de deux énormes trompes en forme de coquillages. Orion demeure un port de pêche très actif, bien protégé dans son estuaire . Ici, les pèlerins médiévaux étaient exonérés du paiement du maravédis que leur réclamaient habituellement les bateliers pour franchir les autres estuaires.

Avec sa belle et longue plage de sable fin, ZARAUTZ est avant tout une station balnéaire. Pourtant l'église paroissiale Nuestra-Señora-La-Real conserve une "tumba del Peregrino" (tombe de pèlerin) qui rappelle le passé jacquaire de la ville. Adossée à l'église de Zarautz, la "casa-torre", une tour défensive du XVe siècle  témoigne quant à elle des luttes intestines qui opposaient les grandes lignées familiales. Avant de poursuivre vers Getaria, on passe devant le palais Narros, construit au XVIe siècle dans le style Renaissance. Enfin on laissera le minuscule port, abrité par d'imposantes digues et où sont amarrées de petites barques de pêche, ou "biscayennes". Autrefois les habitants de Zarautz affrontaient l'Océan au cours des campagnes de chasse à la baleine.

GETARIA est un port débordant d'activité et de couleurs. Son église Saint-Sauveur domine la ville de sa silhouette de forteresse gothique. Bâtie sur un terrain accidenté, le plancher de la nef est légèrement en pente, face à un maître-autel très surélevé comme souvent dans les églises basques. Si les murailles externes semblent massives, le splendide "triforium" allège la perspective intérieure en rendant les voûtes très aériennes. On remarquera la représentation d'un saint Sébastien moustachu ! Une sorte de corridor fortifié court sous l'édifice pour rejoindre les ruelles encore toutes empreintes d'une atmosphère médiévale. Lourdes portes en ogive et murailles aux ouvertures de taille réduite caractérisent les édifices gothiques aux alentours de l'église Saint-Sauveur.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

Le porche de l'église Santa-Maria-la-Real de Deba

Getaria - Deba

Parcours :

Petite étape de 19,5 km demandant 5 h de pérégrination qui permet la découverte successive de AZKIZU 2,8 km (0 h 40) puis ZUMAIA 5,6 km (1 h 20) avant de nous retrouver à ELGORRIAGA 9,9 km (2 h 30). A partir de là, vous avez un choix cornélien : emprunter l'itinéraire balisé et historique qui rejoint la nationale 634 que l'on suit jusqu'à ITZIAR, petit village et passage obligé pour les jacquets d'autrefois qui venaient adorer la Vierge del Juncal (le reste du parcours ne pose aucun problème) ou suivre le GR 121 qui n'a rien de jacquaire et qui présente un itinéraire sinueux et fatigant car il ne cesse de monter et descendre mais il permet en revanche de découvrir une côte très sauvage et d'une beauté extrême avec des falaises hautes de 100 m et des rochers qui se découvrent à marée basse et qui forment des "rase-mer", phénomène géologique analogue aux "piles d'assiettes" que l'on rencontre aux abords du littoral près de Saint-Jean-de-Luz.

Dénivelé :

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Curiosités :

A ASKIZU les pèlerins s'arrêtaient volontiers pour honorer saint Martin de Tours, patron des voyageurs et des pèlerins. L'édifice se dresse toujours à côté du fronton dans le hameau battu par les vents. L'intérieur, bien restauré, montre les lignes d'un gothique primitif dans les longues fenêtres géminées. La vue plongeante vers l'ouest de la côte est d'une beauté saisissante. Les prairies bordées de haies et les gammes de verts rivalisent avec celles de l'Irlande.

A l'entrée de ZUMAIA, l'ermitage de Santiago existait déjà au XVe siècle et accueillait, dit-on, des pèlerins. L'édifice se dresse dans un parc à côté du musée fort intéressant de Zuloaga, consacré à la peinture. On peut y admirer une œuvre de Goya, une du Greco, plusieurs de Zurbaran....Du Moyen Age, Zumaia conserve l'église forteresse San-Pedro du XIIIe siècle, de style gothique basque, remaniée au XVe et XVIe siècle. sur le retable principal de style baroque, figure saint Jacques. Plusieurs maisons, en particulier la Maison de la Culture, présente un style néogothique. a la sortie, l'ermitage San-Telmo, situé sur un éperon rocheux domine la mer.

A ELGORRIAGA l'ermitage San-Sebastian a été un lieu important sur le chemin de Santiago. En 1625, Lope de Isasti fait remonter son ancienneté aux Xe et XIe siècles. On remarquera les fonts baptismaux romans et la statue de Marie du XIIIe ou XIVe siècle, et deux petites statues de bois de San Roque et San Sebastian.

Si vous avez opté pour la VARIANTE SUR LE GR 121 vous cheminerez entre Elgorriaga et Deba sur une portion de littoral restée totalement protégée du fait de l'absence de routes. Hormis quelques fermes très isolées et desservies par des chemins de terre, la nature est vierge.

Le sanctuaire Nuestra-Señora d'ITZIAR a été construit au XVIe siècle sur un édifice roman. Il héberge une statue de la Vierge (XIIIe) et un retable plateresque. Celui-ci comporte des têtes complètement isolées, assez effrayantes, qui ont l'air pour certaines terrifiées pour d'autres tourmentées. On peut s'étonner de trouver dans une église perchée sur une colline, située au milieu des terres, un ex-voto, une caravelle, mais la Vierge d'Itziar a été pendant des siècles l'objet de la dévotion des marins et des pêcheurs comme des pèlerins.

Avant d'arriver à DEBA l'ermitage San-Roque procure un sentiment d'abandon. On y accède par des escaliers envahis d'herbes folles. il y a un préau en bois. Tout un côté de l'ermitage est constitué d'une grille de bois au travers de laquelle on aperçoit une très belle statue de saint Roch. Des pots de fleurs, emplis de coquilles Saint Jacques, témoignent d'une dévotion un peu naïve. L'église Santa- Maria-la-Real de la fin du XIVe siècle affiche une allure de forteresse dans le pur gothique basque. Le portique couvert a préservé un magnifique portail polychrome du XVe siècle dont la finesse contraste avec la silhouette massive des murailles (photo de la page). Les cinq archivoltes ornées de trente-six figurines dominent les statues, grandeur nature, des douze apôtres et encadrent le tympan représentant la vie de la Vierge. L'hôtel de ville, ou Casa Consistorial, loge sous son porche deux blasons dont l'un a des coquilles Saint Jacques, une croix, des vaches et une équerre avec une étoile. La rue principale qui se confond avec le tracé du chemin mérite qu'on lève le regard vers les façades armoriées.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

L'église Andra Marie (la Vierge Marie) de Markina-Xemein

Deba - Markina-Xemein

Parcours :

Cette étape, longue de 23,1 km pour 5 h 50 de pérégrination, nous fait quitter la côte pour nous diriger au plus court en direction de Bilbao. Ce sera l'occasion de découvrir le pays basque de l'intérieur , plus rural, plus boisé...On jette un dernier regard vers l'océan depuis la ermita Santo del Calvario au-dessus de Mutriku (3,9 km - 1 h 00 de pérégrination). A deux petites heures de là (7,5 km de pérégrination), on remonte le temps en débouchant dans la vallée d'Olatz où s'élèvent de splendides fermes de plusieurs siècles. La ermita San Isidro face à la taverna Zelaieta marque la fin de la zone habitée. Jusqu'à Markina-Xemein, on ne traversera plus que des forêts et des collines.

Dénivelé :

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Curiosités :

L'HERMITAGE SAN CRISTO DEL CALVARIO offre une vue superbe sur le port de Mutriku, un des plus anciens ports de Guipuzkoa. Cet ermitage s'élève sur un lieu qui s'appelait dans les temps anciens Urka mendi (Monte de la Orca). Son vaste portique domine la mer, son retable néoclassique est du XVIIe siècle.

MARKINA-XEMEIN, malgré des ajouts modernes, a gardé de nombreux bâtiments anciens. L'église Andra Mari (la Vierge Marie), imposante et austère, offre un contraste saisissant . L'intérieur, de forme carrée, est composé de trois nefs. Les voûtes gothiques sont supportées  par six pilastres très imposants. Le retable central, richement orné, présente la vie de la Vierge.Adossé à l'édifice, un cimetière néo-classique dispose ses dalles au sein d'un cloître qui débouche sur une seconde partie dont les tombes sont ornées de stèles discoïdales.Un peu à l'écart du chemin et de la ville, un étrange monument mérite une visite : l'actuelle église hexagonale San-Miguel de Aretxinaga s'élève sur l'emplacement d'un ancien ermitage qui avait été érigé autour d'un curieux phénomène géologique.

Trois roches en équilibre formant un dolmen naturel, surplombent un autel du XVIe dédié à saint Michel. L'église date du XVIIIe, mais ce site a été utilisé dès la préhistoire comme un lieu de dévotion. Enfin l'église Nuestra del Carmel des pères carmélites (fin XVIIe) possède une façade classique et un retable absolument stupéfiant dominé par un bleu guimauve. Autour, les ruelles médiévales du centre-ville sont dominées par de splendides demeures patriciennes, voire des palais aux façades blasonnées. Des tours fortifiées subsistent également, telles la tour des Barroeta et celle de la lignée des Mugartegui.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

"L'Arbre" de Gernika

Markina-Xemein - Gernika

Parcours :

Superbe étape bucolique, vallonnée et jacquaire de 26,3 km (6 h 45) ou de 24,1km (6 h 00) par l'option routière (BI-3224) plus commode par temps pluvieux. Les références à l'histoire ne manqueront pas tout au long de la journée, à commencer par l'église forteresse Santo-Tomas, bâtie au XI siècle dans le village de BOLIBAR après 6,5 km de pérégrination (1 h 40). Nous atteindrons URIONA 3,5 km plus loin (2 h 30) et MUNITIBAR en ajoutant encore 1,8 km  (3 h 00). Après 16,2 km , on touche la BI-3224 à grimper à gauche. Après 800 m, à OLABE ZARRAVENTA on choisira soit la variante routière, soit celle par ARTZUBI. Le Hameau d'ARRATZU sera atteint au km 20,8 (5 h 10)et le hameau de MARMIZ 1,4 km plus loin. Il restera alors 4,1 km pour arriver à GERNIKA.

Dénivelé :

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Curiosités :

BOLIVAR est la terre natale des ancêtres de Simon Bolivar, héros de l'indépendance de plusieurs régions d'Amérique latine, un musée lui est consacré dans la maison familiale. Au cœur de la commune, l'église Santo-Tomas fut fondée par les seigneurs de Bolivar au Xe siècle. L'édifice actuel a été reconstruit aux XVII et XVIIIe siècles sur les ruines du sanctuaire médiéval. Malgré l'édification tardive, le bâtiment ressemble à une forteresse avec ses contreforts , ses meurtrières et sa tour-clocher.

A la sortie du village, on trouve une portion de l'ancienne voie pavée romaine qui a été dégagée et reconstruite et nous achemine dans les mêmes conditions que les pèlerins médiévaux vers le MONASTÈRE DE CENERRUZA ou ZIORTZIA. Il s'agit de l'unique abbaye médiévale de Biscaye. La tradition fait remonter sa fondation au Xe siècle. Le 15 août 965, alors que la population assistait à la messe dans l'ermitage Santa-Lucia de Garai, à Gerrikaitz, un aigle s'abattit et saisit un crâne dans l'ossuaire. Il s'envola en le tenant entre ses serres et le laissa tomber là où se trouve l'actuelle collégiale. Les paroissiens conclurent de cette étonnante scène que l'ermitage Santa Lucia  devait être déplacé. L'aigle tenant un crâne dans ses serres figure sur les armes du monastère comme on peut le voir sur le mur extérieur. L'église du XVe siècle conserve une très intéressante iconographie parmi laquelle une représentation de Santiago Matamoros. Le retable plateresque du maître-autel est remarquable, ainsi que l'ensemble sculpté sur le sépulcre de l'abbé Irustra représentant ce dignitaire religieux agenouillé en compagnie d'un pèlerin venant le coiffer de la mitre. Dans le cloître du XVIe siècle, des coquilles apposées sur les écoinçons illustrent la tradition jacquaire du monastère où, en 1386, fut fondé un hôpital pour pèlerins qui se rendaient à Santiago. Les moines actuels perpétuent d'accueil cette tradition d'accueil.

Le coquet village de GERRIKAITZ, avec son église forteresse entourée d'un préau compte aussi de beaux ensembles de maisons fortifiées parmi lesquelles celles de Jauregui et de MUNITIBAR, la lignée familiale qui a donné son nom à la localité voisine. Dans cette dernière, la messe continue de se dire en basque, les hommes étant séparés des femmes et des enfants; une barre de bois permet aux parapluies de rester à l'extérieur. Aux murs du bar San Miguel, des bérets suspendus à des crochets rappellent des tournois de mus.

Peu après avoir quitté Munitibar le chemin passe à côté de la ERMITA SANTIAGO. Le sanctuaire très humble construit au XVIIIe siècle témoigne du passage des pèlerins. Restauré, il possédait une belle statue en bois polychrome d'un saint Jacques pèlerin. Le fermier voisin préfère désormais la conserver chez lui de peur qu'elle soit dérobée! Le balisage du chemin moderne se confond souvent dans cette portion avec le tracé de la "calzada"ancestrale. Ces tronçons sont facilement repérables . Le parcours devient un chemin creux profond, souvent dallé de grosses pierre polies par le temps et les passages successifs.

Le pont d'ARZUBI constitue un lieu très émouvant . Il fût bâti au XVIe siècle pour permettre le passage au dessus de la rivière Golako, améliorant ainsi la construction entre les villes médiévales de Gernika et de Gerrikaitz. Au milieu du tablier du pont, on peut encore observer la pierre qui marquait la frontière entre Arratzu et Mendata. Aujourd'hui l'ouvrage apparaît au creux d'un vallon sombre envahi par la végétation.

GERNIKA était au Moyen Âge un carrefour de chemins jacquaires puisque là s'unissait, au chemin principal de la côte, le chemin secondaire venant de Bermeo pour les pèlerins qui avaient débarquaient dans ce port. La ville possédait un hôpital pour pèlerins. Hélas, ici plus que partout ailleurs ne subsistent des traces anciennes qui ont disparu sous les décombres des bombardements de 1937. Parmi les bâtiments anciens ayant résisté, on compte l'église Santa-Maria , la Casa de Juntas et les maisons proches...Santa-Maria fut commencée en 1418 pour s'achever en 1715, le campanile fut ajouté en 1776. Conçue initialement comme un temple de trois nefs et cinq travées avec une abside polygonale et un triforium, son portail principal du XVe siècle à arc en ogive exhibe des voussures extérieures richement sculptées. La  Casa de Juntas  abrite dans ses jardins, protégé par un enclos, l'arbre de Gernika, symbole de l'histoire du peuple basque. C'est sous ce chêne que se réunissaient les hommes libres de Biscaye pour gouverner, c'est sous ses branches que prêtaient serment les seigneurs de Biscaye.

 

Office du tourisme de l'étape : NR

  

L'église San Emeterio et San Celedonio du XVIe siècle de Larrabetzu

Gernika - Lezama

Parcours :

Etape de 25,3 km nécessitant 6 h 20 de pérégrination. Dès le départ de GERNIKA nous marchons sur des pistes forestières qui nous conduisent jusqu'au col de GEREKIZ atteint après 7,2 km (1 h 50) pour poursuivre au cœur des forêts. On passe à ESKERIKA  (9,7 km - 2 h2 0) avant d' arriver à GOIKOLEXEDA localisée 6,6 km plus loin, nous aurons alors parcouru 16,6 km en 4 h 10 prévisionnelles. Il ne nous restera alors que 5,2 km pour rejoindre LEZAMA en 1 h 20 parcours qui suit la route au moyen d'un large trottoir peu favorable à la rêverie....

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

Au départ de Gernika on découvrira la tour de MUJIKA : il subsiste de cette forteresse gothique l'arc d'accès en ogive et une partie des murailles, épaisses de 2,50 m et hautes de 5 m; elles gardent actuellement le patio d'un corps de ferme. L'ermitage gothique de San-Roman date du XVe siècle comme le montre la fenêtre géminée de sa façade et son accès par un arc en ogive. Les fenêtres de l'abside témoignent de la survivance de l'art roman bien au-delà des dates qui lui sont normalement attribuées. On y vénère une statue de san Roman du XVe siècle.

A UGARTE-MUXIKA, l'église forteresse San-Vicente garde quelques éléments d'art roman comme une fenêtre géminée dans le mur nord. Au-dessus de la porte d'entrée, il y a une double étoile de Salomon, ainsi que des restes de chapiteaux au sommet des murs latéraux sous la charpente.

Aux abords du col de GEREKIZ, la chaussée romaine ressurgit çà et là, témoignant de l'ancienneté des passages comme les vieilles dalles funéraires de l'ermitage San-Esteban.

A GOIKOLEXEA, on trouve des maisons trapues et cossues possédant de petites ouvertures et une base quasiment carrée et dont la façade est souvent ornée d'un blason. C'est un hameau marqué par l'église San-Emeterio et San-Celadonio du début du XVIe siècle (gothique basque) et par la présence d'un calvaire Renaissance (1574). Ici se trouvait la deuxième étape de la Ruta Juradera. (Rois et seigneurs devaient suivre la route de Bilbao à Gernika pour jurer de maintenir les privilèges de Biscaye. S'agenouillant devant un prêtre, il prêtaient serment devant les habitants. Accompagnés par des hommes nobles, ils reprenaient la route de Gernika). L'église contient un remarquable retable où figurent Andra Mari couronnée par les anges et Santiago en tenue de pèlerin.

On accède à LARRABETZU par un vieux pont de pierre. On retrouve de vieilles fermes décrépites qui sont entourées de potagers luxuriants (piments, tomates, haricots) et des vergers (figuiers, poiriers, raisins). Dans l'église du village on remarquera une jolie statue de la Vierge remontant au XVe siècle. De belles bâtisses et même un palais recouvert de fresques se situent sur la Plaza Mayor.

La cité de LEZAMA disposait, aux alentours du XVIe siècle d'un hôpital pour pèlerins, contigu à l'ermitage Santo-Cristo. Ce dernier est ouvert, c'est à dire qu'il possède trois murs. Un vitrage le protège de la poussière de la route. On notera une fresque aux motifs jacquaires. C'est un petit coin de douceur dans un monde d'agitation et de vitesse que représente la N-637, le "nouveau chemin"...

Office du tourisme de l'étape : NR

  

Bilbao: Une ville aux contrastes saisissants!

Lezama - Bilbao

Parcours :

Cette étape courte, d'à peine trois heures pour 12km de pérégrination, nous sépare de Bilbao.... Cela nous permettra d'arriver très tôt dans cette ville et de pouvoir ainsi la découvrir dans les meilleures conditions....Après un parcours sans grand souci et après moins d'un kilomètre après notre départ on se retrouve en pleine forêt, dans un sous-bois de conifères qui fleure bon la résine. Au sommet du MONTE AVRIL atteint après 2h15 de pérégrination (9,0 km) on poursuit par un chemin de crête souvent balayé par les vents de noroît venus tout droit de l'Océan.Lorsque la ville s'étend à nos pieds, on se décide enfin à plonger dans le tumulte....mais c'est à ce prix que le Casto Viejo (le centre historique de Bilbao) se découvrira et que vous pourrez apprécier le dynamisme d'une ville qui ne pense qu'à plaire! C'est dans cette ville que bon nombre de pèlerins anglais, français ou flamands  débarquaient dans son port pour commencer leur pèlerinage

 

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

A Zamudio (hors itinéraire) on peut admirer la tour de Malpika , exemple de maison forteresse typique du Pays Basque  médiéval. L'église Saint-Martin possède des éléments empruntés au roman et d'autres au gothique basque. Son appellation, liée à l'histoire du pèlerinage médiéval , apporte la preuve tangible du passage des pèlerins. Zamudio est de nos jours envahie par les zones industrielle et le tumulte , c'est pourquoi il semble plus opportun de préférer une variante qui grimpe directement au sommet du Monte Abril. En empruntant cette variante et, en bordure du chemin, on remarquera une ferme forteresse avec sa monumentale porte en ogive. Le Monte Abril est aussi boisé de conifères que pelé et balayé de vents violents le long de sa ligne de crête. Il peut être désert et propice au recueillement ou tout aussi bien envahi par la foule venant de Bilbao. Il constitue le poumon de la capitale de la Biscaye et le lieu de sortie des familles. D'ailleurs, le complexe bar-restaurant "Leon" semble le lieu favori des mariés et de leurs proches pour les agapes nuptiales.

Bilbao, créé en 1300 par Don Diego Lopez de Haro, seigneur de Biskaia, connut dès sa fondation un important essor économique .Certains pèlerins anglais, français ou flamands débarquaient dans son port pour commencer là leur pèlerinage. Les jacquets venus par voie terrestre, comme le font les pèlerins actuels, entraient dans la ville par la basilique Santa Begona. L'édifice actuel remonte au début du XVIe siècle ; il a été agrandi par la suite. Une inscription déconcertante au-dessus du porche principal nous informe: "Dans cette sainte basilique, il est possible de gagner quotidiennement des indulgences plénières aux conditions habituelles." A l'intérieur, un panneau explique  qu'il faut pour cela embrasser quotidiennement la croix dorée contenue dans un médaillon scellé au mur et réciter un Notre Père avec un cœur  contrit.Les tableaux étonnants de réalisme illustrent des moments de dévotion à Begona. Une remarquable statue de la Vierge de la fin du XIIIe siècle trône au-dessus du maître-autel. On descend vers le vieux centre-ville  (Casco  Viejo) par des escaliers que gravissent à genoux certains fidèles . A droite des marches, on remarquera un cimetière très émouvant dont les croix de guingois sont envahies par des herbes folles. Une devise apposée au-dessus du portail accueillait les défunts et avertit les vivants de la sorte: " Esta es el al entrada obligatoria que conduce al infierno o a la gloria" (Ceci est, à, la fin, l'entrée obligatoire qui conduit en enfer ou dans la gloire). Des escaliers longeant les Calzadas de Mallona mènent au Casco Viejo formé des Siete Calles (sept rues médiévales) qui demeurent très vivantes, pleines de boutiques à la fois vieillottes, coquettes, attrayantes et colorées. Les façades sont très fleuries, ornées de bow-windows. Elles nous mènent au Musée basque dont le mur porte une citation de Stendhal: "Pasca 1810. Dia soberbio. He corrido como un vasco" ce qui donne une fois traduit: "Pâques 1810. Journée superbe. J'ai couru comme un Basque". Le musée, situé dans le cloître San Andrès, jouxte l'église San Juan à façade classique.

Vous ne pourrez pas faire abstraction de la visite de l'église  San Anton Abad peuplée de statues d'un réalisme assez époustouflant, que ce soit sainte Lucie , une paire d'yeux à la main, ou la très belle représentation de saint Roch. aux XIIe et XIIIe siècle, avant la naissance de la ville de Bilbao, se dressait déjà à l'emplacement de l'édifice un embryon urbain dominant les eaux du rio Nervion. Un pont romain jeté sur le fleuve faisait de ce lieu un passage obligé pour les voyageurs et pèlerins. Au même endroit, d'autres débarquaient dans ce port naturel où les navires venaient relâcher. En 1300, Don Diego de Haro fait élever des murailles, c'est la naissance de Bilbao.La première église de San Anton date du XVe siècle. Formée d'une seule nef rectangulaire et d'un chevet polygonal, elle ne servit que pendant cinquante ans.Devenue trop petite pour la population de Bilbao qui croissait rapidement, il est décidé en 1478 d'en bâtir une plus importante. L'édifice actuel date de cette époque: de style gothique, il possède trois nefs dont la centrale est surmontée d'un triforium. Durant la première moitié du XVIe siècle trois chapelles sont ajoutées ainsi que la façade de type classique.

La cathédrale Santiago a été bâtie sur le site  où, selon certains auteurs, s'élevait au XIe siècle un ermitage dédié à l'apôtre. Saint jacques fait à Bilbao l'objet d'une grande dévotion puisqu'il est patron de la ville. Des thèses contradictoires opposent à ce sujet des historiens qui n'hésitent pas déclarer que la cathédrale serait la plus ancienne église de Bilbao. La construction dura du XIVe au XVIe siècle. Le temple possède un triforium et un déambulatoire comme toutes les grandes églises de pèlerinage.On peut voir une représentation récente de Saint Jacques: la statue date de 1956. La façade ouest de la cathédrale est bordée par un portique Renaissance soutenu par six piliers. a l'opposé, on accède au cloître du XVIe siècle , gothique flamboyant par la belle porte de l'Ange qui s'appelait autrefois la porte des pèlerins. tout autour du chevet sont adossées des échoppes, réminiscence de l'époque médiévale.

En se dirigeant vers le Rio Nervion, dans la calle Ribera bordée d'arcades, on ne manquera pas de lever le nez pour admirer des fresques peintes célébrant la vie quotidienne. Sur le trottoir d'en face, un gigantesque bâtiment Art Nouveau dresse sa façade et ses verrières: il s'agit des Halles.

Toujours et encore à travers le Casco Viejo, on peut mentionner le théâtre Arriaga que certains comparent à un modeste palais Garnier. La Plaza Nueva, avec ses terrasses de cafés et ses élégants commerces tel l'épicerie "Victor Montes" est un lieu agréable pour se détendre après une longue marche.

Le café "Iruna" dans la partie moderne de Bilbao a été inauguré le 7 juillet 1903, jour de la San Firmin, saint patron de Pampelune (Iruna en basque), d'où est tiré son nom d'enseigne. Son décor s'inspire du style hispano-mauresque  avec des fresques représentant les jardins de l'Alhambra et des stucs. Une atmosphère sybaritique très agréable et un menu "del dia" copieux et délicieux pour une dizaine d'euros récompense le marcheur de ses efforts. Il a reçu de nombreux prix pour son décor et la qualité de son accueil (Plaza Jardines de Albia - tel. 944 23 70 21)

Office du tourisme de l'étape : NR

  

La basilique Santa Maria de Portugalete

Bilbao - Portugalete

Parcours :

Encore une petite étape après celle de la veille puisqu'elle est de 14,7 km pour un temps moyen de 3h45. Elle aura peut être permis de séjourner un peu plus longtemps à Bilbao qui mérite qu'on s'y attarde! Le parcours de ce jour nous fera longer le rio Nervion avec un parcours plus agréable et plus court de 5,3 km  que l'itinéraire officiel et nous passerons successivement à Zorrotza (5,8km après Bilbao), Barakaldo (9,9 km après Bilbao) avant d'atteindre Portugalete...

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

Sur la rive gauche du rio Nervion  s'étalent les quartiers ouvriers dont les immeubles récemment réhabilités affichent des couleurs vives.Tous les styles architecturaux du XXe siècle se déclinent à travers la partie moderne de Bilbao. L'architecture moderne, et même d'avant garde, est illustré par l'emblématique musée Guggenheim. Ses volumes complexes revêtus d'une peau métallique de titane se connectent les uns aux autres par des structures de pierre blanche.

Inutile de chercher de quelconques traces jacquaires dans ces banlieues industrielles de Bilbao. Pourtant dans la Ermita San Antolin de lraureg, à Barakaldo, on peut découvrir une représentation de Santiago Matamoros. Les plus courageux pourront faire le détour.A la sortie de Barakaldo, on ne manquera pas de remarquer la présence incongrue d'une Vierge installée sur son piédestal à côté d'une locomotive. La sainte et/ou la locomotive sont l'objet d'une grande dévotio, à voir les fleurs et les nombreuses bougies qui brûlent autour d'elles.

La ville de Portugalete a été fondée en 1322 par Dona Maria Diaz de Haro.Le lieu permettait des embarquements commodes tout en étant relier à Bilbao par voie terrestre. Portugalete est devenue très rapidement un avant port de Bilbao au point de détenir un monopole sur le trafic de la laine et du minerai de fer. Le vieux centre-ville s'est structuré autour de quatre rues étroites protégées par des murailles qui s'ouvraient par des portes sur les principaux chemins.Au début du XVe siècle, trois tours de pierre défensives se distinguaient des maisons de bois. Celle de Salazar, la tour la plus importante se dressait entre l'église et le centre ville. Elle fut érigée par Juan Lopez de Salazar, premier chroniqueur de Biscaye.Sur les quatre étages, seul le deuxième servait d'habitation. Le premier abrita une prison jusqu'au XVIIIe siècle. La tour resta habitée jusqu'à ce qu'elle soir ravagée par un incendie.

Il nous restera à découvrir l'église Santa Maria, le sanctuaire primitif datant du XIVe siècle.de taille modeste, a été remplacé par l'église actuelle de style gothique érigée entre 1492 et 1580.Cet édifice compte trois nefs réparties en cinq travées avec des voûtes en croisée d'ogives et des fenêtres en ogive.Aussi bien la porte latérale que les différentes chapelles datent de la Renaissance , comme le retable principal de 1550. La rive de la ria a beaucoup de charme. c'est une promenade qui longe une enfilade de maisons colorées, avec des bow-windows.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

L'église Santa Maria de l'Assomption et le château, à droite, de Castro Urdiales

Portugalete - Castro Urdiales

Parcours :

Cette étape longue de 33,8 km (8h45 de pérégrination) peut apparaître longue en comparaison des deux précédentes mais la majeure partie s'effectue sur terrain plat. Le premier tiers suit une piste piétonne ou "bidegorri", le chemin rouge car elle est la couleur de son revêtement.On quitte ainsi l'enfer urbain pour un décor de collines verdoyantes. Nous atteignons ainsi Zierbana après 11, 5 kilomètres de pérégrination. Une piste en corniche nous achemine ensuite jusqu'à Onton premier village de Cantabrie: nous aurons alors parcouru 18,8 km. Castro Urdiales n'est plus alors qu'à 8 km à condition de suivre la N-634 mais nous préférons de loin la variante par Otanes quitte à doubler la distante. Villages fleuris, collines couvertes d'eucalyptus: l'absence de témoignages jacquaires est compensée par le plaisir de retrouver la nature. A Otanes, une borne rappelle que la voie romaine reliant Burgos à  Castro Urdiales passait par là. Les pèlerins de jadis suivaient la vallée , nous marchons dans leurs traces en contemplant, c le siège de la confrérie  des Marismashemin faisant, d'admirables demeures patriciennes. Le "paseo" de Castro Urdiales exhibe ses villas rococo et nous conduit vers le port très animé où badauds et marins à la retraite se partagent l'espace des sardineries.

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

LA POBETA    Après plusieurs kilomètres de paysages urbains, on accède à des collines verdoyantes et zébrées de haies qui s'affalent dans la mer. En regardant vers la mer, on découvre une plage assez sauvage, encadrée de falaises où courent des murets sur les flancs abrupts que recouvre l'herbe rase. Au bout de la plage et à gauche de la passerelle au-dessus du rio, on peut voir un massif rocheux recouvert de pins et de plantes tropicales. Au sommet, se dresse un ermitage tout blanc dédié à la Virgen del Sorroco et auquel on accède par une volée de marches dans un jardin exotique aux arbres tortueux. L'endroit est fort en contrastes: les collines évoquent l'Irlande, la plage et sa passerelle la côte nord-est des Etats-Unis, et l'ermitage a la force et la délicatesse d'une peinture chinoise. Un pèlerinage avec procession jusqu'au sanctuaire a lieu chaque année en septembre.

OTANES   Entouré d'un verger, le massif palais de Sierralta du XVIIe siècle, flanqué de deux tours et blasonné aux angle, domine le chemin et ce ravissant village fleuri. Les maisons sont hétéroclite: l'une, avec sa véranda de bois noirci par le temps et ses vitraux, ne déparerait pas sur la rive du Bosphore, une autre encore affiche une allure patricienne avec son blason. Sur la gauche de la Plaza Mayor, une borne romaine, auparavant située à côté de l'ermitage de la Trinidad, atteste que Caesar Dominiciano Augusto, fils divin Vespasien, a fait réparer routes et ponts détériorés par le temps. Après avoir quitté le village, on découvre en contrebas du chemin des fermes connues et même des fermes forteresses.

SANTULLAN ET SAMANO  Nous sommes passés en Catabrieet le paysage s'ouvre sur des collines et des montagnes pelées. A l'entrée du village de Santullan, se trouve, en face d'un palais, un gracieux ermitage servant de cabane à outils. L'église San Julian remonte au Xe siècle, mais n'a plus rien à voir avec l'église d'origine. L'église San Nicolas, à Samano, vaste pour ce modeste village, exhibe une plaque commémorative portant le nom de ceux "morts pour Dieu et Franco" Cette référence se retrouve assez fréquemment dans les églises paroissiales.

CASTRO URDIALES  La région de Castro Urdiales a toujours été habitée. Les romains en exploitèrent les gisements de fer et créèrent la colonie de Flaviobriga, dont les traces surgissent dans le sous-sol de la ville au gré des travaux de terrassement. Après une période obscure, la cité retrouve une place dans l'histoire quand le roi Alfonso VII lui accorde des privilèges de droit comme plus tard Laredo, Santander et San Vicente de la Barquera. Celles qu'on appela les Quatre Villes - Las Cuatro Villas de la Consta - monopolisèrent  le trafic avec les Flandres et connurent un rapide développement grâce à une intense activité maritime, qu'elle soit commerciale ou liée à la pêche. Elles participèrent même à la prise de Séville et d'autres cités andalouses. Castro Urdiales devint en 1296 le siège de la confrérie des Marismas, c'est à dire la fédération des ports les plus importants des côtes cantabriques et basques. Mais à la fin du Moyen Âge, la ville sombra peu à peu dans un déclin imputable à la concurrence d'autres ports, à des épidémies et à des invasions. Bien plus tard, en 1813, Castro Urdiales fut ravagée par les français après une longue résistance à l'occupation napoléonienne. Cette éclipse devait durer jusqu'à la seconde moitié du XIXe siècle. A cette époque, on vit renaître la cité grâce à l'exploitation des riches gisements de minerais qui a d'ailleurs laissé de nombreuses et intéressantes infrastructures.La ville se modifia après profondément . Les vieilles murailles furent détruites. Villas et petits palais furent édifiés pour le compte de la bourgeoisie locale.puis, durant la seconde moitié du XXe siècle, le tourisme métamorphosa encore la ville qui garde pourtant tout son caractère. Santa Maria de la Asuncion, à taille de cathédrale, date du XIIIe siècle et malgré quelques modifications conserve, outre un portail roman, les caractéristiques de l'architecture gothique avec des chapiteaux finement ciselés, un triforium ajouré annonçant le début du gothique, des arcs-boutants et des contreforts. La remarquable statuaire comprend un Christ gisant du XVIIe siècle, une Vierge blanche du XIIIe siècle en pierre polychrome représentant les Rois mages.A l'extérieur, on peut voir les bases de la petite église San Pedro où se réunissaient les édiles.

A TRAVERS LA VILLE  Au bout du promontoire, protégeant la cité des fureurs de l'Océan, se dresse le château du XIIe reconverti en phare. Puis on descend par le pont d'origine médiévale (pourtant appelé pont romain). De retour vers le centre, près de la Plaza Mayor, on découvre des bâtiments harmonieux et des ruelles dont les arcades abritent bars et restaurants ainsi que les confréries de marins et de pêcheurs. Enfin, même s'il n'y a rien de jacquaire, il faut prendre le temps d'admirer l'élégant front de mer avec ses hautes façades blanches Art Nouveau et ses bow-windows étincelants.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

Notre Dame de l'Assomption à Hazas

Castro Urdiales - Hazas (Liendo)

Parcours :

Étape de 25,10 km demandant une pérégrination de 6h20.Essentiellement maritime jusqu'à ISLARES (8,7km après notre départ) cette étape côtoie l'une des plus belles portions de la côte cantabrique. Nous évoluons à travers des prairies hérissées de roches karstiques où paissent chèvres et brebis , tandis que de hautes falaises plongent dans l'Océan droit devant nous. Au delà de cette localité la ligne droite peut nous conduire rapidement à LAREDO à condition de suivre la N-634. C'est sans doute l'itinéraire qu'empruntaient les pèlerins d'autrefois. Ils suivaient également une variante par la vallée de LIANDO, le seul itinéraire à notre disposition de nos jours si nous tenons à notre tranquillité. Après un long détour dans la ria de Orinon , nous montons jusqu'à SAN MAMES juste après LA MAGDALENA (17,1 km) par des forêts d'eucalyptus. Les derniers kilomètres jusqu'à HAZAS (Liendo) traversent des décors épargnés par l'effervescence du monde moderne. HAZAS (Liendo) est un village bien calme pourvu de lieux d'hébergement.

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

ALLENDELAGUA est un hameau que l'on atteint après 3,3 km de pérégrination. Ce hameau-rue composé de vieilles fermes dispose d'une petite église San Marcos à la façade blanche qui attire le regard.Un peu plus loin(5,1 km) le village de CERDIGO nous découvre sa très ancienne église dédiée à San Juan Evangélista (très souvent fermée). ISLARES a eu son hôpital pour pèlerins aujourd'hui en ruine. L'église San Martin du XVIe siècle reste l'ultime témoignage jacquaire.Les jacquets médiévaux devaient ici payer un passeur pour franchir la ria de Orinon sur une barque ou faire un détour de douze kilomètres en remontant le fleuve Aguera jusqu'au premier pont à la Magdalena.Le pèlerin moderne doit lui aussi choisir entre deux options  analogues pour franchir le cours d'eau: s'il choisit d'aller au plus court, il devra marcher le long de la N-634 jusqu'à la fin de l'étape sinon, il accepte de rallonger sa route. Nous proposons cette dernière option qui passe par RIOSECO (14,9 km après notre départ). Si nous avons opté pour ce parcours nous découvrirons,après avoir traversé une magnifique chênaie, un chemin de croix qui débouche face à l'immense église San Vicente  nichée au milieu des arbres.La façade classique d'une hauteur écrasante arbore un portail représentant Adam et Eve, surpris par leur créateur après la faute originelle, bouche bée, bras pudiquement croisés. A l'intérieur, sur le retable principal, figurent deux représentations de saint Jacques qui côtoient des scènes de la passion. En contrebas de cette église, on peut apercevoir une très importante propriété protégée par une muraille. Dans cette vallée préservée et un peu à l'écart des routes importantes, nous découvrons un bel habitat, dont une vaste demeure anoblie par une tour qui fait face à l'église rurale de la Magdalena. Outre son élégant porche, le sanctuaire a une particularité: un figuier pousse sur son toit, en appui contre le clocher.Les collines environnantes sont coiffées par des crêtes de rochers. C'est ensuite une piste parfumée qui grimpe entre les eucalyptus prolifiques aux pieds desquels fleurit la bruyère. La montée en zigzags conduit à la Ermita SAN MAMES que surveille un chêne magnifique. Aucune trace jacquaire ne subsiste dans le sanctuaire. Pourtant certains documents affirment que l'itinéraire par San Mamès constituait la variante la plus ancienne du Camino del Rey. le chemin franchit ensuite un collet dans un décor sauvage et désert avant d'amorcer sa descente et filet vers la somptueuse vallée de Liando, encadrée par des hauteurs pelées et rocheuses. Elle est tout d'abord couverte d'eucalyptus, de chênes et de châtaigniers qui ombragent le chemin.Des murets de pierres délimitent des prés ou s'ébattent des chevaux. Lorsque nous retrouverons la civilisation, la vallée toujours très paisible héberge des petites bâtisses qui se cachent derrière des vergers généreux et des treilles chargées de vignes. A LIENDO nous ne pouvons ignorer l'église Nuestra Senora del Valle qui est un imposant édifice baroque. Elle abrite un autel dédié à saint Jacques qui arbore une belliqueuse représentation de Santiago Matamoros. A côté de l'église s'élevait au XVIIIe siècle encore une maison hôpital dédiée à San Lazaro et qui accueillait les indigents et les pèlerins.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

L'Albergue de Güemes

Hazas (Liendo) - Güemes

Parcours :

Cette étape est longue (35,4 km pour 9h00 de marche en optant pour le parcours qui passe par SANTONA -ou 36,5 km pour 9h20 pour le parcours qui passe par COLINDRES) mais riche en découvertes. Après moins de deux heures de marche, la cité portuaire de LAREDO est atteinte. La ville était jadis fortifiée et constituait un lieu de passage très fréquenté par les pèlerins arrivant par voie terrestre et même par mer. les vieilles ruelles foisonnent d'églises, de couvents et de palais aux façades blasonnées.

La première variante: un paseo maritime long de plusieurs kilomètres  borde une plage en croissant de lune avant d'aboutir à une pointe sablonneuse où l'on embarque sur un bateau passeur vers le port de SANTONA, dominé par un rocher abrupt. Cette ville est surtout connue en Espagne pour ses conserveries de thon à l'huile. Le pèlerin y trouvera son compte en poussant ses pas du côté de l'église Santa Maria del Puerto; il pourra faire étape dans ce sport, si le temps ne lui est pas compté, ou bien continuer jusqu'à GÜEMES ou se trouve un refuge très apprécié des marcheurs. La seconde variante passant par COLINDRES est plus longue et guère agréable, cette option se justifie lorsque le bateau passeur ne fonctionne pas entre LAREDO et SANTONA (mauvaise météo ou basse saison)

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

Après 3,3 km de marche nous sommes à TARRUEZA, sur la gauche du chemin l'église forteresse  Santa Cecilia est entouré d'un préau et d'un portique en bois qui supporte le local de la sacristie et ses murs à colombages. On remarquera le porche du début de la Renaissance et la traditionnelle table de pierre destinée à la signature d'actes officiels. En chemin, on passe près de la chapelle Santa An, sans grand intérêt artistico-historio-jacquaire, mais d'un agréable ton pastel. Nous abordons le centre-ville de LAREDO après 5,6 km du départ par la Puerta (porte) de Bilbao ou de San Lorenzo, vestige des murailles du XIIe siècle qui ceinturaient alors la ville.En franchissant cette porte, nous marchons sur les traces des voyageurs et des pèlerins médiévaux qui arrivaient de l'est et par conséquent de Bilbao par le chemin de la côte. LAREDO a eu, comme Santander, Castro Urdiales et San Vincente de la Barquera, une intense activité maritime dès le XIIe siècle. D'ailleurs, il est probable que beaucoup de pèlerins arrivaient par bateau.L'affluence des voyageurs maritimes ou terrestres, ainsi que la nécessité de soigner les habitants, conduisit à la construction de plusieurs hôpitaux. Cités dès 1068, l'église San Martin (rue Santa Catalina) est la  pljus vieille église de la ville.Depuis toujours, elle a appartenu à la confrérie des marins de LAREDO, la plus ancienne d'Espagne.L'édifice a subi des transformations au XVe siècle. Bâtie hors des murs de la ville médiévale, elle est connue sous le nom de Santa Catalina (comme le quartier). De style roman , le monument se compose de murs épais, dépourvus de fenêtres, et il communique avec l'extérieur par une unique porte en ogive. Le sanctuaire est coiffé d'un clocher mur à sept ouvertures (huecos), un des plus beaux d'Espagne. L'église Nuestra  Senora de la Asuncion (gothique du XIIIe siècle ) fut le théâtre d'une intercession miraculeuse de la Vierge qui empêcha qu'un marin furieux ne tue l'un de ses compagnons. L'édifice est de taille imposante et date du XIIIe siècle. Son porche porte encore les traces de polychromie médiévale. Le magnifique retable de Belén  au bas duquel figure saint Jacques date du XVe.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

L'Hôtel de Ville de Santander

Guemes - Santander

Parcours :

Courte étape de 12,5 km pour 3h15 de pérégrination.Si on se réfère aux témoignages anciens, les routes menant à Santander sont multiples.La voie la plus au sud , qui contourne la baie de Santander , est à exclure de nos jours, à moins d'aimer les zones industrielles, les aéroports et les bretelles d'autoroute. La voie médiane, itinéraire "officiel"entre Galizano et Somo, est doté d'une piste piétonne/cycliste rectiligne, un peu monotone, mais efficace . L'étape précédente était très longue ...peut être souhaiterons-nous tailler la route au plus court?Il existe une troisième voie, plus contemplative que jacquaire, qui consiste à suivre la Senda  Costera depuis Galizano, jusqu'à Somo, en passant par la très belle plage de Langre (elle n'est pas décrite ici mais elle est balisée). A Somo, nous emprunterons pour la dernière fois un bateau passeur.La traversée de trente minutes est la plus longue de toutes.Elle nous réserve une belle arrivée au port en plein centre de Santander et à deux pas de la cathédrale et du refuge des pèlerins. La ville est vivante à défaut d'être belle, on la sent tournée vers le large et les départs....

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

GALIZANO Le village s'étend sur la plaine côtière dans l'axe d'une voie romaine qu'utilisait un certain nombre de pèlerins. Les archives locales révèlent également l'existence d'un modeste hôpital encore en activité au XVIIIe siècle. Aujourd'hui, on n'en trouve aucune trace officielle. Pourtant, on se prend à rêver en passant devant de vieilles bâtisses à fenêtres en ogive et épaisses murailles. L'église paroissiale est dédiée à San Isidro , patron des paysans. Cela explique la présence de têtes de bœufs en médaillon au-dessus du portail d'entrée sous le préau. En façade, une Vierge à l'Enfant de facture très ancienne trône dans une niche . A l'intérieur, dans une chapelle latérale, on trouve une représentation de saint Isidro conduisant un attelage de bœufs. Saint Roch est présent dans une autre chapelle latérale.

SANTANDER a été ravagé par un incendie en 1941. La restauration consécutive faite dans la précipitation a largement modifié la structure de la ville . Cependant, l'arrivée par bateau à Santander est très excitante. Le palais de la Magdalena domine la baie . En débarquant sur le quai, on est accueilli par des sculptures modernes qui s'appellent "Los Raqueros". Elles représentent des jeunes personnages typiques de Santander décrits par José Maria de Pereda. A la fin du XIXe siècle et au début du XXe, ils rôdaient sur les docks et avaient pour habitude de plonger dans l'eau port pour récolter les pièces que les curieux leur jetaient. La cathédrale Santa Maria de la Asuncion est un ensemble monumental dont l'église haute a été édifiée au XIIIe siècle dans le même style gothique que l'église basse.Du XVe au XVIIe siècle, elle a subi des ajouts de chapelles latérales. Le cloître, de base trapézoïdale, fut construit dans la première moitié du XIVe siècle. Par les portes de son mur occidental, on accédait au grand hôpital del Santi Spiritus (hôpital du Saint Esprit) et à l'église des pèlerins de Santiago.Dans la salle capitulaire et dans la nef contigüe, se réunissait dans des occasions exceptionnelles le conseil général de la ville de Santander. L'édifice fut très endommagé en 1941.A l'intérieur se trouve une "pila de agua"c'est à dire un bassin à ablutions musulman provenant d'une maison sévillane, rapportée en 1248 par les Sanderins vainqueurs et offerte comme ex-voto. Elle porte une inscription en arabe: "je suis dans ma pureté plus splendide que le cristal de roche"/Mon corps est fait de blanc argent /..." La sensualité orientale de ces vers semble très incongrue en pareil lieu. Seule la méconnaissance de l'arabe explique la présence de ce poème dans un édifice catholique. L'ancien itinéraire jacquaire empruntait la calle Alta, aujourd’hui quartier populaire avec des façades couvertes d'"azulejols" et de bow-vindows, le tout un peu défraîchi. En chemin, on longe l'église Nuestra Senora  de la Consolacion, de style classique bâtie entre 1772 et 1774. A cet emplacement s'élevait dès le XIVe siècle, sur l'antique base de la tour Juan de Escalante, l'hôpital Santa Maria de la Calzada. C'est à partir des années 1300 que la famille de marins et d'armateurs des Escalante convertit la tour familiale en hôpital pour pèlerins contre lequel ils construisirent l'ermitage Nuestra Senora de la Calzada de la Consolacion. Tout ce quartier, comme le vieux centre portuaire de Santander, contraste avec la plage très chic du Sardiroro et son casino blanc rococo.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

Boo de Pielagos

Santander - Boo de Pielagos

Parcours :

Petite étape de 13,9km pour 3h30 de pérégrination (à moins que vous optiez pour une variante qui  passe par SAN ROMAN et LIENCRES  (14,6 km demandant 4h40).Au Moyen Age, les pèlerins accomplissaient certainement le trajet de SANTANDER  à SANTILLANA DEL MAR en une journée. Pour cela, ils suivaient la ligne droite et franchissaient le RIO DE MOGRO en recourant aux passeurs. L'édification d'un pont à ARCE au XVIIe siècle mit un terme au travail des bateliers et obligea pèlerins et colporteurs à faire le grand tour. Aujourd'hui, trains et autoroute vont au plus court en enjambant la rivière là même où passaient les pèlerins d'autrefois. Dans la précédente édition du guide Rando Éditions, nous faisions toujours le détour par le vieux pont... Une dizaine de kilomètres qui s'ajoutent à notre périple  vers la Galice, et pas toujours agréables. C'est pourquoi sur les conseils de l'"hospitallero" de SANTANDER et les remarques de beaucoup de pèlerins, nous avons opté pour la facilité et le confort. Le plus simple pour franchir le RIO DE MOGRO, c'est encore de prendre le train de BOO à MOGRO! Du coup, nous scindons toujours le parcours SANTANER/SANTILLANA en deux, mais il est possible de l'accomplir en une seule étape pour un total de 34,3 km. Quand à la sortie de SANTANDER, elle est supportable, car on retrouve assez tôt la verdure et un parcours varié. La variante par LIENCRES est plus belle et guère plus longue. Elle permet d'admirer de loin la côte très découpée. Peu de monuments à découvrir aujourd'hui, patientons jusqu'à demain...

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

SANTA CRUZ DE BEZANA Longtemps rattachée à la ville de SANTANDER, BEZANA s'élevait dans un lieu qu'on appelait la CALZADA.Les pèlerins médiévaux passaient par là avant de filer vers BOO DE PIELAGOS. C'est à peu de chose près, l'itinéraire que nous suivons aujourd'hui, bien que nous devions composer avec les autres constructions et les tracés modernes.L'église paroissiale est d'un intérêt limité en raison de ses remaniements successifs. En revanche sur le parcours, se dresse un très ancien calvaire avec une représentation de la Vierge.

BOO DE PIELAGOS Cette petite localité a toujours été un carrefour de chemins, puisque la voie directe depuis SANTANDER et la variante par LIENCRES se rejoignent ici.C'est dans ce village qu'autrefois on empruntait la barque de MOGRO pour traverser le rio PAS, ou rio de MOGRO. Le passage était gratuit pour les pauvres et pour les pèlerins, grâce aux dons en blé que faisaient les voisins pour couvrir les frais. Parvenus sur l'autre rive, les pèlerins du XIIe siècle passaient par MOGRO et MIENGO avant de franchir la ria SAN  MARTIN DE LA ARENA, entre CUDON et CORTIGUERA sur une barque dont la maintenance étaient assurée par les moines de la confrérie Santo Domingo à partir du XIe siècle. Il ne restait plus qu'à filer sur ONGAYO où se dresse encore aujourd'hui, à flanc de colline, l'église Santiago dont la construction débuta au Xe siècle. A proximité, on trouve toujours des traces du large chemin appelé Camino de Santiago et la fontaine où venaient se désaltérer les pèlerins.Un bout de chemin restait encore à accomplir avant de rejoindre SANTILLANA. Les jacquets traversaient PUENTE AVIOS où se dresse encore l'église San Andrés,puis passaient CAMPLENGO et sa ermita San Cipriano. Cet itinéraire jacquaire a été totalement modifié à partir du XVIIe siècle avec la construction d'un pont à ARCE enjambant le rio PAS. A compter de cette date, l'existence des bateaux passeurs ne se justifiait plus. Les pèlerins étaient contraints de faire le grand tour, sort qui nous est également réservé.C'est pourquoi le tronçon SANTANDER-SANTILLANA s'accomplit en deux étapes.

Dans le village d'ARCE, s'élève l'église Santa Marina,de grès rouge, dotée d'une tour clocher très massive.Aux abords du pont, on remarquera également la présence sur une butte de la TORRE DE VELO, construite au XIVe siècle, encore protégée par ses murailles et celle du palais du marquis de la Conquista des XVIIe et XVIIIe siècle. Le pont, formé de cinq arches, date du XVIIe siècle et a joui d'une grande importance stratégique, puisqu'il reliait SANTANDER à la Castille.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

La collégiale romane Sainte Julienne à Santillana del Mar

Boo de Pielagos - Santillana del Mar

Parcours :

Nouvelle petite étape de 16,7 km nécessitant 4h15 de pérégrination. Après les traversées en bateau, pourquoi ne pas s'offrir un petit tour de train, juste le temps d'enjamber le rio de Mogro. C'est à peine de la triche, les pèlerins du Moyen Âge eux-mêmes avaient bien recours aux passeurs.Sur l'autre rive, on attaque plein d'entrain: petits villages et modestes églises en forme pataudes jalonnent notre chemin jusqu'à BERCENA DE CUDON en nous donnant du baume au cœur. Dès lors, le décor vire au cauchemar. Sur plusieurs kilomètres, les hangars industriels se succèdent et notre cap vise une fumeuse et "kolossale" usine.Patience, le meilleur est pour la fin . La campagne redevient belle et le suspens augmente.... SANTILLANA DEL MAR se dévoile enfin aux creux d'un vallon. Village musée où chaque maison, chaque palais raconte un fragment de l'histoire. La collégiale est un joyau et les chapiteaux du cloître racontent aussi des histoires tirées de la Bible. Un dernier conseil:partez de bon matin, car vous n'avez pas fini de vous enthousiasmer à SANTILLANA. Jean-Paul Sartre lui-même avait succombé à son charme ravageur et l'avait élu "Plus beau village d'Espagne".

Dénivelé:

description du dénivel

Curiosités :

En quittant PUENTE ARCE , on traverse une succession de petits villages... Juste avant MOGRO, notre œil sera attiré par l'ermitage de la Virgen del Monte qui s'élève au sommet d'un tertre. Le petit bourg de MOGRO domine un splendide paysage maritime, l'estuaire du rio PAS où les champs cultivés côtoient les dunes et les bancs de sable. L'église San martin occupe le centre du hameau . on en ignore le passé, mais sa tour clocher flanquée de meurtrières évoque un donjon.C'est peut être sa véritable origine, étant donné la position stratégique de MOGRO. On ne traverse pas CUDO, mais à l'écart du village, tout près des canalisations que nous longeons, se dresse l'église très simple et très pure en forme de trèfle. Son crépi partiellement enlevé laisse voir une belle pierre ocre. Nous traversons une zone nauséabonde et enlaidie par la titanesque usine Solvay.On retrouve le chemin ancestral à CAMPLEANGO où subsiste la modeste ermita San Cipriano.

La ermita Santa Justa à URBIACO est un sanctuaire qui se cache au creux de la falaise côtière, dans une anse magnifique. Ce lieu faisait l'objet d'une grande dévotion au Moyen Âge et est mentionné sur les vieilles cartes. Les dévots modernes sont toujours nombreux, beaucoup profitent de l'occasion pour s'offrir une baignade au pied du sanctuaire.Que les pèlerins n'hésitent pas à faire le détour!

Le petit village de SANTILLANA DEL MAR, magnifiquement conservé, est cité dans "La nausée". Jean-Paul Sartre le considérait comme le plus beau d'Espagne. La circulation est strictement réglementée et il est aisé de remonter le temps. Des moines sont à l'origine de ce bourg. Ils apportaient avec eux les reliques de Santa Juliana qui avait été martyrisée à la fin du IIIe siècle sur l'ordre de son mari car elle refusait de renoncer à sa foi chrétienne. Son martyre est relaté sur le retable principal de la collégiale.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

Comillas: une agréable cité bien fleurie

Santillana del Mar - Comillas

Parcours :

Cette étape proposée est de 22,4 km pour 5h40 de pérégrination. On s'échappe de Santillana par un chemin dérobé alors que la brume matinale enveloppe encore le village médiéval. Orena s'annonce par d'étranges tours cylindriques. on songe à un système défensif, à des guetteurs parés à jeter de l'huile bouillante sur les intrus que nous sommes, mais les étranges constructions ne sont que des greniers à maïs . Encore une belle étape, avec des paysages maritimes aux collines chauves balayées par les vents, des vallées au climat tropical où abondent citronniers et bananiers. La richesse patrimoniale ne fait pas défaut: modestes ermitages ou orgueilleuses églises se succèdent tout au long du jour dès Orena, puis à Novales, Cobreces, La Iglesia. La fontaine de los Peregrinos à Cobreces et la ermita de Santiago à Tramalon rappellent si besoin était que nous sommes sur le bon chemin. Juste avant Comillas, le hameau de Concha est un petit bijou discret qui mérite un arrêt. Enfin, Comillas dévoile un centre historique  riche et plein de charme.  Un vent de folie semble aussi souffler sur la ville avec El Capricho, une singulière villa de l'architecte catalan Gaudi et les bâtiments néogothiques et énormes de l'université Pontificale ou du palais de Sobrellano. A proximité de la mer, le cimetière, ceinturé par les murs d'une église en ruine,est également surprenant.

Dénivelé :

description du dénivelé

 

Curiosités :

Ciguenza, dans la vallée de Novales, doit sa gigantesque église à la folie des grandeurs d'un colon désireux de revenir au pays et qui voulait copier l'église de las Capuchinas de Lima. A cette fin il envoya des plans et de l'argent, mais mourut avant son retour au village et ne vit jamais la construction terminée. L'église San Martin de Ciguenza, édifiée au XVIIIe siècle et encadrée de deux tours, fait face à une demeure patricienne à la façade dorée et blasonnée appartenant à la même famille.

La vallée de Novales, grâce à son micro-climat, permet la culture des citrons, oranges et mandarines.avec leur riche teneur en vitamine C, ils ont évité le scorbut aux émigrants en partance pour l'Amérique. dans le hameau de Novales, le pont médiéval a subi des altérations importantes.

La ville de Cobreces comptait comptait dès le Moyen Âge l'hospital del Buen Suceso (l'hôpital de Bon Événement !) qui fonctionnait grâce aux dons des voisins. Le chemin qui menait de cet hôpital à la vieille église de Cobreces s'appelle toujours Camino del Hospital. Côte à côte, deux bâtisses néogothiques de la fin de XIXe siècle dominent la ville de leurs façades pastel: l'abbaye Santa Maria de Villacelis et l'église San Pedro  Advincula . Cependant, non loin de là, le bâtiment conventuel de San José, aujourd'hui abandonné, qui hébergeait des religieuses cloîtrées, est beaucoup plus intéressant d'un point de vue architectural.

A Tramalon, en bordure de la CA-131, au niveau d'un collet, se dresse une vieille hôtellerie et un ermitage. le sanctuaire, fermé à double tour, abrite une ancienne statue de Santiago. Nous passons  à Ruiloba (La Iglesia) qui eut aussi un hôpital de pèlerins, mais le village ne conserve que l'église curieuse de La Asuncion. L'habitat traditionnel est bien présent et restauré avec goût. la population de ces villages vit principalement de l'élevage et des cultures maraîchères. On traverse successivement les très jolis villages de Pando et de Concha, avec son "ermita" del carmel. Dans ce dernier hameau, la restauration des monuments est poussée à l'extrême, ce qui trahit le lieu de villégiature ou de résidences secondaires.

Selon une légende célèbre dans la culture jacquaire, un cavalier vint à la suite du corps de Santiago que ses disciples ramenaient de Jérusalem, il ne trouva pas de passage pour franchir la ria de la Rabia, le bras de mer qui pénètre à l'intérieur des terres du côté des terres du côté de Cormillas. Il entra à cheval dans l'eau et passa en Galice.Quand il sortit de l'eau, son corps et son cheval étaient couverts de coquillages (coquilles saint Jacques) qui depuis lors servirent d'armoiries au saint et aux pèlerins. Cette légende (une parmi d'autres) atteste de la forte tradition d'une route maritime par la Cantabrie.

Le chemin médiéval passait par Cormillas (dénommée Hulilias dans un texte de 1547) où un hôpital de pèlerins fut construit en 1547. Elle fut un important centre financier au XVIIe siècle grâce aux profits de la pêche à la baleine, ce qui permit l'édification de l'impressionnante église paroissiale  San Cristobal du XVIIIe siècle. Tout le centre historique renferme de belles bâtisses et des palais blasonnés du XVIIIe siècle après la venue du roi Alfonso XII en 1881. Une architecture originale d'inspiration catalane s'est développée avec entre autres le palais de Sobrellano sorti de l'imagination de Doménech, l'Université pontificale selon les plans de l'architecte catalan Martorell.La construction la plus loufoque est sans nul doute El Capricho, œuvre du célèbre Gaudi, et aisément reconnaissable à l'abondante utilisation de la céramique sur des lignes tarabiscotées. Cormillas possède un ahurissant cimetière encadré par les ruines d'un ancien monastère gothique et dominé par une sculpture de style très pompier, "l'Ange exterminateur" œuvre de Joseph Limona.

Office du tourisme de l'étape: NR

  

Unquera s'étale sur les rives du rio Deva

Comillas - Unquera

Parcours :

Nous partons ce matin pour une étape assez longue de 28km pour 7h de pérégrination mais surtout riche en découvertes. Certains préféreront la scinder en deux en s'arrêtant à San Vincente de la Barquera. Tout au long du jour,nous traverserons des paysages splendides en commençant par les décors lacustres de Ria de Rabia et les vues dégagées sur l'Océan juste avant de descendre sur San Vincente. L'itinéraire est jalonné de chapelles, d'hôpitaux,de ponts anciens dont le plus célèbre et le plus long est celui qui enjambe la ria de San Vincente pour accéder à la ville. Au Moyen Âge, San Vincente comptait jusqu'à trois hôpitaux pour pèlerins. La seconde partie de l'étape suit une vallée tranquille, plantée d'eucalyptus et hérissée de rochers karstiques. La belle tour de la Estrada abrite une église romane et plus loin, à Pesués, on peut voir les restes d'une petite chapelle qui était dédiée à Saint Roque. Aucun doute, nous sommes toujours sur la bonne voie et nous effectuons nos dernières enjambée en Cantabrie. La ria de Tina Mayor à Unquera marque l'entrée dans les Asturies.

Dénivelé :

description du dénivelé

 

Curiosités:

On quitte Comillas par le pont de la Rubia qui donne sur des paysages lacustres, réserve d'animaux aquatiques. A SANTA ANA, une modeste chapelle se dresse au milieu d'un carrefour. Le bâtiment regroupe le lieu de culte avec son chœur peint bleu ciel, la salle de réunion municipale dans la pièce contiguë et le dispensaire qui doit aussi faire office de sacristie.

La cité de SAN VICENTE DE LA BARQUERA s'élève en plein cœur du Parc naturel d'Oyambre, dans le large estuaire de San Vincente. Les pics d'Europe servent de toile de fond les jours de belle visibilité. On accède à la ville par le pont de la Maza construit au XVe siècle. Il apporta une aide précieuse aux pèlerins qui n'eurent plus recours aux passeurs.L'ouvrage comptait trente deux arches . Aujourd'hui, on n'en dénombre plus que vingt huit, mais la construction est assez robuste pour supporter le trafic de la N-634. La ville a connu son âge d'or au Moyen Âge, a été une étape jacquaire importante. elle était alors ceinturée par une muraille dont subsistent le côté nord et la partie sud avec la porte des Asturies (ou du Pèlerin)et celle de la Barrera.Le château du XIIIe siècle complète le système défensif.Les jacquets trouvaient refuge dans de nombreux hôpitaux dont celui de la Concepcion (XIVe-XVIe) à proximité de l'église Santa Maria de los Angeles. Celle-ci, construite entre les XIIIe et XIVe siècle sur une église antérieure, est flanquée d'une grande tour et dotée d'un très beau portail roman. L'intérieur est dominé par un splendide retable baroque.Une représentation de Santiago est visible sur le retable latéral droit. Au milieu de la nef, un contrefort supporte un ange armé d'une rame, car le sanctuaire , dédié à la Vierge, est très vénéré par les marins et les pêcheurs. Les dalles de bois sur le sol abritaient des tombes. L'église héberge le mausolée de l'inquisiteur Antonio Corro qui avait demandé dans son testament une tombe ornée d'une statue de marbre et d'albâtre reflétant la qualité de sa personnalité.A sa décharge, il a fait construire au XVIe siècle le Palacio del Corro pour les malades indigents de la ville et les pèlerins.En face du Palacio del Corro, la torre del Preboste fut successivement l'hôtel des impôts, puis la prison de la ville.

LA ACABOSA nous fait découvrir ensuite son église San José. Une rude montée nous permet d'atteindre le val San Vincente , protégé et parallèle à la mer. Le chemin longe des champs et des prairies, hérissés de pierre karstiques et de bosquets d'eucalyptus. La tour médiévale de la Estrada est une construction civile défensive, élevée pour garder la vallée et protéger la population du village. Ses murailles cachent une chapelle romane.

SERDIO accueillait les pèlerins dans l'hôpital Santa Ana qui tomba en désuétude à compter du XVIIIe siècle.PESUES possédait l"hôpital de la Misericordia qui déclina également au XVIIIe siècle . Il jouxtait l'ermitage Santiago. Certains documents déclarent qu'il ne reste aucune trace de l'hôpital, alors que d'autres annoncent  que le bâtiment serait toujours debout et qu'il servirait d’écurie... A la sortie de Pesue, la chapelle San Roque est en ruine: elle a été détruite en 1936 durant la guerre civile.

UNQUERA, dernière ville de Cantabrie, s'étale sur les rives du rio Deva qui marque la frontière avec la provinces des Asturies. Le chemin de la côte et l'itinéraire conduisant à Santo Toribio se séparent à cet endroit. Aucune trace jacquaire dans cette bourgade riche de belles villas d'inspiration coloniale qui s'étagent sur la colline au-dessus de la rivière.Que les gourmands ouvrent grand leurs oreilles en apprenant que la ville leur réserve une spécialité appelée "Corbatas d'Unquera" (les cravates d'Unquera), pâtisserie à base de pâte feuilletée...

Office du tourisme de l'étape : NR

 

 

 

  

Llanes: "Les cubes de la mémoire"

Unquera - Llanes

Parcours :

Une étape de 25,3 km demandant 6h20 et,pour démarrer cette première journée dans la province des Asturies, nous nous évaderons loin dans l'espace en passant à COLOMBRES. Les splendides villas d'inspirations coloniales construites par les émigrés de retour au pays emporteront notre imagination du côté de l'Amérique latine. En 2005 (lors d'un guide précédent)le balisage officiel suivait en totalité la  N-634, c'est pourquoi nous avions "inventé" un itinéraire original par les petites routes de la vallée Oscura.Nous conservons cette variante à l'attention des pèlerins qui désirent découvrir d'authentiques villages asturiens. Les amoureux de l'air du grand large lui préférerons la Senda Costera E9 qui, pendant 14 km de sentier piéton, permet d'admirer parmi les plus beaux rivages de la côte cantabrique (balisage jacquaire). Les flèches jaunes officielles hésitent toujours à délaisser la N-634, par respect pour le Camino Real ou "historique". (1) Quoi qu'il en soit, nous les retrouverons juste avant d'arriver à LLANES, au niveau de l'ERMITAGE DEL CRISTO DEL CAMINO. LLIANES dévoile un riche patrimoine religieux et défensif, une architecture de villégiature aux goûts de la Belle Époque, un port encaissé et coloré, de belles plages et enfin des cidreries à gogo.Traverser les Asturies sans goûter à son cidre serait une injure. L'art de le consommer obéit aussi à un rituel qui se perd dans la nuit des temps.

(1) C'est à LA FRANCA (4,5 km après notre départ d'UNQUERA que l'on choisit  son itinéraire: soit l'itinéraire officiel jusqu'à PENDUELES puis SENDA COSTERA E9 jusqu'à LLANES (23,5 km) soit l’itinéraire "ethnologique" par la vallée Oscura qui passe par le PIC DE LA SIERRA et SAN ROQUE DEL ACEBAL (25,3km) Faites votre choix!

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

COLOMBRES procure un dépaysement total: impression d'être au Brésil ou ailleurs, dans un quartier colonial d'Amérique latine: église toute blanche, élégants bâtiments aux couleurs vives, palmiers, arbres exotiques odorants et plantes tropicales en tout genre. Les "Indianos", c'est à dire ceux qui avaient émigré, souvent très jeunes,en Amérique et fait fortune , se faisant construire une maison à leur retour au pays.Un des plus beaux exemples est la Quinta Guadalupe , un palais bleu avec son mobilier d'origine, qui abrite à la fois les archives des Asturiens ayant émigré aux XIXe et XXe siècle , et un musée de l'Emigration où sont expliquées toutes les étapes de cette aventure, depuis la préparation des candidats au départ, jusqu'à leur succès...ou leur échec final outre-Atlantique. La France conserve un témoignage du passé avec la "ermita" del Santo Cristo du XVIIe siècle.Sinon la localité, traversée par la N-634, souffre du tumulte moderne. Le balisage officiel s'obstine à flirter  avec le trafic routier. C'est pourquoi nous préférerons un itinéraire plus calme qui, dès les premiers mètres, passe devant une habitation habillée d'une peinture murale représentant un pèlerin.

De LA FRANCA à PUERTAS, la route AS-346 est très tranquille et poursuit son cheminement par une vallée orientée est-ouest, et Valle Oscuru , ou vallée obscure. Alors que l'électricité équipait déjà la route nationale longeant la mer, la vallée est restée longtemps encore plongée dans le noir. Voici la cause très prosaïque de ce surnom mystérieux dans un pays qui ne manque pas de légendes! On passe d'abord dans le ravissant village de TRESGRANDAS où la vie s'écoule paisiblement et semble inchangée depuis des siècles. Dans le village de SANTA EULALIA DE CARRANZO, on compte de nombreuses maisons en torchis . La vie communautaire est très forte, les échanges entre les gens souriants. Chaque village a son lavoir, à présent désert, mais aussi son bar , qui assure le lien social.Pas de désertification des campagnes ici. Le temps semble non pas arrêté, mais au contraire fluide. On sort de la vallée par un défilé magnifique.On rencontre ici les premiers horreos  et une architecture presque montagnarde.

La chapelle Cristo del Camino, avant d'arriver à LLIANES, se dresse au sein d'une plantation d'eucalyptus. Dépourvue de lien jacquaire, la chapelle n'en est pas moins l'objet d'une grande dévotion de la part de la population locale qui s'y rend en procession. LLIANES fut dès le XIIIe siècle un important lieu de passage sur le chemin de Santiago. La cité portuaire possédait un hôpital pour  "pèlerins nationaux et étrangers", l'hôpital San Roque, dont il reste la chapelle. De nombreuses maisons d'indianos peintes en teintes sourdes parsèment la ville et se même à des demeures plus anciennes datant du XVe au XVIIIe siècle, comme le palais de Gaztabaga (XVe) ou le palais des ducs d'Estrada. L'église romano-gothique Santa Maria del Conceyu, bâtie entre les XIIIe et XVe siècles, possède un superbe portail dont les archivoltes portent des représentations de Santiago et de pèlerins. On voit les premières "sidrerias"où la consommation du cidre asturien obéit à tout un rituel auquel on ne saurait déroger. On doit commander une bouteille entière, que l'on soit seul ou pas, le service au verre n'existant pas. Le cidre est versé exclusivement par le serveur qui se contorsionne dans d'étranges postures; l'essentiel est que le cidre tombe de très haut et heurte le bord du verre afin de mousser et de s'oxygéner. Dans l'opération , le sol récolte plus que le client . Dernière obligation pour le consommateur: boire cul sec et jeter par terre le fond du verre. En fin de soirée, les rues alentour sont riches en odeurs et le sol quelque peu glissant.Ces patinoires ne facilitent pas la tâches des buveurs impénitents!

Office du tourisme de l'étape : NR

  

Ribadesella

Llanes - Ribadesella

Parcours :

Longue étape de 29,8km (7h30 de péregrination) mais jamais monotone. Aujourd'hui les richesses naturelles et culturelles se succèdent pour se conjuguer à merveille: monastères, églises, ponts et "camino" médiéval jalonnent notre parcours dans des décors magnifiques. Si le temps ne manque pas et si les conditions météorologiques sont clémentes, on ne résistera pas au désir de piquer une tête dans l'Océan devant l'extrême beauté des plages de Celorio ou de San Antolin. Reprenant le tracé du chemin médiéval, le balisage nous tient bien à l'écart de la circulation et du goudron. On appréciera particulièrement les chemins de terre et les paysages du dernier tiers de l'étape. RIBADESELLA s'étale de part et d'autre d'une ria. Sur la rive, on découvre un port de pêche un peu endormi et de l'autre une station balnéaire qui garde la nostalgie de la Belle Époque avec ses villas rococo.

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

POO: le chemin longe l'église San Vincente qui évoque le style colonial des sanctuaires mexicains. Elle abrite une statue de San Isidoro, patron des paysans. CELORIO: le monastère San Salvador, bâti eu XIe siècle par des dominicains, accueillait des pèlerins.Des bâtiments d'origine, il reste la tour et le portail . Ce dernier remanié au XIIIe siècle est de style baroque. Le monastère domine une plage merveilleuse en forme de demi-lune. de hautes murailles courent le long de la côte, marquant vraisemblablement l'ancien domaine monastique. En abordant la ria de BARRO, on découvre l'église Nuestra Senora de los Dolores, bâtie au XVIIIe siècle sur une avancée de terre. Son architecture fait songer aux églises baroques du Brésil colonial , tandis que les fo,d vaseux et couverts d'algues de la ria évoquent incontestablement les criques du Morbihan.A peu de distance, la très humble chapelle Animas borde le chemin à l'ombre de grands chênes. Après avoir passé NIEMBRO, les pèlerins médiévaux trouvaient refuge au monastère bénédictin San Antolin de Bedon, fondé au XIIe siècle. Il en reste l'église romane d'une austérité cistercienne qui abrite un sarcophage. Ses deux portails dégagent la même pureté de lignes avec leurs voussures dépourvues de fioritures. L'état d'abandon du monument, retiré au fond du vallon, ajoute au charme du lieu.Une centaine de mètres plus loin, le chemin retrouve le rivage. La plage de San Antolin s'étend à l'embouchure du rio Bedon. Avancée de sable blanc, alvéoles lagunaires peu profond révèlent des eaux turquoises ... NAVES est un village plus connu pour ses cidreries que pour son passé jacquaire. Ici pourtant le balisage officiel se confond avec le chemin médiéval qui se borde de murs et de champs d'orangers. L'étroit chemin s'enfonce parfois sous un tunnel de verdure.Il passe près de la "ermita" récente San Antonio qui porte un saint Roch sur le tympan de bois. Après quelques kilomètres l'Antiguo Camino Médiéval côtoie le mur d'enceinte du palais appartenant au Conde de la Vega del Sella. Cette vaste propriété marque l'entrée de NUEVA. Ce village est connu poir avoir possédé un hôpital pour pèlerins au Moyen Âge dont il ne subsiste que la chapelle adjacente au bâtiment. A PINERES de PRIA, l'église San Pedro se dresse au sommet d'un tertre bien à l'écart des routes et des villages alentour. Vers CUERRES, le chemin évolue en pleine nature en traversant champs et vergers. Nous franchissons ensuite le rio Guadamia par un petit pont médiéval restauré. A CUERRES tout près de l(église San Mamès, la Fuente de los Peregrinos est un rappel du tracé ancestral. Notre étape se termine à RIBADESELLA déjà habitée dès la préhistoire sur sa rive gauche  et dont la fondation sur sa rive droite au XIIIe siècle fut connue des pèlerins médievaux et que l'on appelle aujourd'hui la vieille ville avec son port de pêche et son cœur historique. A proximité de l'église Santa Maria Magdalena , édifiée sur l'emplacement d'une église romane, s'élevait au Moyen Âge l'hôpital pour pèlerins San Sebastian. Des blasons ornent la plupart des bâtisses anciennes d'importance, à l'instar du palais Renaissance de  los Crude (l'actuel Ayuntamiento) avec sa façade plateresque.La très belle criée, construite en pur Arts-Deco , témoigne que l'activité maritime de la ville était plus florissante dans les années 1930 qu'aujourd'hui. Sur la jetée, on trouve de grands panneaux pleins d'enseignement sur la mythologie asturienne. Sur la falaise, face au large, se dresse l'ermitage de la Virgen de la Guia (patronne des marins), bâti au XVIe siècle sur un fortin qui gardait l'entrée du rio Sella et protégeait la cité portuaire. Il ne subsiste de cette époque que le portail et quelques arches, les autres éléments de l'édifice ont été reconstruits plus tardivement après les destructions provoquées par les tempêtes et la guerre de l'Indépendance en 1798.Le sanctuaire dédié à la Vierge est vénéré et fait l'objet d'une procession marine chaque premier dimanche de juillet.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

Sebrayo: Église romane Santa Maria (XIIe siècle)

Ribadesella - Sebrayo

Parcours :

32km et 8h de marche pour cette étape et cette portion de la côte cantabrique qui porte le nom de Costa Verde.Une appellation bien méritée car tout au long de l'étape nous évoluerons dans un cadre verdoyant parmi les collines couvertes d'eucalyptus.On plonge en direction de la mer pour découvrir le village de VEGA, resté authentique avec ses "herreos" au bois noirci par le passage des saisons et les vents chargés d'embruns. Ici, la plage restée sauvage n'attire que les surfeurs. L'eau douce du ruisseau se mêle à celle de l'océan en se frayant un passage à travers les roseaux. Dominant ce décor aquatique, les restes d'un pont médiéval  témoignent du passage des jacquets d'autrefois. La Isla marque le dernier vrai contact avec la mer. Notre route va s'infléchir désormais au sud-ouest, parcourir l'intérieur des terres et bientôt rencontrer les montagnes asturiennes.Nous voyons s'égrainer les premiers monuments préromans qui, à défaut de vouer un culte particulier à l'apôtre Jacques, virent passer les pèlerins au fil des siècles.A PRIESCA, San Salvador est un édifice très émouvant dans la simplicité et la pureté de ses motifs sculptés propres au préroman asturien. Chemins boisés, pont médiéval et ruisseaux nous conduiront jusqu'à SEBRAYO.

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

Après SAN PEDRO, première localité atteinte après notre départ de Ribadesella, on traverse des paysages vallonnés  et boisés parsemés de très belles fermes puis on arrive à  VEGA, ravissant village ancien, plein de fontaines et d'"horreos"où sèche du maïs. En amont de la passerelle, on peut voir les ruines d'un pont médiéval . Les jacquets passaient ici. a présent ce sont les surfeurs et des amoureux de la mer qui ont élu domicile sur ce coin de côte resté à l'abri du tourisme de masse.L'itinéraire suit une très belle côte avec des vagues longues, des falaises occupées par des près et des champs dominant des plages. BERBES est un hameau haut perché où des murets protègent maisons et arbres fruitiers.La difficulté de la marche, rendue pénible sur le terrain accidenté, est compensée par la beauté des paysages maritimes.On longe successivement la plage "Arsenal de Moris" puis celle de "Espasa"proche de LA ISLA qui est une station balnéaire qui dispose d'un refuge. Notre chemin nous mènera ensuite à COLUNGA dont la fondation remonte au XIIIe siècle, époque à laquelle il y avait un hôpital pour pèlerins dont n'a survécu que la chapelle Notre Dame de lorette. Les belles demeures asturiennes, construites du XVIe au XIXe siècle , peintes en mauve, bordeaux, bleu, surveillent bars et cidreries. Nous poursuivons notre chemin en pénétrant dans PERNUS qui est un hameau mentionné dès 1090 dans des documents qui décrivent l'itinéraire de Ribadesella et Villaviciosa, le chemin médiéval.L'église San Pedro a été remaniée, mais il subsiste le portail d'origine du Xe siècle. LA LIERA, autre hameau, compte autant d'horreos que d'habitations. Sa petite église San Antolin conserve, dit-on, au pied de son clocher une inscription souhaitant la bienvenue aux pèlerins de passage. Perchée sur une colline offrant une vue magnifique sur l'estuaire de Villaviciosa et sur la vallée alentour, l'église préromane San Salvador de PRIESCA qui a été consacrée en 921. L'autel de la chapelle nord est dédié à saint Jean et à Saint Jacques. Elle conserve plusieurs fresques aux motifs variés.Son plan est caractéristique des églises préromanes: trois nefs séparées par des arcs en plein cintre supportés par d'épais piliers.Caractéristiques également, les fenêtres doubles et ornées d'une dentelle de pierre. LA VEGA affiche sur le mur d'une très belle maison, à droite du chemin, une représentation en céramique du Cristo del Gran Poder. Après tous ces hameaux nous entrons dans SEBRAYU (SEBRAYO) après avoir franchi un ruisseau grâce à un petit pont en dos d'âne. A ce niveau  et hors chemin, une piste sur la gauche conduit à l'église romane Santa Maria du XIIe siècle qui se dresse sur le site d'un ancien monastère dont la fondation remonte à 761.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

L'ermita Santiago de Sariego peu avant La Vega de Sariego

Sebrayo - La Vega de Sariego

Parcours :

Étape plus courte que les deux précédentes puisque vous n'aurez que 22,8 km à parcourir en 5h50.... Après le calme de SEBRAYO, nous retrouverons un peu d'animation à VILLAVICIOSA. On s'attarde dans les ruelles bordées de palais blasonnés et surtout dans l'église Santa Maria de la Oliva, une splendeur de l'art roman. La journée ne fait que débuter. Non loin de là, l'église et le village d'AMANDI rivalisent d'harmonie dans une nature qui évoque la douceur des tropiques. Puis nous atteignons VALDEDIOS. L'église San Salvador sert de référence en matière d'architecture préromane dont on mesure l'influence mozarabe évidente. Tout à côté, le monastère cistercien est un havre de quiétude au creux d'un vallon retiré. C'est par une rude ascension que nous gagnons le col de la Campa. Le décor superbe du Valdedios et les jolis hameaux de VILANOSCURA et de VILLARICA nous inciterons à faire des pauses le temps de reprendre souffle. Après l'Alto de Campa, le balisage (piste piétonne) nous fait découvrir le hameau de SAN ROMAN, puis l'église toute blanche de SANTIAGO DE SARIEGO, lieu jacquaire comme son nom l'indique. LA VEGA DE SARIOGO dispose d'un refuge.

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

La cité de VILLAVICIOSA existe en tant que ville depuis 1270. Traversée dès le moyen âge par le chemin de la côte, elle possédait un hôpital pour pauvres et pèlerins avec six lits près de l'église Santa Maria la Oliva. Datant du XIIIe siècle, cet édifice est une démonstration éclatante entre le roman et le gothique. Le portail sud offre des scènes de fauconnerie et de chasse au sanglier, et montre même un sanglier dévorant le pénis d'un moine! Le portail ouest est orné d'une représentation de la Vierge et d'archivoltes aux motifs géométriques. Des bâtisses du XVIe au XVIIIe siècle ornent leur façade de blasons, en particulier celle de Rodrigo de Hevia qui, en 1517, accueillit pendant quatre jours le prince de Gante qui allait devenir l'empereur Charles 1er d'Espagne et Charles V d'Allemagne. Le hameau paisible d'AMANDI abrite sur une hauteur l'église romane San Julian de Amandi qui domine une campagne vallonnée. Bien qu'entouré d'un parvis circulaire du XVIIe siècle , l'édifice date du XIIIe siècle. Le portail principal aux archivoltes ouvragées s'ouvre sur la nef unique rectangulaire; l'abside semi-circulaire regorge d'ornements: niches, arcs aveugles et modillons avec représentations humaines et végétales. Une grande poésie se dégage des lignes et des formes stylisées des sculptures. On passe devant la Casa de la Ballina qui évoque "Cents Ans de Sollitude" ou la douceur des tropiques avant d'atteindre le petit ermitage blanc San Juan qui, avec sa fontaine, marque la fourche des deux chemins de Santiago par l'intérieur des terres: l'un par Infiesto, l'autre par Oviedo. C'est ce dernier que nous emprunterons et qui nous fera franchir un beau pont médiéval. dans le hameau de LA CASQUITA, le modeste ermitage San Blas et Sabto Domingo garde un carrefour important de notre itinéraire jacquaire: en partant tout droit, on se dirige vers Gijon en poursuivant le chemin de la côte et en obliquant à gauche vers de sud-ouest en direction d'Oviedo, on opte pour le Chemin primitif, notre choix!

On ignore Camoca de Abajo et son ruisseau Fuentetivia réputé pour soigner la constipation et l'on se dirige vers CAMOCA DE ARRIBA où l'église San Juan a été construite dans la seconde moitié du XIIIe siècle. Largement influencé par le monastère cistercien Santa Maria de Valdedios, l'édifice partage son plan rectangulaire entre deux nefs jumelles séparées par des piliers prismatiques. L'ensemble monastique de Valvedios prend place dans une luxuriante vallée. Il se composte de l'église préromane San Salvador (IXe siècle)  appelée aussi El Conventin, de l'église romane Santa Maria qui comprend une hôtellerie. Il accueille pèlerins de passage ou personnes désireuses de faire une retraite. L'église San Salvador fut consacrée en 893 et faisait partie d'un ensemble palatial commandité judicieusement par Alphonso III où il put se retirer lorsqu'il fut destitué par ses fils. L'influence mozarabe est perceptible dans les fenêtres en fer à cheval et les jalousies. La nef, haute et étroite, caractéristique des édifices préromans , affiche des restes de fresques à motifs géométriques. On notera la finesse des palmes sculptées sur les chapiteau

Arbazal se situe sur la trame du chemin historique. Hélas, passer par ce hameau aujourd'hui revient à emprunter la vieille "calzada" devenue boueuse et envahie par la végétation sur un court tronçon, puis à suivre ensuite le bitume, car l'antique tracé est en grande partie recouvert par la route AS-113. C'est pourquoi, il est plus agréable de suivre la piste cimentée par Villanaoscura et Villarica, des hameaux asturiens qui n'ont guère subi les évolutions du XXe siècle. De très beaux horreos entourent les fermes et la campagne alentour est restée particulièrement intacte. A défaut du chemin historique, le pérégrinant pourra se consoler en cheminant loin des routes et du bruit des moteurs.LA CAMPA ou Altu La Campa (400m) est un mont traversé par la route AS-113 qui fut construite au milieu du XIXe siècle et se substitua au Camino Real, situé dans une zone plus élevée que l'actuel tracé. A partir de là, on se tourne vers un paysage de montagne.

L"église Santiago de SARIEGO , plusieurs fois remaniée, incendiée et mise à sac en 1936, a malgré tout conservé de ses origines préromanes trois "ajimez" (fenêtres à plusieurs ouvertures séparées par des colonnes).Elle a un plan en forme de croix latine.Les chapiteaux du porche sont romans.Dans la chapelle, des fresques datant du XVIe siècle représentent les quatre évangélistes.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

La cathédrale d'Oviedo

La Vega de Sariego - Oviedo

Parcours :

Cette 23e étape de 27,4 km (7h00 de pérégrination) est radieuse et nous fait basculer au cœur des Asturies. Il serait dommage de ne pas faire le petit crochet par l'église romane Santa Maria de NARZANA. Le porche qui se dresse dans le narthex est d'une rare beauté,de même que la nef sobre et très pure. L'approche d'une grande ville est rarement une sinécure... Heureuse surprise: pistes et chemins boisés  prédominent jusqu'à l'entrée de OVIEDO. La cathédrale qui se dresse droit devant nous nous fait oublier la laideur des faubourgs en agissant comme une promesse. Au Moyen Âge, de nombreux pèlerins faisaient le détour depuis LEON pour venir vénérer les reliques de la chambre sainte au sein de la cathédrale Saint Sauveur. Pour beaucoup, la pérégrination vers Compostelle n'avait de sens que si elle passait par OVIEDO. Au IXe siècle, le roi Alfonso II El Casto fut le premier souverain à prendre le chemin vers la tombe de saint Jacques au départ d'OVIEDO, inaugurant ainsi le Camino Primitivo. C'est dire si cette étape est historique et emblématique dans notre périple. Le vieux centre est par ailleurs superbe et très vivant, car OVIEDO est une ville universitaire de premier plan.

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

L'église Santa Maria de NARZANA (Nuestria Senora de la Concepcion), de la fin du XIIe siècle est perchée sur une petite colline d'où l'on a une vue prodigieuse sur les pics d'Europe et sur la sierra del Aramo. L'édifice est formé d'une nef unique dépourvue de bas-côtés , séparée du chœur par un arc de voûte. le magnifique portail, dans le style prédominant dans la région d'Oviedo et particulièrement à Villaviciosa, égrène des motifs floraux et géométriques sur trois archivoltes. Sur la partie gauche de l'imposte figure une scène étonnante de chasse au sanglier.Les sculptures remarquables, figurant sur les métopes et les corbeaux de la corniche surplombant le portail, requièrent toute l'attention du visiteur.La fondation de  POLA DE SIERO remonte au XIIIe siècle quand fut autorisée par Alphonso X la construction de demeures là où jusqu'alors n'existait qu'un hôpital pour pèlerins et pauvres fondé en 1141.On y trouve encore la chapelle de l'hôpital. EL BERRON: le palais de Meres est un magnifique exemple d'architecture civile asturienne du XVIIe siècle.Un parc soigné entoure le palais et la chapelle Santa Ana également remarquable. A GRANDA, l'église San Pedro garde encore quelques éléments du XIIe siècle et un très beau bénitier.A COLLOTO, le pont médiéval à deux arches qui enjambe le rio Nora était emprunté par les pèlerins.

Fondée au VIIIe siècle par le roi Fruela le vieille ville d' OVIEDO a un charme certain doublé du dynamisme des étudiants qui peuplent la cité. Alphonso II le chaste la fit rebâtir après qu'elle eu été dévastée par les maures, l'entoura de murailles et en fit la capitale du royaume asturien. Il y fit construire des bâtiments préromans , religieux et palatiaux.A partir du Xe siècle, des hordes de pèlerins accoururent à la basilique del Salvador , actuelle Camara Santa, pour vénérer les reliques qu'elle abrite.Au XVIIe siècle , Oviedo comptait cinq hôpitaux dédiés aux pèlerins et aux autochtones. La cathédrale a été bâtie entre le XIIIe et le XVIe siècle à la place qu'occupait l'église San Salvador , édifiée elle-même sur les ruines du sanctuaire construit par Fruela et détruit par les maures. Au cours des XVII et XVIIIe siècles , la cathédrale a reçu des ajouts: chapelles, sacristies et s'est étendue au point d'englober les constructions alentour comme la Camara Santa. Cette "chambre sainte" est l'ancienne chapelle du palais d'Alphonso le Chaste. elle se partage en deux niveaux:la chapelle San Miguel et la crypte Santa Leocadia. A l'entrée du sanctuaire, remarquer au-dessus de la porte la tête du Christ: l'artiste sculpteur a très nettement été influencé par le portique de la Gloire de la cathédrale de Compostelle. Les colonnes statues du XIIe siècle représentent les apôtres par deux. a gauche de la nef, la colonne centrale représente Saint Jacques muni d'un bourdon et d'un sac portant une coquille. Ces statues colonnes sont novatrices et montrent les expériences architecturales qui marquent le commencement du gothique. Le trésor se compose de diverses pièces : l'Arca Santa ou coffre reliquaire, la châsse des Agates offerte par Fruela (910), en or et argent , où sont incrustées quatre-vingt deux agates, la croix de la victoire (Xe) et la croix des Anges (IXe) La croix des Anges aux quatre branches d'égale longueur est devenue le symbole des Asturies et figure sur le drapeau de la province. Le cloître gothique héberge des statues polychromes. Admirer la finesse des fenestrages et la grande hauteur des croisées d'ogive.On peut observer un Santiago à cheval et une coquille sur un chapiteau à gauche de la salle capitulaire. Une porte s'ouvre sur le cimetière des Pèlerins. de même, dans le musée de la cathédrale, saint jacques est sculpté en bas-relief sur un panneau de bois.

La place de la cathédrale est très monumentale. Elle compte de nombreux édifices, dont le palais de Valdecarzana, du XVIIe siècle. On peut noter la présence de quelques statues contemporaines qui, de taille humaine, semblent se mêler aux badauds. Sur le côté, apparaît le chevet de l'église San Tirso, vestige d'un temple du IXe siècle.Non loin de là, le musée des Beaux-Arts, installé dans le palais Velarde, présente une intéressante collection de peintures d'artistes asturiens et flamands.Le musée archéologique, situé à l'arrière de la cathédrale, consacre deux salles à l'art préroman.Sa visite est une bonne introduction avant de se rendre aux monuments du mont Naranco. A travers les rues, des bâtisses coloréesaffichent des tons doux  (calle de Peso. A côté de l'Ayuntamiento, l'église San Isidore exibe une façade baroque de pierre ocre.Enfin, la Plaza de Daoiz y Vilarde, avec des nombreuses terrasses de café, est un endroit agréable pour se détendre.San Julian de los Prados (ou de Santullano) est l'une des églises préromanes qu'Alphonso II fit construire. Les remaniements du XIII et et du XVIIIe siècles n'ont pas altéré sa beauté et elle conserve la structure si particulière des églises préromanes: trois nefs déparées par des arcs en plein cintre soutenus par d'épais piliers carrés, un grand transept. Le chevet est formé de trois chapelles aux voûtes en berceau. Ses magnifiques fresques attestent de l'art pictural de cette époque.Son accès est rendu difficile, puisqu'elle se situe au milieu d'un nœud de vois rapides. Elle st même surnommée San Julien del Autopista....

Enfin il vous faut découvrir Naranco un peu excentré par rapport à Oviedo que vous pouvez inclure dans vos découvertes  du jour  ( dans ce cas le bus n°10 sera le bienvenu) à moins que vous l'envisagiez dans les premiers instants de votre étape du lendemain (Oviedo-Grado)....mais ne manquez pas cette superbe découverte qu'est notamment  l'église Santa Maria! (Vous trouverez le détail sur la présentation de l'étape suivante)

Office du tourisme de l'étape : NR

  

Faites dont 4,5 km de plus après Grado pour trouver une albergue à Villapanada....

Oviedo - Grado

Parcours :

24,9 km à parcourir en 6h15 pour cette 24e étape... Mais on ne saurait quitter OVIEDO sans aller admirer les édifices préromans de Naranco. Peut être l'avez-vous inclus dans la journée d'hier? Si cela n'est pas le cas  n'hésitez pas à vous y rendre même si cela  rallonge votre étape....Comme on dit: "NARANCO mérite de détour"! Désormais, et jusqu'à SANTIAGO,nous marcherons sur les traces du roi Alphonse II qui effectua ce voyage au IXe siècle. L'étape du jour serpente pour éviter au mieux les routes importantes. Les petits villages se succèdent avec leurs kyrielles d'ermitas  et d'horreos, reliés les uns aux autres par des chemins creux, ponts médiévaux et morceaux de "calzada" qui restent les témoins des passages ancestraux. A GRADO, rien ne subsiste de l'hôpital qui reçut les pèlerins jusqu'au XVIIe siècle, et la ville n'est guère attrayante. Pour passer la nuit peut être vaudra t-il mieux pousser jusqu'au village de VILLAPANADA qui dispose d'un refuge. Il est évident que cela rallonge d'autant plus l'étape surtout si vous avez inclus la découverte de NARANCO ce jour!

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

NARANCO nous fait admirer ce qui était à l'origine un palais entouré d'un jardin , édifié aux alentours de 848 pour Ramiro 1eret sa femme, la reine Paterna. Ce  n'est qu'au XIIe siècle que le palais sera transformé et consacré. L'édifice , de base rectangulaire, s'élève sur deux niveaux. le premier, la crypte, destiné vraisemblablement aux serviteurs et aux soldats, est formé d'une vaste salle voûtée donnant sur deux pièces adjacentes. Le second niveau, auquel on accède par un escalier extérieur, est l'étage "noble", formé d'une vaste pièce avec une voûte en plein cintre qui donne sur deux loggias. De l'extérieur, il semble y avoir un étage supplémentaire, mais ce niveau factice est destiné à augmenter la lumière qui pénètre dans l'édifice. Le travail sculptural est exquis.Trente deux médaillons , répartis dans tout le palais, en particulier à la retombée d'arcs-doubleaux , représentent des oiseaux, des lions stylisés ou des animaux fantastiques.Les chapiteaux sont finement ciselés, de même que les colonnes torses qui s'appuient sur les piliers. La décoration extérieure répond symétriquement à la décoration intérieure. L'église San Miguel de Lillo que Ramiro 1er avait fait construire au IXe siècle a été altérée au cours des XIIe et XIIIe siècles. Elle s'ouvre sur un narthex dominé par une tribune. Sa structure est caractéristique des églises préromanes: trois nefs séparées par des piliers. On peut observer les chapiteaux des colonnettes de la tribune, l'ornementation des pilastres, les "ajimez, ou fenêtres à meneaux, la rosace ajourée taillée dans un seul bloc de pierre et les jalousies. Les bas-reliefs sur les jambages de la porte méritent toute notre attention, ainsi que les fresques semblables à celles qui figurent dans l'église San Julian de los Prados.

Dès la sortie d'Oviedo nos pas se placent dans ceux du roi Alphonso II le Chaste qui entreprit le voyage jusqu'à Compostelle au IXe siècle. Les archives de SAN LAZARO PANICERES indique que la fondation du village remonte à 1331 avec la création d'une léproserie. A LLANPAXUGA, le chemin "officiel"et notre variante par le mont Naranco se rejoignent au détour d'une chapelle dédiée à sainte Carmen. La campagne pourtant si  proche d'Oviedo est restée intacte et de nombreux tronçons de l'itinéraire s'effectuent à l'ombre des chênes et des châtaigniers. Après LORIANA et surtout LA BOLQUINA,il faut savoir composer avec l’ère moderne et suivre le bord de la route, faute de mieux. VENTA DEL ESCAMPLERO ce premier collet sur le chemin primitif était une halte possible au Moyen Âge, puisqu'un hôpital s'élevait à cet endroit. La tradition d'accueil se perpétue avec un refuge installé dans les anciennes écoles rurales du hameau. La chapelle Santa Ana marque l'entrée du village de PREMONO . A PENAFLOR , le pont sur le rio Nalon fut construit au XVIe siècle mais a subi bien des remaniements. l'église San Juan mérite que l'on s'y intéresse , de même que les habitations blasonnées. GRADO a grandi avec la fréquentation du chemin primitif et le développement des échanges commerciaux. Aujourd'hui cette localité n'a pas grand charme mais on y trouve néanmoins le gite et le couvert.....

Office du tourisme de l'étape : NR

  

L'église de Salas

Grado - Salas

Parcours :

Aujourd'hui cette 25e étape sera de 22,3 km pour 5h40 de pérégrination. Depuis les guides précédents de Rando-Editions, la construction d'une autoroute est venue troubler le décor tout au long de l'étape. Le monstre de bitume ne nous empêchera pas d'admirer les villages fleutris et les prairies "décorées" de vaches rousses. Le cœur des Asturies a bien du charme et de l'authenticité comme disent les citadins. L'ail et le maïs accrochés dans les "horreos" de SAN MARCELO et de SANTA EULALIA DE DORIGA prouvent que ces constructions antédiluviennes servent encore. L'histoire aussi est très présente au cours de cette étape où tracés jacquaires modernes et anciens se superposent. Avec son église romane très trapue et sa ferme forteresse , SANTA EULALIA DE DORIGA mérite un arrêt. Le monastère del Salvador à CORNELLANA, est gigantesque. Les bâtiments conventuels abritent en outre un refuge pour pèlerins très confortable. Au terme de l'étape, le centre historique de Salas est de taille réduite, mais riche: murailles et tour médiévale, église gothique San Martin, d'allure quasi militaire. L'ensemble se concentre autour d'une place centrale égayée par des terrasses de café et qui se colore et s'anime pour de bon les jours de marché.

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

Le chemin nous mène à travers une campagne vallonnée, dans un paysage de bocage (vaches, céréales), où beaucoup de paysans travaillent à la main. L'agriculture est traditionnelle: faux, râteaux de bois, animaux de trait (chevaux, bœufs, ânes), emploi du fumier naturel transporté dans des brouettes. le très beau village de SAN MARCELO est hors du temps: très fleuri, une pommeraie avec une "ermita", de vieilles maisons, vergers, potagers,champs, près, pommeraies,figuiers...Le magnifique village de LA DORIGA abrite une ferme forteresse et la très belle église Santa Eulalia du XIIe siècle. On arrive au village par un chemin ombragé, on longe un ruisseau aux pierres moussues, puis on aperçoit sur la droite la ferme forteresse dominée par une tour crénelée. Il faut savourer ce plongeon dans le temps: tas de fumier devant les étables,écuries à l'intérieur même du village, dahlias,poulaillers aux mangeoires sculptés, linge séchant sous les korreos...Le chemin est vraiment primitif, comme l'art brut, il prend aux tripes. Sur l'écu du palais de la Doriga, figurent des coquilles. A CORNELLANA le monastère San Salvador fut fondé en 1024 par l'infante Cristina, fille du roi de Leon Bermudo II. Il ne s'agissait à l'origine que d'une exploitation agricole associée à une église. Un siècle plus tard, les comtes de Suero rénovèrent le monastère  et le confièrent aux moines de l'ordre de Cluny. Ces derniers étaient de fervents défenseurs des chemins de Santiago et administraient plusieurs monastères sur le Camino France, comme celui de Sahagun. Aujourd’hui, le monastère fait perdurer cet attachement au pèlerinage puisqu'il abrite un refuge quasi luxueux. L'église romane du XIIe siècle a été largement modifiée, comme le montrent la façade et les deux tours qui sont des ouvrages du XVIIIe siècle.Le retable principal est baroque.Cependant l'abside et le cloître sont romans. Le monastère a conservé également deux magnifiques portails romans. sur le plus ancien, appelé la Puerta de la Osa, ou porte de l'Ourse, on peut voir une ourse enserrant un enfant, et non, comme d'aucuns pourraient le croire, un ours s'accouplant à une femme. La ville de Cornellana présente la particularité de conserver de nombreux horreos. Le chemin poursuit son tracé  à travers la vallée de la Nonaya, consacrée à la culture du maïs et parsemée d'énormes horreos à huit piliers et de pigeonniers circulaires. A QUINTANA, village en amphithéâtre, le chemin passe devant l'église Santiago et la fontaine du même nom.Aucin doute, nous sommes sur le tracé ancestral. Le vieux pont de pierre avant d'entrer dans le hameau de CASAZORRINA confirme bien que l'itinéraire que nous suivons et le Camino Primitivo en font qu'un. Au Moyen Âge, SALAS jouissait d'une importance certaine.De ce passé médiéval, la ville conserve la tour de l'ancien château qui abrite à présent le musée d'Art préroman.Le chemin primitif passait sous le pont qui relie cette tour au palais des Valdés-Salas. Ce dernier bâtiment, bâti autour d'un patio, est un exemple d'architecture civile du XVIe siècle. Sa chapelle sert actuellement d'exposition, alors que le palais lui-même héberge un hôtel, la maison de la Culture et l'office de tourisme.Les jacquets s'arrêtaient à l'hôpital pour pèlerins dont subsiste la chapelle San Roque, alors que les diligences faisaient halte à la Casa de Malleza située à l'entrée de la ville. Non loin de là, le palais des comtes de Casares illustre l'architecture seigneuriale du XVIIe siècle.

  

Ayuntamiento deTineo.

Salas - Tineo

Parcours :

Courte étape de 18,8km (4h45 de pérégrination) qui, comme l'étape précédente a subi des chamboulements ces dernières années avec la construction de l'autoroute A-63. Les champs bordés de murets aux abords de Porciles ont conservé leur charme. Notre seul désagrément est la vue de quelques viaducs et giratoires hideux. Au delà, nous retrouvons les chemins creux qui se confondent avec la "calzada" ancestrale.Les chapelles et les églises de villages jalonnent notre parcours à un rythme soutenu, autant d'occasions de faire des pauses. La ermita San Roque qui annonce l'entrée de TINEO est flanquée de coquilles. Les habitants des alentours viennent vénérer le saint quotidiennement. La ville s'étage et s'étale à flanc de montagne. L'église paroissiale San Franscico  est l'unique vestige d'un couvent médiéval qui recevait les pèlerins. La plaza del Hospital  de los Peregrinos évoque cet hôpital disparu, an apportant la preuve que bien d'autres avant nous firent étape à TINEO.

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

Très vite en sortant de Salas, le chemin serpente à travers une forêt de chênes, de châtaigniers et montant en douceur pour atteindre le col de Espina, à peu de distance du hameau de PORCILES. A partir de là, le décor change radicalement . Nous sommes sur l'altiphano, l'air est vif, les horizons s'ouvrent enfin, alors que depuis oviedo nous cheminions surtout dans des décors fermés par des collines.Désormais, on accède à des paysages de bocage, avec des prés bordés de murets de pierre. LA ESPINA est le premier hameau rencontré après Porciles. C'était un carrefour important au Moyen Âge . Dès le XIIIe siècle, un hôpital fut fondé par Fernando Valdés-Salas pour accueillir les pèlerins.De nos jours La Espina compte une petite église Nuestra Senora de los Remedios (Notre-dame-des-Remèdes), ce nom laisse penser qu'elle pourrait constituer l'unique vestige de la  maladrerie médiévale Nuestra Senora de Bazar qui joua un rôle très important à partir du XIIIe siècle et qui dépendait directement de l'autorité de l’archevêque de Compostelle. Dans le plupart des hameaux, on trouve des églises aux clochers-murs, à l'instar de LA PEREDA où l'édifice a subi des ajouts regrettables. En revanche, à l'autre extrémité du village , la "ermita" del Cristo est adorable et bien fleurie , car le minuscule sanctuaire semble faire l'objet d'une dévotion constante. Le cheminement se poursuit sur des plateaux surveillés par des collines ou des montagnes au loin. L'itinéraire suit des chemins creux qui courent à flanc de colline en dominant ce paysage agricole. Champs de maïs et prés à vaches se partagent les lieux. Le très médiéval village de SANTA EULALIA marque encore une évolution dans l'architecture. Les horreos sont de plus en plus hauts et s'installent carrément dans les maisons, le tout prenant une allure de tours de forteresse. On ne voit plus de potagers ni de vergers.L'économie est de plus en plus tournée vers l'élevage et l'on commence à voir des chèvres.

L'arrivée à TINEO est marquée par la chapelle San Roque construite au XIVe siècle et qui a été plusieurs fois remaniée par la suite. Trois coquilles sur le blason du fronton rappellent le lien existant entre le saint et l'apôtre Jacques.La représentation de saint Roch à l'intérieur du sanctuaire est l'objet d'un pèlerinage local le 16 août.Par après, la ville nous accueille par un étrange cadran solaire dont le stylet est le bourdon d'un singulier pèlerin (très don quichottesque) en ferraille qui porte des coquilles avec une inscription en latin qui avertit le voyageur: "Viator horam aspice et abi viam tuam" (voyageur, regarde l'heure et continue ta route). Tineo doit son développement au roi Alphonso IX qui, durant un séjour en 1222 au monastère d'Obona, promulgua un édit selon lequel le chemin de Santiago devait passer par ce bourg et par Obona (positionné sur notre prochaine étape) malgré l'existence de voies plus directes, sous peine des plus sévères châtiments. Dans le centre-ville, l'ancien monastère San Francisco, fondé au XIIIe siècle,accueillait les pèlerins. L'actuelle église paroissiale, rebaptisée San Pedro constitue le seul vestige des bâtiments monastiques. Son portail se compose de trois belles archivoltes. Elle abrite le musée d'Art sacré. A quelques mètres devant l'édifice, un calvaire en granit montre une représentation naïve de saint Jacques.En descendant vers l'Ayuntamiento, on remarquera la façade gothico-Renaissance du palais de los Garcia de Tineo dont les armes sont apposées au-dessus du porche.Le palais de Meras, érigé au XVIe siècle, est un des rares exemples de la Renaissance asturienne. La ville garde de sa splendeur passée d'autres très belles maisons, bien qu'un peu délabrées, des trésors  cachés et oubliés.

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Le Palais de Cienfuegos ou Penalba

Tineo - Pola de Allande

Parcours :

On revient à des étapes approchant des 30km. Cette 27éme étape de 27km pourra être facilement scindée en deux en s'arrêtant pour la nuit au refuge de CAMPIELLO (la Casa Herminia est un excellent refuge privé) ou à celui de BORRES (pour ce dernier, prévoir des provisions, car le hameau ne dispose d'aucune commodité). Au départ de TINEO, un chemin creux profond et superbe nous emporte  à travers bois jusqu'au col de Piedratecha. Le ton est donné et l'étape sera belle. Le monastère Santa Maria Real de Obona oblige à faire un petit détour.N'hésitez pas, l'état de ruine des bâtiments  conventuels qui reçurent  les jacquets autrefois  est un lieu très émouvant. La suite de l'itinéraire vous fera côtoyer quantité de hameaux et autant de "ermitas" et... Dieu que la montagne est belle, comme le dit la chanson. Après LA MORTERA, le balisage évite le goudron, ce qui est une bonne chose en soi, mais augmente la somme des dénivelés positifs et garantit la boue les jours de pluie. Chacun jugera au mieux, le temps venu. La forteresse de Cienfuegos  domine la petite ville de POLA DE ALLANDE. D'autres villas d'inspiration coloniale  ornent ce bourg de montagne un peu austère. A l'heure du dîner,la gastronomie locale aussi roborative que succulente dévoilera ses secrets au marcheur fatigué.

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

Le monastère Santa Maria la Real de OBONA se niche dans un vallon dominé par la forêt. Ses origines sont incertaines. Il est vraisemblable qu'il date du XIIIe siècle. Il a été un centre économique et culturel de premier plan.Non seulement les moines y perfectionnaient des techniques de culture et d'élevage, mais ils y donnaient aussi des cours de latin, de philosophie et de théologie. Cette étape très importante sur le chemin de Santiago attirait de nombreux pèlerins qui y trouvaient l'hospitalité. Obona (eaux bonnes) est un lieu magique, envahi par la végétation.Les ruines, très "nom de la Rose" se dissimulent derrière un rideau végétal composé d'herbes, de lierre, de plantes.Ce lieu solitaire est dominé par de grands arbres qui se créent une lueur verdâtre un peu surnaturelle. On peut visiter l'église en demandant les clés à l'extraordinaire "Casa Santiago", café-quicaillerie-épicerie, une caverne d'Ali Baba... L'église, grande et sobre, a été construite selon les rigoureuses conceptions cisterciennes, avec trois nefs et trois absidioles.Sa pureté architecturale est un peu altérée par une surabondance de fleurs, de statues et de dentelles entretenues par des paroissiennes très dévotes. Le cloître et les dépendances datent du XVIIIe siècle, mais ne furent jamais achevés.

Le chemin se poursuit par le hameau de VILLALUZ qui dresse ses maisons de schiste assorties de leurs fours à pain.Tout près du beau bosquet de chênes au centre du village, se dresse une "ermita" blanche et une fontaine abreuvoir. Lieu idéal pour une pause! A CAMPIELLO la façade rose de la Casa Herminia porte une coquille au-dessus de la porte pour protéger le babyfoot qui trône dans la rue. La boutique fait épicerie, boulangerie et bistrot. BORRES possédait, dit-on, un hôpital au Moyen Âge. Les habitants perpétuent la tradition en recevant les pèlerins dans l'ancienne école aménagée en refuge. LA MORTERA: au Moyen Âge, avant la fondation de Pola de Allende au XIIIe siècle, les pèlerins ne descendaient pas jusqu'au rio Nison en raison du dénivelé important . Ils partaient plein ouest par des chemins de crêtes et les hameaux de Fonfaraon et de Valparaiso, puis rejoignaient le Camino Primitivo à Montefurado, après le col del Palo.Il subsiste des riuines de deux hôpitaux le long de cet itinéraire qui n'est guère praticable de nos jours. Le long du balisage officiel, pourtant, que la mongtagne est belle: forêt de chênes, digitales, puis la végétation devient plus rare. ces la lande, couverte de bruyère et de genêts où trottent des chevaux en liberté. très celte! L'ermitage San Roque se dresse en contrebas de la route, peu avant d'arriver à PORCILES. Le hameau abrite un petit musée de la vie rurale dans la montagne asturienne. En fait, une simple maison que le propriétaire José Manuel Boto, conserve telle que la conçut son grand père.

Avant d'entrer dans la ville de POLA DE ALLANDE, il faut admirer l'extraordinaire palais de Cienfuegos construit au XVIe siècle et qui coiffe un éperon rocheux . Pola de Allande fut fondée aux environs de XIIIe siècle afin de rassembler la population disséminée à travers la vallée.Capitale d'un des districts les plus isolés  et l'un des plus pauvres des Asturies, ce bourg a perdu les deux tiers de sa population qui a émigré à l'étranger durant la seconde moitié du XIXe siècle. Cela explique la présence d'un monument aux émigrants au milieu du jardin public. Au Moyen Âge, la ville était très active et très fréquentée par les pèlerins qui étaient accueillis dans trois hôpitaux différents et où ils pouvaient se remettre d'un périple pénible.Aujourd'hui le pèlerin ne trouvera un refuge qu'à Penaseita, à trois kilomètres plus loin sur le chemin. En revanche, à Pola de Allende, il peut se remettre de ses efforts en se régalant d'une cuisine roborative et savoureuse: "fabada, pote de berzas, repollo, pudin de verduras". Le restaurant "Allandesa" se met en quatre pour offrir un menu "del peregrino" assez représentatif de cette gastronomie locale.

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Refuge à la sortie de Berducedo

Pola de Allande - Berducedo

Parcours :

Petite étape de 17 km (4h15) mais sauvage et belle.... Ces mots  un peu racoleurs définissent pourtant à merveille le caractère de cette étape montagnarde. Avec le col du Palo, à 1146 mètres d'altitude, nous franchissons le point le plus élevé du Chemin Primitif. L'ascension par d'étroits sentiers est agréable, jamais pénible. La descente nous procure la sensation d'être très loin de la civilisation. d'ailleurs l'unique habitant deMONTFEFURADO vit un peu comme un ermite à deux pas de l'ermitage Santiago. Ici se dressait un hôpital au Moyen Age. Nous poursuivons à travers la lande à près de mille mètres d'altitude. Le hameau de LAGO sommeille aussi, les chats sur les rebords des fenêtres nous regardent passer. Nos pas résonnent dans le silence des forêts de conifères avant d'entrer dans BERDUCEDO. Les pèlerins du Moyen Age s'y arrêtaient déjà. L'antique hôpital n'existe plus, mais un refuge a été ouvert récemment et les bars, restaurants et épiceries du hameau permettront au pèlerin de trouver tout le réconfort nécessaire.

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

Avec ses 1146 mètres d'altitude le Col del Pano est le point le plus élevé de tout le chemin primitif, mais ne peut rivaliser avec les hauteurs atteintes sur le Camino Frances qui frisent les 15oo m à la Cruz de Ferro, dans les monts de Leon. Cependant, de Penaseita (Pola de Allande) jusqu'à Montefurado, le pèlerin progresse dans un paysage plus désolé et loin de tout hameau, à l'exception de LA REIGADA et ses deux ou trois fermes croisées au début du pèriple. La sensation de saut en arrière dans le temps et de perte de repères est ici plus forte, surtout lorsque neige et brouillard se mettent de la partie.

Le hameau de MONTEFURADO est perdu dans la montagne. On l'aborde par une large piste bordée de murets qui fait songer à une draille. La première construction rencontrée est la chapelle Santiago. L'ancien hôpital avec ses dépendances doit se cacher parmi les ruines des maisons. Une seule habitation est encore occupée de nos jours par un homme vivant en ermite.Avant le XIIIe siècle et la fondation de Pola de Allende, la variante montagnarde du chemin qui débutait à La Mortera rejoignait le Camino Primitivo à Montefurado. C'est dire l'importance du hameau à l'époque. LAGO se situe sur le tracé que suivaient les pèlerins médiévaux, puisqu'un hôpital s'élevait à côté de l'église Santa Maria. L'édifice actuel actuel date du XVIIIe siècle et il ne reste rien de l'antique hôpital.A défaut de lieu d'hébergement, Lago comprend un bar très rustique. Notre itinéraire suit en partie l'antique chemin que l'on appelait le Camino Frances, sans doute parce que des pèlerins venus de France empruntaient cette voie. Au Moyen Âge, BERDUCEDO comptait une auberge et un hôpital pour accueillir les pèlerins. Le village était alors assez important grâce à ses foires agricoles. Aujourd'hui Berducedo souffre de la désertification des campagnes et du vieillissement de sa population comme bien d'autres villages de la montagne asturienne. L'église Santa Maria, malgré des ajouts plus récents, date de la fin du Moyen Âge.

 

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La collégiale de Grandas de Salime

Berducedo - Grandas de Salime

Parcours :

Aujourd'hui, l'étape est assez courte: 19,4km (4h50 de pérégrination) mais guère reposante. Comme chacun sait, les descentes sont souvent plus pénibles pour les jambes que les montées. Les premiers kilomètres effectués à travers des paysages sauvages et souvent balayés par les vents d'ouest nous conduiront à un haut lieu jacquaire . De nos jours, BUSPOL n'est plus qu'une ferme d'élevage, autrefois , c'était un hôpital qui abritait les pèlerins venus affronter les glaciales solitudes. Tout à côté se dresse une minuscule "ermita" puis c'est le plongeon vertigineux (huit cents mètres de dénivelé) vers le barrage de Salime. Dans les années 1950, tout fut englouti, le village de Salime et bien d'autres hameaux, mais également les ponts médiévaux que les pèlerins d'antan empruntaient. Six kilomètres en montée par une route calme, puis un sentier balisé, sont nécessaires pour aboutir à GRANDAS DE SALIME. De la communauté monastique fondée au XIIe siècle ne subsiste que la très belle collégiale San Salvador. Ne pas oublier le musée ethnographique qui aide à comprendre la vie d'hier et d'aujourd'hui dans les hameaux des Asturies. Les habitants de GRANDAS DE SALIME viennent souvent du village englouti de Salime. Des photos anciennes dans les magasins et les bars évoquent ce passé nostalgique, un peu comme Portomarin sur le Camono Frances.

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

Des paysages de forêts puis de lande déserte, encadrent la marche jusqu-à LA MESA. Ce minuscule voyage, qui regroupe ses quelques bâtisses dans le creux d'une superbe vallée, possède une église rurale, la Magdalena, très simple et jolie. Les voix ont une qualité particulière dans cette montagne. Le refuge des pèlerins n'est autre que les anciennes écoles rurales. On peut y cuisiner à condition d'avoir pris soin d'emporter des vivres. Sinon, la Casa Rural propose des repas dans une atmosphère chaleureuse. Une piste mène à BUSPOL, ferme hameau perdue dans la montagne. L'ancien hôpital pour pèlerins a été reconverti en ferme consacrée à l'élevage. En face, se trouve le très montagnard ermitage Santa Marina qui abrite une iconographie naïve et une cloche fondue en 1327. Le chemin primitif suivait bien sûr un autre parcours que le nôtre. L'ancien tracé, dont la pente vertigineuse, terrifiait les pèlerins.Les deux ponts branlants qui leur permettaient de franchir le rio Navia ont été engloutis par la technologie du XXe siècle, ainsi que le village de Salime qui, à l'époque médiévale, comprenait un hôpital pour les pèlerins.La construction dans les années 1950 du barrage de Salime a considérablement modifié la configuration de la vallée et la vie de ses habitants. elle a poussé à l'exode des milliers de personnes, englouti quatorze villages parmi lesquels Salime qui lui a donné son nom.

Né en 1984à l'initiative de Losé Navieras Escanlar, alias Pepe del Ferreiro, dernier forgeron du village, le musée ethographique de GRANDAS DE SALIME perpétue un mode de vie rural traditionnel où la quasi-autarcie obligeait chacun à maîtriser des savoir-faire multiples.Ce musée ne se contente pas d'exposer des objets collectés. Il met en scène dans une composition dynamique et passionnante. Dans une maison asturienne qui illustre l'architecture populaire, sont agencées les pièces caractéristiques: une cuisine où sont rassemblés toutes sortes d'ustensiles, des chambres et une salle à manger, une "bodega", une salle ce classe, un salon de coiffure. Mais surtout le désir de transmettre cette culture de façon vivante se manifeste dans l'organisation de cours et d'ateliers, que ce soit dans la forge, dans l'atelier de tissage, chez le sabotier ou dans les deux moulins qui fonctionnent quotidiennement. L'église primitive qui a donné naissance à la collégiale del Salvador remonte au XIIe siècle.Ses modestes dimensions initiales ont considérablement crû en recevant au cours des siècles de nombreux ajouts: la tour, la salle capitulaire,les chapelles du transept, les deux sacristies, le narthex. L'édifice garde de ses origines romanes deux sépultures très sobres, ainsi que l'ancien portail à trois colonnes cylindriques et en spirale qui dominent les fonts baptismaux. L'église contient de très intéressants retables et de remarquables représentations de saint Roch et de Santiago. L'hôpital accueillant les pèlerins s'élevait autrefois à proximité de la collégiale (demander la clé au café).

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"La fontaine sacrée" de A Fonsagrada

Grandas de Salime - A Fonsagrada

Parcours :

Cette 30e étape de 25,4 km (6h40 de pérégrination)marque l'entrée en Galice après une lente montée jusqu'au col del Acebo. Cette nouvelle étape de montagne se stabilise et évolue entre neuf ents et mille mètres d'altitude. après un mois de marche et l'air vif aidant, les kilomètres se grignotent aujourd'hui sans qu'on y pense, d'autant que les paysages sont splendides et les hameaux nombreux.Ces lieux-dits ont peu de choses à dévoiler, si ce n'est de modestes chapelles pleuplées de statuettes naïves, des "horreos" et des lavoirs et une vie rurale encore vivace , chose étonnante dans une Europe technocratique, livrée à un libéralisme sans âme. Cette marche entreprise au Pays basque nous a montré que les modes de vie traditionnels persistaient encore dans bien des régions. En pénétrant en Galice, ce sentiment va se renforcer, nous abordons les confins des terres et de l'Europe. Peu de traces jacquaires, en revanche on parle d'hôpitaux qui s'élevèrent ici et là, à PENAFUENTE et à FRONFRIA. L'hospitalité allait de soi autrefois, il est probable que les pèlerins dormaient là ou la fatigue leur imposait un arrêt. A FONSAGRADA est un gros bourg tout blanc, connu pour ses foires à bestiaux.

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

Dès la sortie de Grandas de Salime, le balisage évite au mieux le goudron et court parallèlement à lui dans des chemins creux et ombragés qui se relient entre eux des hameaux minuscules.Des ermitages jalonnent le parcours. La petite chapelle de PADRAIRA, juste après CASTRO, est tout ce qui subsiste de l'hôpital léproserie médiéval.PENAFUENTE nous révèle la très jolie église en granite couverte de lichens Santa Maria à l'allure bretonne et dont le campanile se perd dans les arbres.Les comparaisons avec la Bretagne ne manqueront pas durant les jours à venir, car nous abordons la Galice, terre celte par excellence. En contrebas d'une ferme cossue , nous découvrons le premier horreo galicien qui a troqué le toit de lauzes pour le chaume.Près de l'église,la fontaine couverte d'un toit et dotée  deux jets, suscite d'âpres discussions entre les villageois, à travers deux clans opposés qui comparent la qualité de l'eau,chaque jet ayant sa propre source! Entre Penafuente et l'Alto de Acebo, les pèlerins médiévaux pouvaient marquer un ultime arrêt dans les Asturies à l'hôtel de Cuina, aujourd'hui disparu. Le col de Acebo n'est indiqué que par une "venta"et marque l'entrée en Galice. A partir de là, pour des raisons mystérieuses et inconnues du simple jacquet, les coquilles indicatrices sont inversées. On rencontre également la première borne jacquaire affichant le compte à rebours jusqu'à la cathédrale de Compostelle. PK.170km937. Un tel souci de précision rend perplexe! FONFRIA signifiant "eau froide" comprenait un hôpital placé sous la juridiction de San Juan de Portomarin. Ce lieu d'accueil offrait des chambres, une infirmerie et un lieu de prières et a joui d'une remarquable longévité puisqu'au début du XXe siècle, c'était encore un refuge administré par des hospitaliers.Le petit ermitage de PARADANOVA est trop récent pour que les pèlerins du Moyen Âge l'aient connu. Il abrite une croix étonnante: échelle, marteau, tenailles, cordes, tous les outils nécessaire à la crucifixion y sont représentés. L'architecture devient légèrement différente, plus austère. Les maisons arborent des toits à pans carrés en ardoise.

A FONSAGRADA (Fons Sacrata) a d'abord été un bourg, né autour d'une fontaine sacrée, objet d'une dévotion intense.Une légende rapporte que Santiago aurait fait jaillir du lait de cette source pour nourrir les enfants d'une pauvre veuve qui l'avait reçu avec beaucoup d'hospitalité. La fontaine est toujours visible en contrebas de l'église paroissiale . L'ensemble paraît avoir été remanié à l'exception d'une statue très ancienne de la Vierge.Des documents atteste que, dès la fin du XIIe siècle, des pèlerins passaient et s'arrêtaient dans la cité qui possédait un hôpital. A Fonsagrfada était également connue pour ses foires importantes qui assurèrent son développement économique jusqu'à ce qu'elle devienne en 1835 la capitale du district.C''est la ville la plus haute de Galice avec 952 m d'altitude.Elle possède de très belles maisons portant des blasons héraldiques et des bow-windows. La ville a connu d'importants mouvements de population. L'émigration a commencé dès le Moyen Âge: il s'agissait alors de repeupler les terres libérées par la Reconquista. Aux XIXe et XXe siècles, la population émigrait vers l'étranger et seulement un tiers est resté au pays.L'histoire de l'émigration est racontée au musée Comarcal.

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La mairie de Baleira

A Fonsagrada - O Cadavo - Baleira

Parcours :

Depuis 2005, le chemin s'est bien amélioré en évitant presque totalement le goudron jusqu'à l'hôpital de MONTOUTO. Une "ermita", des bâtisses en pierres sèches à demi-ruinées, c'est tout ce qui subsiste en ce haut lieu fondé en 1357 à l'attention des pèlerins.La suite de l'étape ressemble beaucoup à la précédente avec des passages en forêt , des navigations ventées à travers la lande et toujours ces hameaux où l'on note des évolutions dans l'architecture. Certains vieux bâtiments sont de forme semi-circulaire et baptisés "celeiros", ils servaient autrefois à garder chèvres et brebis. Les "horreos" aussi différent de ceux des Asturies par leurs formes arrondies et leur couverture de chaume. CADAVO BALEIRA dispose d'un refuge et de toutes les commodités, mais le bourg est plutôt triste. Les plus courageux auront tout intérêt à pousser jusqu'à CASTROVERDE, où toutefois ils ne trouveront pas de refuge et devront recourir à l'hôtel.

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

En quittant A Fonsagrada, les pèlerins avaient le choix entre deux chemins pour aller vers l'hôpital de MONTOUTO. Le premier dirigeait leurs pas vers A Pobra de Buron, village cité dès le XIIIe siècle . Il ne reste des bâtiments médiévaux que des traces d'un des trois hôpitaux, l'église Santa Maria Magdalena et une partie de la forteresse. L'autre chemin passait plus au sud par PADRON et VILARDONGO. De nos jours, cet ancien tracé que nous suivons louvoie avec la route C-630. L'hôpital de Montouto est situé sur la montagne du mê^me nom au sommet d'un col à 1050m d'altitude. Le roi Pedro 1er le Cruel, ému par les conditions difficiles dans lesquelles les pèlerins cheminaient, fonda cet hôpital en 1357. Et Real Hospital de Montouto était destiné à secourir les pèlerins dans le besoin et bénéficiait de rentes privilégiées.jusqu'au début du XXe siècle, un "hospitalero" accueillait encore les pèlerins, et sa chapelle était un lieu d'une "romeria" en l'honneur de saint Jacques.A présent tout n'est que ruines, mais c'est un lieu magique, un enchantement où, malgré la proximité des éoliennes, on plonge dans le Moyen Âge des pèlerins.A quelques mètres du site, un dolmen témoigne de rites encore plus ancien. PARADAVELLA est un toponyme "Parada Vella " qui signifie ancien arrêt atteste du passage des jacquets. Dans ce hameau, qui a conservé son aspect ancien, on découvre les premiers beaux exemples d'architecture locale, les "pallozas" qui voient parfois leur chaume devenir de simple tôle ondulée pour des raisons économiques. Il s'agit d'habitations ancestrales de plan arrondi, aux murs bas montés à l'aide de pierres plates, souvent du schisme, et couvertes d'un toit de chaume. Ces maisons rurales sont dérivées des huttes de la préhistoire. A Degolada, les "cileiros", maisonnettes de pierre dont un pan est arondi, servaient à garder  chèvres et brebis. O CAVADO BALEIRA est la capitale du district de Baleira. Elle est la seconde ville d'importance que croise le pèlerin sur le chemin primitif galicien. On dit que le roi Alphonso II le Chaste combattit une armée de maures, dans le lieu tout proche appelé Campo de Matanza, c'est à dire le camp de la Tuerie. Ce qui est plus sûr, c'est que le roi asturien est bien passé dans la région entre 820 et 830, dans les années qui ont suivi la découverte du sépulcre de l'apôtre.

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De la muraille de Lugo, vue sur la cathédrale

O Cadavo Baleira - Lugo

Parcours :

Avec cette étape de 30,6 km (8h00 de pérégrination) on retrouve des monuments plus imposants que les derniers jours et aussi des références jacquaires. A VILABADE, l'église gothique Santa Maria a été bâtie sur le site d'un monastère plus ancien fondé en 1207 par saint François d'Assise en personne.L'église actuelle compte plusieurs représentations de saint Jacques dont un belliqueux Santiago Matamoros. CASTROVERDE s'annonce de loin par une tour médiévale, dernier vestige du château d'Altamira. L'église paroissiale est consacrée à l’apôtre. Le parcours jusqu'à LUGO est un peu tortueux, mais il a le mérite de nous tenir longtemps à l'écart du goudron. La vieille ville de LUGO abritée derrière ses murailles romaines nous donne un avant-goût de Compostelle. Le même granit habille les façades des habitations ou de la cathédrale. Les motifs baroques de l'édifice reprennent ceux de la cathédrale de la place de l'Obradoiro, en beaucoup plus modeste toutefois.

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

L'église gothique de VILABADE a été bâtie au XVe siècle par don Fernando de Castro sur les ruines d'un monastère vraisemblablement fondé par saint François d'Assise en 1207 et qui accueillait des pèlerins. Remanié au XVIIe siècle , l'édifice possède un très beau retable baroque, oeuvre de maîtres compostellans, dominé par un Santiago Matamoros. A l'entrée, le pèlerin d'une fresque continue d'avancer à grandes enjambées. formant un angle avec le ortique de l'église, le manoir de Abraira-Arana, ou de Vilabade, ferme la place. Il s'agit d'un très bel exemple d'architecture patricienne de la campagne galicienne, reconverti en un  luxueux gite d'étape. Le joli village de CASTROVERDE, qui au XVIIe siècle comptait deux hôpitaux pour pèlerins, conserve de belles maisons de pierre claire blasonnées. La tour de l'Hommage est le seul vestige de l'ancien château de Lemos qui appartenait aux seigneurs féodaux d'Altamira. L'église paroissiale dédiée à l'apôtre abritait une statue de bois de Santiago Matamoros qui figurait sur le retable. Elle a été vendue dans les années 1960 par le curé qui revint fièrement avec une statue du même Santiago d'une hauteur double mais dépourvue de valeur.Toutefois l'église recèle une petite statue de la Vierge provenant du château. Ce village cultive les paradoxes: la fontaine qui, parait-il, procure une très bonne eau (car filtrée par le sable), avertit qu'elle est non potable  et les maisons sont faites de granit taillé si régulièrement qu'il imite les parpaings. Dès la sortie de Castroverde, le chemin traverse quantité de hameaux et de lieux-dits dont il est difficile parfois d'identifier le toponyme exact. Au travers d'appellations en galicien, on trouve souvent des références au chemin: SAN MIGUEL DO CAMINO, CASA DE HOSPITAL (qui abritaitun hôpital au Moyen Âge ) et enfin, non loin de Lugo, SANTIAGO DO CASTELO

Le marcheur contemporain entre à LUGO par la Puerta de San Pedro, une des dix portes de la ville, comme tous les pèlerins auparavant, y compris le roi Alphonso II le Chaste en 829. Lugo "Lucus Augusti" est entourée de murailles romaines des IIIe et IVe siècles, classées Patrimoines de l'Humanité, les seules d'Europe à être complètes. Longues de plus de deux kilomètres, elles atteignent jusqu'à 7m d'épaisseur par endroit sur une hauteur comprise entre 8 et 12 m et conservent quatre-vingt-deux tours sur les quatre-vingt-cinq initiales, bien que toutes ne soient pas de la même époque.En se dirigeant vers la cathédrale, on passe devant la Plaza Mayor occupée par un vaste jardin rectangulaire autour duquel des arcades ombragent des terrasses de café. La Casa de Consello, l'Ayuntamiento, de 1738, offrent un bel exemple du baroque civil galicien. En 1129, Raymond de Montfort débuta  la construction de la cathédrale de Lugo qui aurait été poursuivie par Mateo, le bâtissur de celle de Compostelle. Le tympan du portail nord porte une superbe sculpture romane de la fin du XIIe siècle représentant un Christ Pantocrator ou Christ en gloire (dans une mandorle). La porte elle-même est ornée d'une ferronnerie datant du XIIIe siècle. La carole et les chapelles rayonnantes sont de style gothique. Le chœur et le retable principal sont des apports de la Renaissance. Les pèlerins s'arrêtaient longuement pour prier devant le saint sacrement exposé sans interruption  depuis le XIIe siècle. Ils se recueillaient également dans la chapelle de la Virgen de los Ojos Grandes (la Vierge aux grands yeux). Cette chapelle est, comme le cloître, l’œuvre de Fernando Casa y Novoa, l'architecte de l'Obradorio de la cathédrale de Santiago. A côté de la cathédrale se niche la petite Plaza di Campo, présidée par une fontaine, et qui, au Moyen Âge, accueillait le marché. Un peu plus loin, l'ancien couvent des franciscains a gardé son église. La cuisine et le cloître roman font partie du Musée provincial  riche en témoignages d'archéologie, d'ethnographie, de traditions et d'art galiciens. On pourra y admirer une magnifique collection de bijoux préromans, en particulier le fameux torque en or de Burela qui pède presque deux kilos.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

L'église de San Roman da Retorta

Lugo - San Roman de Retorta

Parcours :

Après plus d'un mois de pérégrination, l'étape de ce jour nous paraîtra bien courte: 17,8 km demandant 4h30.... SAINT ROMAN DA RETORTA est en effet le seul lieu envisageable pour passer la nuit avant Mélide. Le tracé est évident, rectiligne comme si le chemin sentait l'écurie  à moins de cent kilomètres de Santiago et qu'il pressait le rythme. Pourtant passée la porte de saint Jacques et franchi le pont romain, dès la sortie de LUGO la campagne galicienne incite à la flânerie. Elle s'exhibe avec ses murets, ses "horreos" et ses choux qui dandinent leur tête haut penchée. Parfois, on quitte la route récente pour emprunter l'antique "calzada", un chemin creux sombre et dallé, presque parallèle au bitume. La vraie richesse du jour se situe hors chemin. Il serait presque impardonnable de ne pas faire le crochet par SANTA EULALIA DE BOVEDA. Le hameau est déjà intéressant avec son habitat traditionnel en granit, mais il faut absolument visiter la chapelle paléochrétienne, découverte au début du XXe siècle sous l'église paroissiale. ses origines sont obscures, mais certains affirment que l'édifice remonte au IVe siècle. Au terme de l'étape, SAN ROMAN DA RETORTA ne compte qu'une petite église entourée de son cimetière, le refuge et un bar. Le patron du bistrot est un bavard impénitent. A le laisser parler, à condition de comprendre un castillan mâtiné de galicien, vous saurez tout sur le passage des jacquets par SAN ROMAN au fil des siècles.

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

Pour quitter Lugo au Moyen Âge, on empruntait la Puerta Mina pour retrouver la voie romaine d'Iria Flavia. A partir du XVIIIe siècle, au cours de travaux d'urbanisme destinés à améliorer la circulation engorgée de Lugo, la Puerta Santiago fut remodelée et commença à être privilégiée . Un Santiago Matamoros placé dans une niche surveille les pèlerins.Les deux portes de sortie mènent à la Calzada de Ponte qui dégringole vers le rio Mino.Le pont Vella fut édifié par les romains au 1er siècle de notre ère et fut reconstruit au XIIe siècle puis réaménagé au XIVe. Enfin, le XVIIIe siècle modifia profondément l'ouvrage dont les seuls éléments romains sont les fondations. Le pont débouche sur la Estrada Vella de Santiago, la vieille route de Santiago. Le paysage devient de plus en plus celtique : prés, bois, maisons de granit, murets fait de dalles en ogive séparées par des empilements de pierres, horreos... Le chemin mène à SEOANE, dont l'église de granit, très ancienne, arbore une rosace de pierre au-dessus du porche.L'édifice appartenait, comme toutes les terres alentour, à l'évêque de Lugo à qui les paysans voisins versaient une somme destinée à la construction de la cathédrale de Santiago.Le chemin traverse ensuite O BURGO, village qui disposa d'un hôpital de pèlerins et dont l'église San Vincente de granit gris, dotée de clochetons, est un magnifique exemple de baroque rural galicien.

Hors chemin: à 14km de Lugo et à 3km du chemin vous pouvez découvrir de village de BOVEDA au sein d'un canton riche en vestiges archéologiques:tumulus néolithiques, "castros"de l'âge de fer, ainsi que la voie romaine qui reliait Lugo à Braga. Le village a conservé tous les éléments de l'architecture locale traditionnelle. Les maisons sont faites uniquement de pierres emplilées, sans aucun recours à quelque mortier que ce soit. Au sein de Boveda,l'église paléochrétienne Santa Eulalia, mise au jour en 1926, prend place sous l'église paroissiale. Il ne reste que peu de choses de l'édifice déterré  et qui comprend 2 niveaux.Il ne reste que peu de choses de l'étage supérieur, en revanche le plan inférieur est quasiment complet. Il comprend trois nefs séparées par des arcades et une abside rectangulaire . Au centre, un bassin creusé est équipé d'un système de régulation du niveau de l'eau. Les murs sont couverts de fresques exquises réalisées au IVe siècle et représentant principalement des oiseaux.Les bas-reliefs de l'entrée seraient plus anciens et leur signification plus mystérieuse.Plusieurs hypothèses ont été élaborées quant à l'origine du sanctuaire.Il a été identifié comme une église paléochrétienne . Cependant, la piste creusée en son centre laisserait croire qu'il s'agissait d'un temple romain dédié à des divinités liées à l'eau, par exemple les nymphes, dont le culte était très populaire dans la Galice romaine. Puis, le temple aurait été transformé en lieu de culte chrétien et le bassin reconverti en baptistère.

De retour sur le chemin, on traverse le hameau de BACURIN. L'église romane dédiée à San Miguel a été érigée au XIIe siècle et l'on remarquera son portail aux voussures torées et son tympan bilobé. Très proche, le manoir San Miguel présente un très beau portail. De superbes chemins creux "corredoiras" mènent à MERA où se dresse son adorable église San Pedro. A SAN ROMAN DA RETORTA l'ermitage roman du XIIe siècle siège au milieu d'un cimetière. A proximité, des maisons en pierre de taille montent la garde le long du vieux chemin médiéval qui a recouvert la voie romaine. Au pied de l'église, on a disposé une relique de la borne romaine qui a été transporté à Astorga.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

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L'église Santa Maria de Mélide

San Roman da Retorta - Melide

Parcours :

Derniers instants de solitude.... Au terme de cette 34e étape de 27,4 km (7h de pérégrination, notre "Camino Primitivo" rencontrera le "Camino Frances" et ses foules de pèlerins. La route jusqu'à  Santiago n'en sera pas moins belle pour autant, mais peut être aurons-nous le sentiment de ne plus faire l'école buissonnière et d'être rentrés dans le rang . Au départ de SAN ROMAN DA RETORTA, deux itinéraires sont possibles pour rallier FERREIRA. Par SEIXALBOS et XENDE, les bornes jacquaires suivent le goudron ou prennent le risque de se perdre dans la végétation. L'autre variante, par la Calzada Romana, plus courte de deux kilomètres et plus conforme à la tradition , nous a semblé aussi plus agréable. Cet itinéraire, marqué de flèches jaunes, nous fait passer par BURGO NEGRAL et PACIO, des hameaux austères et perdus, avant d'atteindre le rio Ferrieira et son élégant pont romain. Un seul balisage à présent nous achemine vers MELIDE. En passant HOSPITAL DAS SEIXAS, ne cherchez pas les traces d'un quelconque hôpital pour pèlerins, il a disparu ou se bien se cache derrière les murs d'une très vieilles fermes que compte le hameau. MELIDE possède quelques édifices intéressants. Vous remarquerez aussi que la renaissance du Camino a ressuscité les marchands du temple!

Dénivelé :

Description du dénivelé

Curiosités :

Au départ de San Roman da Retorta le balisage se divise en deux itinéraires qui finissent par se rejoindre après 8 kilomètres. Le parcours le plus au su, qui passe par Santa Cruz da Retorta et Vilamayor de Negral s'accomplit principalement sur le goudron et quand il s'aventure sur les sentiers de terre, c'est à deux reprises pour s'y perdre. C'est pourquoi nous lui préférons la variante par la Calzada Romana qui emprunte un itinéraire plus au nord.Le chemin évolue à travers la landeset traverse des hameaux aux noms évocateurs, tel BURGO NEGRAL, où le lavoir est encore en activité et l'architecture montagnarde très austère. Comme il a été dit précédemment , les deux branches du chemin se retrouvent pour franchir d'un seul élan le petit pont romain formé d'une seule arche à FERREIRA. Ce modeste ouvrage atteste le passage de la chaussée romaine, il y a 2000 ans. La voie antique a d'ailleurs été reconstituée avec les dalles d'origine sur une centaine de mètres après la sortie du pont.

A partir de SAN XURXO DE AUGAS SANTAS: Il existe deux possibilités pour rejoindre le Camino Frances. Le premier itinéraire rejoint la ville de Palas de Rei située à soixante-six kilomètres de Compostelle, tandis que le second permet de rallier Mélide, distante de cinquante-quatre kilomètres de Compostelle.La seconde option raccourcit la distance totale et paraît tout aussi agréable que la première.... En conséquence, "en avant vers Mélide".

Dès la sortie d'OSPITAL DAS SEIXA, le balisage et chemin ancestral s'unissent pour franchir l'ultime col du chemin primitif. L'ascension modeste s'achève sur une crête de la sierra de Careon, gardée par une armée d'éoliennes qui surveille la frontière entre la province de Lugo et celle d'A Coruna.Les pins odorants et une lande de genêts et bruyères accompagnent notre descente vers VILOURIZ. Dans ce village, les treilles couvertes de raisins sont supportées par des piliers de granit, ce qui est particulier à la Galice et la région de Minho, au Portugal. La ville de MELIDE, considérée comme le centre géographique de la Galice, se trouve au point de jonction du Camino Primitivo et du Camino Frances. C'est dire que cette cité est riche en histoire jacquaire. Dès l'entrée de Mélide, la chapelle San Roque accueille le pèlerin. Son portail provient de l'ancienne église romane San Pedro, dont rien d'autre ne subsiste. A côté, se dresse le calvaire du XIVe siècle qui, selon certains, serait le plus ancien de Galice. Plus loi, sur la Plaza do Convento, l'église paroissiale, vestige de l'ancien couvent franciscain Sancti Spiritus, a conservé des sépultures du XVe siècle, une nef gothique, un retable baroque et une représentation de Santiago. Le musée Terra de Mélide occupe l'ancien hôpital de pèlerins Sancti Spiritus, construit en 1375 et rénové au XVe siècle, qui contenait vingt quatre lits et pouvait accueillir le double de personnes puisqu'au Moyen Âge , il était habituel que les lits soient partagés. Au-dessus de la porte figurent une coquille et des blasons. a côté de la chapelle San Anton, se trouve la Casa do Consello, ancien palais du XVIIe siècle.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

A l'Alto de Santa Irene 1km avant le refuge de la Xunta

Mélide - Santa Irene

Parcours :

Longue étape de 30,8km (7h15 de marche).... Les deux dernières étapes du voyage totalisent une cinquantaine de kilomètres à elles deux. Chacun les découpera comme bon lui semble, selon sa forme physique, son humeur et ses goûts. Dormir à SANTA IRENE assure une nuit supplémentaire dans un refuge en pleine campagne , scindant équitablement les distances. L'étape de trente kilomètres suit un parcours labyrinthique reliant entre eux des hameaux lilliputiens et des fermes. Dès la sortie de MELIDE, on découvre un joli patrimoine  et des traces jacquaires en grand nombre  avec l'église Santiago à BOENTE, l'ancien hôpital à RIBADISO (redevenu un refuge après travaux)ou encore des toponymes se référant au chemin, tels CALZADA ou BREA. Dans cette région de la Galice, on retrouve les plantations d'eucalyptus que nous avions quasiment perdu de vue depuis l'entrée dans les Asturies. Nous côtoyons aussi depuis ce matin des drôles d'individus affublés de sacs à dos et chaussés de godillots, peu comme du reste: on les appelle les pèlerins de Compostelle!

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

A la sortie de Mélid, on se dirige vers l'agglomération de Santa Maria qui jouxte à présent Mélide. Il serait dommage d'ignorer l'église romane du XIIIe siècle de Santa Maria.L'édifice, dont on remarquera le très beau chevet, est précédé par un intéressant calvaire. De part et d'autre du portail à colonnes, des niches en ogive hébergent des sépultures. La nef unique et l'abside semi-circulaire abritent des fresques du XVIe siècle, ainsi que l'autel roman d'origine.Puis le pèlerin se dirige, au milieu d'un bosquet d'eucalyptus, vers le rio Raido que de grosses dalles de granit moussues permettent de franchir. A PEROXA, on retrouve avec plaisir de belles maisons et des vieilles fermes traditionnelles, accompagnées de leurs horreos, alors qu'ailleurs le progrès tend à imposer à leur détriment des constructions modernes. Ici, la vie rurale resre inchangée malgré les hordes de pèlerins. A BOENTE, la Fuenta de Saleta, à côté d'un calvaire, accueille le pèlerin, et les innombrables coquilles qui ornent les portails lui rappellent, si besoin en était, qu'il est bien en route vers Compostelle. L'église romane Santiago a été reconstruite en 1826. Le granit ayant servi à ériger l'édifice provient de la carrière ayant alimenté, au VIIIe siècle , la construction de la cathédrale de Compostelle.Une chaîne sculptée sur le pourtour de l'autel, à l'arrière duquel sont représentées des coquilles, symbolise l'union entre les fidèles et l'eucharistie. Au centre du retable du XVIIIe siècle figure un saint jacques pèlerin, dominé par un Matamoros portant haut l'étendard frappé de la croix templière. Deux saints français sont représentés de chaque côté de la nef: saint Roch et Notre-Dame-de-la-Salette. Toutes les statues, sauf une, sont en bois de châtaignier, bois rebelle aux parasites. Selon Aymery Picaud, c'est à CASTANEDA que les pierres ramassées à Triacastela par les pèlerins sur le Camino Frances achevaient leur voyage. elles alimentaient les fours à chaux  chargés de pourvoir aux besoins du chantier de la cathédrale de Compostelle.Ainsi, les petites pierres qu'apportaient les pèlerins médiévaux depuis les carrières de Tricastella  ne jouaient pas qu'un rôle symbolique dans cette construction. RIBADISO est, comme son nom l'indique,situé sur les rives du fleuve Iso qu'enjambe un vieux pont à une arche.Le magnifique refuge occupe l'ancien hôpital de pèlerins San Anton (la maison contiguë au chemin), ainsi que les maisons particulières environnantes assorties de leurs dépendances. L'un des bâtiments était autrefois un atelier de fabrication de chandelles. La petite ville d'ARZUA arbore, malgré sa modernité, quelques traces jacquaires. Le fronton de l'église Santiago porte un écusson sur lequel figure une coquille. Plus loin, la chapelle de La Magdalena a vu passer des jacques, puisqu'elle date du XIVe siècle. Le sanctuaire gothique faisait partie d'un couvent qui comprenait un hôpital. Il abrite deux sépultures ornées de gisants. La chapelle a été désacralisée et reconvertie en salle d'expositions. La petite chapelle SANTA IRENE est située en contrebas de deux routes, dans un creux, modeste et impavide. Perdue au milieu des arbres, elle est propice au recueillement. Il s'agit de la dernière étape avant d'arriver à Compostelle.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

A force de courage et d'abnégation: La récompense!

Santa Irene - Santiago de Compostela

Parcours :

Ultime étape de 23,3 km (6h) de pérégrination.... Durant ces derniers instants de calme, beaucoup songeront au chemin parcouru avec la joie de toucher au but, tandis que beaucoup d'autres sentiront leur gorge se serrer à l'approche du dénouement. La tentation sera peut être grande de s'arrêter encore une fois. A LAVACOLLA par exemple, afin d'accomplir le voyage dans les règles et la tradition. LAVACOLLA était un arrêt obligé pour les pèlerins médiévaux, l'occasion de sa laver  ("lava colla": est-il besoin de traduire?), de mettre ses affaires en ordre et de se faire beau avant d'aller honorer saint Jacques. Mais lorsque surgissent les autoroutes avec leurs échangeurs et l'aéroport de Santiago, on comprend que LAVACOLLA appartient déjà à l'épilogue d'un voyage entrepris il y a plus d'un mois. La descente vers la ville depuis le Monxoi  s'accompagne de doute. Trop d'effervescence secoue les faubourgs, les noms ressuscitent le passé et pourtant le modernisme recouvre tout. Il faut franchir la Porta do Camino et pénétrer dans la vieille ville. Alors Santiago se dévoile  et votre émotion va grandissant au fil des rues, des places et des ruelles. Un porche et quelques marches à descendre, et vous voici place de l'Obradoiro. Le chemin a tenu sa promesse jusqu'au bout. A vous de poursuivre votre propre chemin.

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

Après le village de SAN PAIO, le pèlerin médiéval, désireux de faire honneur à saint Jacques, profitait du cours d'eau à LAVACOLLA pour se laver de pied en cap en passant par le milieu. En effet Lavacolla s'appelait Lavamentula , "mentula" désignant les "parties basses" du corps. Puis, arrivé en haut du Monte do Gozo (Montjoie), il apercevait pour la première fois la ville sainte, ce qui explique le toponyme donné par les pèlerins français.Il s'émerveillait d'être parvenu vivant au bout de son périple et se précipitait pour achever son pèlerinage.Dans son récit, le pèlerin Domenico Laffi raconte qu'arrivé à ce point, il entonna me "Te Deum" et poursuivit sa marche en chantant jusqu'au centre de Compostelle.Aujourd'hui, le paysage a bien changé. A SAN MARCOS, les vieilles maisons sont restées debout à côté des habitations contemporaines, mais elles ont été abandonnées comme des coquilles vises. Le Monte de Gozo est occupé par un monument commémorant la venue du pape Jean-Paul II en 1993: tout près de là, s'élève la chapelle San Marcos. Dans la descente, on découvre un énorme centre pouvant accueillir jusqu'à mille cent personnes et l'urbanisation diffère la vision de Santiago.Mais qu'importe, la ville est là! Avant d'y parvenir, il faudra néanmoins emprunterun parcours urbain qui fait traverser le quartier SAN LAZARO où existait une léproserie fondée au XIIe siècle. A l'extérieur des murailles se dresse un superbe calvaire du XVe siècle, O Cruceiro do Home Santo, orné de scènes sculptées. Le saint homme en question serait un homme qui, condamné à être exécuté , aurait, sur le chemin du supplice, invoqué la Vierge avec ses paroles: "Mina Vixe Santa; ven e valme" (Sainte Vierge, viens et aide-moi). La Vierge aurait procuré au malheureux une mort instantanée lui évitant ainsi le calvaire. Selon les légendes, il s'agirait d'un forgeron ayant participé à des "jacqueries" contre l'archevêque de Compostelle ou bien d'un étudiant qui, surpris près du corps d'un homme auquel il avait porté secours, aurait été injustement accusé.

Le pèlerin pénètre dans la vieille ville de Santiago par la Puerta del Camino. Le granit gris orne les façades des édifices ou des simples demeures, les dalles des ruelle, les fontaines et les statues alors qu'il chemine par le Callejon de las Animas ou la plaza de Cervantes. Dans la calle Azabacheria, il trouve encore des joailliers qui travaillent le jais (jais se dit "azabache" en espagnol),et la via Sacra le mène efin devant la cathédrale. Assurément, l'endroit a bien changé depuis qu'Alphonso II le Chaste fit élever, dans la première moitié du IXe siècle, un monument pour abriter la sépulture du Fils du tonnerre (saint Jacques) qui venait juste d'être découverte. Le temple, édifié ensuite par Alphonso III le Grand en 899, fut détruit par Almanzor un siècle plus tard. En 1075, commença l'édification de la basilique romane. Au fil des siècles, son apparence fut considérablement modifiée par des adjonctions importantes: tours, cloître, façade baroque.

La découverte de la ville nécessiterait de très longs chapitres tellement elle est riche en témoignage du passé... De ce fait nous avons cru bon de créer un lien vers la page Wikipédia qui nous apparaît, en dehors d'un rappel historique non négligeable, recenser les lieux et monuments que tout pèlerin ne saurait ignorer.... avant peut être de poursuivre vers Finistera!

Office du tourisme de l'étape : NR

  

Le Pazo ou palais de O Coton à Negreira (forteresse médiévale)

Santiago de Compostela - Negreira

Parcours :

Une étape de 20,7km pour 5h15 de pérégrination. Ce sera la première après Santiago et la 37e étape si vous considérait que Compostelle n'était qu'une étape avant la fin des terres. Lancée d'une façon abrupte,la phrase pourrait surprendre et choquer le marcheur venu jusqu'à Saint Jacques, qu'il soit chrétien fervent ou simple randonneur . Pourtant, des le Moyen Age nombreux étaient ceux qui poussaient leur chemin jusqu'au cabo Fisterra, ne serait ce que pour rapporter avec eux les fameuses "conchas", "vieiras" ou coquilles Saint Jacques . La sortie de Compostelle promet le plus beau point de vue sur la ville et la cathédrale. Mais il faut déjà regarder devant soi, retrouver les sentiers forestiers, les eucalyptus, les "horreos" et toute la faune des basses-cours. Un petit bijou vous attend sur les rives du rio Tambre. PONTE MACEIRA est un village modeste, mais d'une beauté presque parfaite. Pont médiéval, chapelle San Vrais et calvaire, demeures aux allures de manoirs bretons. Tout est taillé dans une pierre de granit dont on se plaît à caresser le grain. NEGREIRA n'a pas autant de charme à dévoiler, mais son refuge vous abritera pour la nuit. Le moment fugitif de goûter pleinement au plaisir d'avoir retrouvé le Chemin...

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

On aurait pu penser que la place de l'Obradoiro était une fin en soi et que toute tentative pour en sortir et poursuivre plus loin ne pourrait se concevoir qu'au prix d'un tracé labyrinthique tiré par les cheveux et semblant mener nulle part. Bien au contraire: une sortie dérobée à un angle de la place la plus célèbre de Compostelle nous fait descendre la rua das Hortas, qui file aussitôt, rectiligne et toute tendue vers l'ouest. Un tracé aussi volontaire révèle un itinéraire longuement emprunté et foulé par les cohortes du passé. Une superbe chênaie entoure les murs d'enceinte de l'ancien monastère San Lourenzo, qui fut fondé en 1216 par l'évêque de Zamora, martin Arias. Cédé aux franciscains à la fin du XIVe siècle, il demeura entre les mains des moines jusqu'à la promulgation des lois de "Desamortizacion"de Mendizabal en 1836, date à partir de laquelle, il devint une propriété privée appartenant à la duchesse de Medina de la Torres. L'église médiévale a reçu des ajouts Renaissance et baroque. Le cloître, avec ses buis taillés, est d'une remarquable élégance. SARELA DE BAIXO, hameau perché sur une colline n'a d'autre intérêt que sa vue magnifique sur la cathédrale et la vieille ville de Compostelle.C'est l'occasion de voir une dernière fois, et dans sa totalité, la façade du sanctuaire de l'apôtre qui miroite de mille feux dans le soleil couchant.A partir de ce point, le chemin se faufile à travers des forêts d'eucalyptus et croise des hameaux. QUINTANS est un coquet village avec des habitations de granit, des horreos et des treilles chargées de vignes.On y découvre également un pont médiéval sur le rio de Roxos restauré récemment.Passé par le col do Vento d'altitude modeste (174m), nous abordons une nouvelle vallée où nous rencontrons un second pont médiéval à AUGAPESADA (eau tremblante), lequel enjambe le rio Rego dos Pasos. L'ouvrage est prolongé par quelques mètres de Calzada, l'ancien Camino Real. Cet ancestalchemin royal a été reconstitué ici et là dans l'ascension qui conduit au col Alto do Mar de Ovellas (272m). On remarquera dans le hameau de TRASMONTE, abondamment ombragé, l'église Santa Maria et son élégant clocher baroque en granit, propre au style de Compostelle, mais qui n'edst pas sans rappeler l'architecture Renaissance des édifices religieux bretons. PONTE MACEIRA est un superbe village qui s'étend sur chaque rive du rio Tambre dans un décor magnifique. Ici, le gris domine, mais le gris chaleureux de la pierre, le granit est partout: sur les façades blasonnées des maisons, sur les moulins, sur la chapelle San Brais trapue et portant si pleine de finesse, sur le pont si long et même sur le fleuve avec ses gros blocs qui émergent dans le courant. Le pont retient particulièrement l'attention avec ses cinq arches et son tablier en dos d'âne très bombé. Sa construction remonte au XVe siècle, mais il a fallut le reconstruire au XVIIIe siècle après des crues dévastatrices du Tambre.Tous les pèlerins se rendant de Compostelle au Finisterre l’empruntèrent. La chapelle San Brais est romane, mais fur remaniée par la suite.Dominant le village, le palais Baladron, bâti dans les années 1950, est dans le style moyenâgeux ou néogothique.  Avant d'entrer dans la petite ville de NEGREIRA, on passera près du palais A Chancela, une demeure seigneuriale construite au XIVe siècle. Le blason au-dessus de la porte d'entrée évoque un épisode qui remonte à l'Antiquité, lorsqu'un pont de pierre s'écroula au passage de la troupe romaine qui pourchassait les disciples de saint Jacques.On découvrira une autre référence jacquaire en ville avec une statue de pèlerin au centre d'un carrefour. L’œuvre, un peu lourde dans ses formes, rappelle la silhouette de l'abominable homme des neiges! La pazo, ou palais de O Coto, une forteresse médiévale très remaniée au XVIIe siècle, et la chapelle San Mauro sont les seuls monuments dignes d'intérêt de Negreira.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

Deux beaux horreos à Olveiroa

Negreira - Olveiroa

Parcours :

Longue étape que celle-là (32,8 km pour 8h20 de pérégrination) pleine de creux et de bosses qui vous donnera le sentiment d'avoir repris le Chemin pour de bon et d'être reparti pour un périple au long cours. Au départ, dans la foulée de la précédente étape, on progresse le plus souvent à travers bois. Puis les paysages s'ouvrent, les arbres sont plus clairsemés et moins hauts. Ici les tempêtes hivernales ratissent tout sur leurs passages, la proximité avec l'Océan se fait ressentir. Durant ces trente kilomètres, on ne rencontrera aucun village, seulement des hameaux et des fermes éparpillées. L'architecture est toujours plus massive comme pour mieux s'ancrer dans la terre. OLVEIROA, où nous passerons la nuit, est un hameau galicien en tous points conforme à cette image. L'église paroissiale dédiée à Santiago ne laisse rien deviner de ses origines romanes. Son nom et son ancienneté nous renvoient aux pèlerins qui bien avant nous élirent ce lieu pour se reposer.

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

Dès la sortie de Negreira, on franchit le petit pont sur le rio de Barcala pour suivre le tracé du Camino Real.L'église San Xian, avec son calvaire et le cimetière qui l'entoure, est un édifice de la fin du XVIIIe siècle. Elle est caractéristique de ces églises rurales de Galice avec son granit recouvert de lichen, susceptible d'émouvoir le pèlerin très attaché à la Bretagne qui retrouve ici bien des points de comparaison. Le chemin traverse des forêts d'eucalyptus en laissant à ZAS un calvaire assez ancien. Près de PIAXE, s'élève l'église baroque San Mamède et un autre ancien calvaire en très bon état.BON XESUS disposait au Moyen Âge d'un hôpital pour accueillir les pèlerins. Il était toujours en activité au XVIe siècle, puisque le pèlerin italien Bartolomeo Fontana en fait la description. Par ailleurs, l'architecture rurale populaire est très bien représentée dans ce hameau et aussi à MARONAS, où se dresse une émouvante chapelle romane. Les horreos, dans cette portion de la Galice, atteignent des tailles considérables et sont construits intégralement en granit. On remarquera également à la belle saison que la plupart des femmes travaillant dans les champs portent de larges chapeaux de paille. La confection de ces couvre-chefs et la vannerie sont les spécialités de cette région de Xallas depuis très longtemps. Le chemin contourne le Monte Aro par le nord, et soudain la vue se dégage en s'ouvrant sur le lac de retenue de Fervenza. a partir de là, la forêt devient moins présente. L'absence d'arbres fait mieux ressentir la proximité de la mer et l'action du vent. D'ailleurs, on note désormais la présence de nombreuses éoliennes sur presque chaque sommet de colline et le long des lignes de crête. CORZON compte un ensemble paroissial composé d'une belle église en granit et son calvaire. Le cimetière tout autour de l'édifice est particulièrement monumental. PONTE OLVEIRA, comme son nom l'indique, compte un pont important sur le rio Xallas. L'ouvrage, dont la construction remonte au XVIe siècle, permet de poursuivre la route vers l'ouest par la commune de DUMBRIA. L'ouvrage a subi de nombreux remaniements au fil des siècles.OLVEIROA n'est qu'un modeste hameau avec de beaux exemples d'architecture traditionnelle. L'église paroissiale dédiée à Santiago, est d'origine romane, mais il est difficile de trouver des éléments de cette époque, tant le sanctuaire a été remanié depuis. Le refuge des pèlerins a été aménagé dans un ensemble de vieilles maisons très bien restaurées et comprend un coin cuisine. A défaut d'avoir emporté des vivres, on pourra se dépanner avec des plats simples au bar voisin.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

Le phare de Cabo Finistera

Olveiroa - Cabo Finisterra

Parcours :

Cette fois c'est vraiment  l'épilogue,  un peu long d'ailleurs car l'étape est de 33,5 km (8h30 de pérégrination) et impossible d'aller plus loin...après c'est l'Amérique! Cela dit, rien ne vous interdit de l'inventer en Galice, si l'envie vous prend de scinder ce parcours en deux en vous arrêtant à CORCUBION ou à SARDINEIRO. Le début de la journée vous fait traverser une nouvelle fois une campagne superbe, jalonnée de calvaires et  d'"ermitas". Mais le moment que vous guettez aujourd'hui, c'est celui où vous apercevrez pour la première fois l'Océan. Certes, vous avez côtoyé souvent la mer durant ce voyage côtier, mais cette fois c'est le bout du Bout. Dès CORCUBION, la mer sera votte compagne de marche. Ports et plages se succèdent et au loin se profile la silhouette du cap Finisterre. Santa Maria  dea Areas à FINISTERRA est invoquée pour protéger les marins partis en mer bien plus que les pèlerins parvenus jusque là. Au-delà de cette église, il n'y a plus que les falaises balayées par le vent et les embruns, le phare et le CABO FISTERRA. L'instant est peut être venu de brûler vos vieux vêtements et de faire demi-tour....

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

Dès la sortie d'Olveiroa, l'itinéraire suit fidèlement le tracé ancestral en empruntant un chemin creux, une "cooredoira", très ombragée, puis en grimpant à travers la lande après le minuscule hameau de LOGOSO (2,5 km). HOSPITAL: ici, la référence à l'histoire jacquaire est évidente. En effet, un hôpital pour pèlerins s'élevait dans ce lieu dès la fin du XIIe siècle , ainsi qu'une église dédiée à San Marcos.L'ensemble fut rapidement administré par le chapitre de Compostelle.Rien ne subsiste du passé médiéval.Le chemin balisé monte encore après le hameau d'Hospital jusqu'à atteindre un carrefour jacquaire important. A droite, le Camino de Muxia part au nord-ouest, tandis qu'à gauche le Camino Real se poursuit quasiment plein ouest vers le cap Finisterre. Le tracé rectiligne à travers la lande ne laisse aucun doute quand au caractère ancestral de la piste souvent bordée de murets. Le calvaire Marco do Couto (6,5 km) fait figure de balise et s'élève depuis des temps reculés. Juste à côté du monument, une pierre est gravée et porte les lettres C R pour Camino Real. L'antique chemin disparaît aussitôt après, enfoui sous la végétation et les plantations de conifères. Un sentier étroit se poursuit vers l'ouest à travers des plateaux couverts de lande. La chapelle Nosa Senora das Neves (Notre-Dame-des-Neiges) (7,5km) se dresse au creux d'un vallon , non loin d'un calvaire solitaire. L'édifice actuel semble remonter au XVIIIe siècle. Il aurait été construit par les moines bénédictins de Moraime, un monastère proche de Muxia, sur la côte de la Mort.On remarque la présence d'une triskèle de pierre gravée sur le linteau au-dessus de la porte d'entrée, et sur l'autel extérieur une encoche carrée où les pèlerins viennent déposer des messages, maintenus par des pierres.A côté de la chapelle, la fontaine sainte aurait le pouvoir d'accroître les montées de lait chez les femmes qui allaitent.Une "romeria" se tient chaque année le 8 septembre . Le Camino Real, dont nous avons retrouvé la trace, achemine le pèlerin vers une autre fontaine miraculeuse au pied d'un ermitage. La chapelle San Pedro Martir (12 km) est déjà mentionnée au XVIe siècle, mais sa construction daterait du Moyen Âge. Là encore, ce n'est par l'édifice qui attitre les foules  lors de la romeira le jour de l'Ascension, mais la fontaine qui guérit les maux de tête et les rhumatismes. Par ailleurs, on a retrouvé de nombreux dolmens aux alentours du sanctuaire. Est-ce à dire que les vieilles croyances celtes ne sont pas loin? Avec le calvaire d'Armada, on amorce la descente vers la mer. La côte est parfaitement visible ainsi que le cap Finisterre. La petite ville portuaire de CEE (17,3 km)existait déjà au Moyen Âge. Au centre de Cee, l'église Santa Maria de Xunquerira  affiche une façade baroque, surmontée de deux clocherons  dans le style compostellan , l'édifice à l'origine était gothique . Par ailleurs, Cee est la ville natale de Domingo Antonio de Andrade, l'architecte qui a donné naissance aux plus fameux édifices baroques de Compostelle.La magnificence baroque se retrouve dans les éléments architecturaux du Palais do Coton.La ville de CORCUBION (19,1km) s'étale dans le fond d'une baie très fermée et protégée des vents d'ouest par l'avancée du cap Finisterre. Corcubion était dirigée dès le Moyen Âge par les comtes d'Altarima qui élevèrent un hôpital pour les pèlerins. Il n'en reste aucune trace. En revanche, l'église San Marcos, édifiée en 1430 dans un style gothique propre à la Galice et peu remaniée par la suite, mérite que l'on s'y attarde. A l'intérieur, on remarquera des représentations de Saint Roch et de Saint Jacques en bois, et à nouveau le symbole celte de la triskèle gravée aussi dans le bois.Mais la pièce la plus intéressante est sans aucun doute la statue en bois polychrome de San Marcos de Cadeira  taillée au XVe siècle en Italie.Dans la ville, on pourra apprécier la petite place Casteleo au pied du palais de los Condes de Altamira , un superbe édifice baroque ainsi que le port de pêche très coloré où se dresse l'ancienne prison, convertie en salle d'expositions. Le chemin va ensuite au plus court en enjambant des collines boisées qui réservent de beaux points de vue sur la côte.Le balisage longe de belles plages de sable blanc telles ESTORDE (22,6km), SARDINEIRO (23,8km)et surtout LANGOSTEIRA en forme de croissance de lune. A CALCOBA (26,6km), Cruz de Baixa, un  calvaire de granit domine  la mer et  marque l'entrée de FISTERRA (29,7km). Le village est traversé par d'étroites ruelles, bordées de modestes habitations de pêcheurs. A la sortie de Fisterra on découvre l'église d'origine médiévale qui se dresse face à la mer. L'entrée est gardée par une arcade qui serait l'ultime vestige de l'hôpital des pèlerins. a l'intérieur, on relève plusieurs représentations de la Vierge, des ex-votos, car le sanctuaire fait l'objet d'une grande dévotion par les marins.saint Jacques est également représenté avec ses attributs de pèlerin. Mais si les foules accourent dans cette église, c'est surtout parce qu'elle abrite le saint Christ De Finisterre (Santo Cristo de Fisterra), un Christ crucifié, œuvre du XIIe siècle. CABO FISTERRA (Le cap Finisterre) (33,5km) signifie "Fin des terres" Ce lieu, depuis l'Antiquité, est un mythe chargé de légendes. Les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle sont venus là depuis les débuts du pèlerinage.On associe aussi ce lieu à des cultes de la fertilité venus du fond des âges.Le cap est dominé par un phare construit au XIXe siècle que rien ne rattache à l'histoire jacquaire. En revanche, en contrebas, en direction de la pointe, on trouve une représentation de saint Jacques et juste à côté, une paire de godillots sur un piédestal (en 2004, l'une des chaussures était en partie détruite suite à un acte de vandalisme). Des traces de feux apparaissent ici et là qui trahissent une vieille tradition selon laquelle le pèlerin parvenu au Finisterre devait quitter ses vieux vêtements, les brûler et repartir, habillé de neuf. Une façon de proclamer que le voyage vers Compostelle avait fait de lui un homme nouveau.

Office du tourisme de l'étape : NR

 



St Pierre, St Paul

Jeudi 29 Juin 2017