Chemin du Nord étapes


Le port de Saint-Jean-de-Luz

Bayonne - Saint Jean de Luz

Parcours :

Etape de 26,1 km pour laquelle 6 h 45 seront nécessaires. Cette première étape en Pays Basque pourra sembler un peu longue à certains. Il est fort probable que les pèlerins d'autrefois utilisaient la ligne droite pour relier les deux villes -un tracé logique que de nos jours la N 10 s'est appropriée. Nous devrons zigzaguer pour éviter à la fois la circulation et composer avec une urbanisation envahissante. Il nous faudra 3 h 40 pour atteindre BIDART (14,6 km) puis 40 minutes de plus pour arriver à GUETARY (17,1 km). ERROMARDIE sera atteint au bout de 21,4 km et nous rallierons SAINT JEAN DE LUZ après être passé à la pointe Sainte Barbe situé à 1,8 km avant le cœur de notre ville étape. Ce long parcours vous laissera peu de temps pour découvrir Saint Jean de Luz mais l'étape du lendemain relativement courte (16,5 km) vous permettra un rattrapage nécessaire à la découverte de cette belle cité....

 

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

Il est indispensable que vous prévoyez d'arriver suffisamment tôt à Bayonne de manière à pouvoir découvrir une ville agréable et chargée d'histoire. On peut découvrir dès son entrée dans la cité un témoignage jacquaire avec la collégiale Saint-Esprit à quelques mètres de la gare SNCF. Ici, dès le XIIe siècle, les moines offraient l'hospitalité aux pèlerins venus par la voie des Anglais (la côte landaise). Ils leur procuraient des passeurs pour traverser l'Adour. Nous sommes aussi dans le quartier Saint-Esprit qui accueillit les juifs dès 1492 sous la protection de l'étoile de David. Izarra signifie étoile en Basque.

Vous ne manquerez pas de découvrir la cathédrale Sainte-Marie qui est un édifice gothique ayant remplacé le sanctuaire roman détruit par un incendie. Le monument fut édifié entre le XIIe et le XVIe siècle sous la domination anglaise. L'édifice, assez austère, est inscrit au patrimoine de l'UNESCO. Jouxtant la cathédrale, le cloître ne subsiste qu'en partie, il forme un vaste ensemble gothique lumineux bâti au XIIIe siècle. La rue d'Espagne, la rue de la Poissonnerie et le lacis de ruelles aux alentours de la cathédrale conservent intact l'aspect de la ville haute médiévale (façades à colombages). Cette belle unité architecturale de vieilles demeures est plus facile, d'ailleurs, à observer le long des quais de la Nive (quai Jaurequiberry).

Les remparts et les châteaux forts : la ville haute est entièrement  fortifiée au Moyen Age et protégée à l'ouest par le château-Vieux. La plupart de ces fortifications sont bien visibles aujourd'hui. On découvrira avec grand bonheur le "Petit Bayonne": quartier populaire avec ses vieilles ruelles, ses commerces et ses trinquets où se réunissent les joueurs de pelote.Le musée basque, sur le quai des Corsaires, inauguré en l'an 2000 est un passage obligé avant d'entreprendre la traversée du Pays Basque à pied ! Pour les amateurs d’œuvres picturales la visite du musée Bonnat est recommandé, il donne l'occasion de découvrir des peintures de Greco, Rubens, Degas ou encore Puvis de Chavannes dans un décor teinté d'intimité.

BIDART est le premier village au caractère bien trempé rencontré après votre départ de Bayonne. Son nom vient de "bide artean"qui signifie à la croisée des chemins. Son église du XVIe siècle est dédiée à la Vierge de l'Assomption. L'édifice est entouré de son cimetière qui compte de nombreuses stèles discoïdales. Sous son porche d'entrée se tenaient autrefois les assemblées paroissiales et on y faisait la classe! A droite du chœur: une statue en bois de saint Jacques en tenue de pèlerin, elle daterait du XIIe siècle. La chapelle Sainte-Madeleine (près du bourg) s'élève sur la falaise face à l’océan. Les pèlerins de Compostelle et les marins-pêcheurs venaient s'y recueillir. La chapelle Saint-Joseph, édifiée en 1684 dans le quartier de Parlementia, mérite qu'on y fasse un arrêt. Son vaste porche permettait aux cagots (lépreux) de suivre les offices. La vue sur l'océan porte loin.

GUETARY affiche une belle architecture traditionnelle et des construction plus récentes à vocation balnéaire. Sur les hauteurs d'Elizaldia, l'église Saint-Nicolas date du XVIe siècle. Son clocher mur domine un vieux cimetière et la campagne labourdine. Les galeries entourent la nef unique selon la coutume des églises basques.

Jadis SAINT JEAN DE LUZ vit passer des pèlerins comme en témoigne encore la rue Saint Jacques qui amorce sa traversée du centre-ville dans le prolongement de la nationale 10. L'église paroissiale Saint-Jean-Baptiste contient une représentation de saint Jacques sur le vitrail situé au-dessus de la chapelle, dans la partie droite du transept. Extérieurement l'édifice, daté du XVe siècle, affiche une grande austérité avec ses hautes murailles, percées d'étroites ouvertures. L'intérieur comprend un célèbre retable baroque et surtout des galeries de bois étagées sur trois niveaux qui étaient réservées exclusivement aux hommes venant assister à la messe. L'église doit sa renommée à la célébration du mariage de Louis XIV avec l'infante d'Espagne Marie-Thérèse, le 9 juin 1660. Le couple royal sort de l'édifice par une porte qui fut ensuite murée (elle donne dans la rue Gambetta). Sur la place Louis XIV se dresse la demeure de l'armateur Lohobiaque (à gauche de la mairie) où résida le Roi-Soleil. Tout autour de la place et dans les rues adjacentes, les belles maisons à colombages datent généralement des XVIIe et XVIIIe siècles. Elles appartenaient à des armateurs et des corsaires célèbres. La baie de Saint-Jean-de-Luz est fermée par l'Artha et par les digues de Sainte Barbe et Socoa qui furent édifiées au XIXe siècle pour protéger la ville des tempêtes et des raz de marée. Le fort de Socoa, construit sous Henri IV, fut renforcé par Vauban.

 

  

L'Ile des Faisans sur la Bidassoa. En premier plan : le pont Saint-Jacques

Saint-Jean-de-Luz - Irun

Parcours :

Cette courte (16,5 km pour 4h10 de pérégrination) et dernière étape sur le territoire français vous laissera tout le loisir de visiter Saint-Jean-de-Luz et Ciboure avant d'emprunter l'itinéraire intérieur, à la fois bucolique et historique, à moins que vous ne lui préfériez le sentier du littoral. Au départ, on plonge dans l'Histoire avec les deux cités bâties de part et d'autre de la Nivelle. Ensuite, si l'on choisit le chemin des terres, on découvre des fermes vieilles de plusieurs siècles dont certaines servirent même d'hôpital (Ospitalia) aux jacquets de passage. Vertes prairies, troupeaux de brebis et fond de montagne composent un décor presque trop parfait, dominé par la Rhume qui joue la vigie. Quant au sentier côtier, il vous réserve une succession de falaises abruptes, de baies sauvages jusqu'à la grande plage d'Hendaye. Finalement, les deux itinéraires se rejoignent en un point de passage qui fut hautement stratégique par le passé, la Bidassoa ! La Grande Rivière, "Handi Ibaï "en basque, a donné son nom à Hendaye, la dernière ville française. Rivière/frontière entre le Labour et la Guipuzcoa, ou entre la France et l'Espagne.

Si vous pérégrinez sur le chemin intérieur vous passerez à Ciboure puis à Urrugne après 1 h 15 de marche (5 km), vous atteindrez La Croix des Bouquets après 2 h 20 (9,4 km) avant de découvrir les premières habitations d'Hendaye 3 h après avoir quitté Saint-Jean-de-Luz. Il vous restera alors 4,6 km pour atteindre Irun....

LE PONT SAINT-JACQUES récent et guère esthétique, il demeure toutefois un symbole pour le pérégrinant franchissant la frontière à destination de Compostelle. Sur la gauche en amont, l'Ile aux Faisans sépare la Bidassoa en deux bras. Ce fragment de terre fut le théâtre de multiples épisodes diplomatiques à travers l'histoire. De nombreux rois  (Louis XI, François Ier et Louis XIV s'y rendirent pour diverses tractations et signatures de traités.

Dénivelé :

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Curiosités :

La ville de CIBOURE s'élève sur l'autre rive de la Nivelle, face à Saint-Jean-de-Luz, en tête du pont "Ziburu". A côté de la criée, subsiste le cloître des Récollets, lieu paisible, orné de vignes et d'une belle fontaine, offerte par Mazarin en 1660. Aucune trace jacquaire le long du quai Maurice Ravel où vécut le célèbre compositeur, ni dans l'église Saint-Vincent dont le clocher, de forme très atypique, évoquerait presque certaines pagodes népalaises. Par de vieilles ruelles, nous contournons la colline de Bordagain en suivant le chemin historique. Pour preuve, des plaques signalent des lieux ou des fermes où s'élevaient par le passé des "ospitalia", des hôpitaux destinés aux pèlerins. Simple donjon défensif lors de sa fondation en 1341, le château  d'URTUBIE localisé à la sortie de Ciboure, est devenu au fil des siècles une agréable demeure qui est restée la propriété d'une même famille.

La rue principale d'URUGNE traverse le village en desservant au passage l'église et en face l'ancien relais de la poste, devenu le bureau de l'office du tourisme. Pas de doute, cet axe est celui que suivaient les pèlerins de jadis. Sur le tympan, au-dessus du porche d'entrée de l'église Saint-Vincent, on remarquera un saint Jacques et son bourdon. Le cadran solaire sur le clocher annonce : "Vulerant omnes ultima necat" (toutes les heures blessent, la dernière tue !). Les habitations du bourg offrent de beaux exemples d'architecture labourdine. Le linteau de porte de l'une d'elles porte le nom de Señor Camino !

HENDAYE s'étale largement sur la rive droite de la Bidassoa, face à la baie de Txingudi et du cap de Figuier. Au centre-ville, l'église Saint-Vincent reprend tous les éléments des sanctuaires du Pays Basque. Au Moyen Age, Hendaye recevait les pèlerins dans l'hôpital de Santiago du prieuré de Zubernoa, dont il ne subsiste aucune trace aujourd'hui...La traversée de la rivière s'effectuait en barque vers le quartier de Santiago à Irun où s'élevait l'hôpital de Santa-Margarita. Devant l'affluence des pèlerins toujours plus importante, un pont de bois fut construit au-dessus de la Bidassoa au XIIIe siècle.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

Saint-Sébastien : Le pont Maria Cristina enjambant le fleuve Urumea

Irun - Saint-Sébastien

Parcours :

Aujourd'hui nous est proposée une étape de 24,4 km demandant 6 h 15 de pérégrination et qui passe successivement à Guadalupe après 1 h 15 de marche (4,8 km) puis nous amène à l'embarcadère  pour passer de Pasaia Donibane à Pasajes après 4 h 10 (16,5 km) avant d'atteindre le terme de l'étape à Saint-Sébastien. Le chemin de cette étape passe bien à l'écart des routes et autoroutes aux décors industriels qui relient Irun à Saint-Sébastien. Dans un premier temps, il suit les flancs du Jaizkibel, montagne qui trempe ses pieds dans l'Atlantique et sert de figure de proue à la longue chaîne pyrénéenne filant vers l'est. A mi-étape, nous renouons avec la tradition bien jacquaire en empruntant un bateau pour traverser la ria de Pasajes. C'est une particularité du chemin côtier : dans les semaines à venir il nous faudra par deux fois effectuer de courtes traversées. Après le joli port de Pasaia Donibane, le sentier côtier file à travers la lande pour nous acheminer jusqu'à Saint-Sébastien.

Dénivelé :

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Curiosités :

A GUADALUPE, vous découvrirez un sanctuaire bâti durant la seconde moitié du XVIIIe siècle à l'emplacement d'un sanctuaire plus ancien. La Vierge de Guadalupe a, de tout temps, été vénérée par les marins et les pêcheurs de la baie de Txingudi comme en témoignent les nombreux ex-voto présents dans le sanctuaire. Depuis les jardins entourant le sanctuaire, la vue porte loin vers la côte française au nord et la chaîne des Pyrénées à l'est.

Le MONT JAIZKIBEL (altitude moyenne de 500m) forme un rempart naturel contre les tempêtes venues du nord-ouest et assure la protection du couloir reliant la baie de Txingudi à celle de Pasai Donibane. Le vieux village de SAN-JUAN s'étire au pied des falaises, en bordure de la profonde ria par laquelle la baie de Lezo s'ouvre sur l'Océan.

PASAI DONIBANE est un village rue avec de modestes maisons de pêcheurs à côté desquelles cohabitent des demeures patriciennes baroques du XVIIIe siècle ou de la Renaissance , aux façades blasonnées. L'église paroissiale San Juan Bautista affiche à l'extérieur cette allure de forteresse, caractéristique du gothique basque. (Retable baroque à l'intérieur).

On s'attardera à découvrir SAINT-SEBASTIEN en pénétrant le quartier de Gros et sa plage qui est aussi le "spot" favori des surfeurs des environs. Au bout de ce quartier se dresse le Kursaal ou centre des congrès , un bâtiment aux lignes avant-gardistes. Le pont Maria Cristina inauguré en 1905 est suffisamment excessif pour nous rappeler le pont Alexandre III de Paris. Il nous permet de franchir le fleuve Urumea et de rejoindre le théâtre Victoria Eugenia et le luxueux hôtel Maria Cristina  datant de la fin du XIXe siècle. La vieille ville s'étale au pied du mont Ugull. Pas de traces jacquaires évidentes au sein de la ville, néanmoins la capitale de Gipuzkoa recèle bien des richesses.

L'église San-Vincente est sans doute le témoignage le plus ancien. Son austérité contraste avec l'exubérance du portail baroque  de Santa-Maria. Cette basilique ferme la calle Mayor qui bute à son autre extrémité sur la façade néogothique de la cathédrale du Bon Pasteur. Les rues étroites pullulent de commerces et surtout de "tavernas" qui s'animent particulièrement à l'heure du tapeo. Il vous faudra aussi ne pas négliger la "Plaza de la Constitucion", d'une parfaite unité architecturale, qui servait pour les courses de taureaux quand les arènes n'étaient pas encore construites; les balcons utilisés comme des tribunes affichent encore des numéros ! Vous déboucherez enfin sur le port où les bateaux de pêche et navires de plaisance se partagent le faible espace. Ce quartier est vivant et il n'est pas rare de voir les femmes de pêcheurs repriser les filets. Enfin s'il vous reste du temps vous pourrez visiter le Musée océanographique ainsi que le musée de la mer si ce n'est le musée de San Telmo installé dans l'ancien monastère des dominicains , fondé au XVIe siècle dont une large place est consacrée à l'ethnographie du Pays Basque et à la peinture régionale.

  

Le port de Getaria

Saint-Sébastien - Getaria

Parcours :

Une étape, longue de 26,8 km, mais jamais monotone sur les 6 h 45 de pérégrination qu'elle nécessite. On atteint IGUELDO après 0 h 50 de pérégrination (3,3 km), ORIO 13,5 km plus loin (4 h 15) et ZARAUTZ à 21,7 km après notre départ : nous avons alors marché durant 5 h 30 ! Il ne reste plus alors que 5,10 km pour arriver à GETARIA ! Le cheminement côtier prend son rythme : Aux ports de pêches très actifs, nichés dans les embouchures des rivières, succèdent les avancées de terre et les hautes falaises qui plongent dans les eaux tumultueuses de l'Atlantique. Nez au vent, on respire l'air du large, tout en naviguant à travers champs et prairies, parmi les troupeaux de brebis et les vignes de Txakoli, un vin blanc légèrement pétillant très caractéristique de l'Euskadi.

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

Avant l'entrée de la ville d'ORIO un petit ermitage est dédié à saint Martin de Tours, très vénéré par les pèlerins du Moyen Age. Les pans de murs ruinés qui s'élèvent à côté du sanctuaire sont tout ce qui subsiste de l'hôpital qui accueillait les pèlerins. A l'époque médiévale, Orion était protégé par des murailles. L'église paroissiale Saint-Nicolas prend appui sur ce système défensif, tout en s'intégrant dans le lacis de ruelles de la vieille cité. Un vaste préau entoure l'édifice. Il servait dans le passé pour la tenue des assemblées villageoises. On retrouve ces couverts à travers la Guipuscoa, la Biscaye et même en Cantabrie. L'église actuelle du XVIIe siècle a été construite à l'emplacement d'un sanctuaire plus ancien élevé au XIIe siècle. A l'intérieur , le maître-autel baroque, très chargé et supporté par des colonnes torses, abrite un saint Nicolas, encadré de deux énormes trompes en forme de coquillages. Orion demeure un port de pêche très actif, bien protégé dans son estuaire . Ici, les pèlerins médiévaux étaient exonérés du paiement du maravédis que leur réclamaient habituellement les bateliers pour franchir les autres estuaires.

Avec sa belle et longue plage de sable fin, ZARAUTZ est avant tout une station balnéaire. Pourtant l'église paroissiale Nuestra-Señora-La-Real conserve une "tumba del Peregrino" (tombe de pèlerin) qui rappelle le passé jacquaire de la ville. Adossée à l'église de Zarautz, la "casa-torre", une tour défensive du XVe siècle  témoigne quant à elle des luttes intestines qui opposaient les grandes lignées familiales. Avant de poursuivre vers Getaria, on passe devant le palais Narros, construit au XVIe siècle dans le style Renaissance. Enfin on laissera le minuscule port, abrité par d'imposantes digues et où sont amarrées de petites barques de pêche, ou "biscayennes". Autrefois les habitants de Zarautz affrontaient l'Océan au cours des campagnes de chasse à la baleine.

GETARIA est un port débordant d'activité et de couleurs. Son église Saint-Sauveur domine la ville de sa silhouette de forteresse gothique. Bâtie sur un terrain accidenté, le plancher de la nef est légèrement en pente, face à un maître-autel très surélevé comme souvent dans les églises basques. Si les murailles externes semblent massives, le splendide "triforium" allège la perspective intérieure en rendant les voûtes très aériennes. On remarquera la représentation d'un saint Sébastien moustachu ! Une sorte de corridor fortifié court sous l'édifice pour rejoindre les ruelles encore toutes empreintes d'une atmosphère médiévale. Lourdes portes en ogive et murailles aux ouvertures de taille réduite caractérisent les édifices gothiques aux alentours de l'église Saint-Sauveur.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

Le porche de l'église Santa-Maria-la-Real de Deba

Getaria - Deba

Parcours :

Petite étape de 19,5 km demandant 5 h de pérégrination qui permet la découverte successive de AZKIZU 2,8 km (0 h 40) puis ZUMAIA 5,6 km (1 h 20) avant de nous retrouver à ELGORRIAGA 9,9 km (2 h 30). A partir de là, vous avez un choix cornélien : emprunter l'itinéraire balisé et historique qui rejoint la nationale 634 que l'on suit jusqu'à ITZIAR, petit village et passage obligé pour les jacquets d'autrefois qui venaient adorer la Vierge del Juncal (le reste du parcours ne pose aucun problème) ou suivre le GR 121 qui n'a rien de jacquaire et qui présente un itinéraire sinueux et fatigant car il ne cesse de monter et descendre mais il permet en revanche de découvrir une côte très sauvage et d'une beauté extrême avec des falaises hautes de 100 m et des rochers qui se découvrent à marée basse et qui forment des "rase-mer", phénomène géologique analogue aux "piles d'assiettes" que l'on rencontre aux abords du littoral près de Saint-Jean-de-Luz.

Dénivelé :

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Curiosités :

A ASKIZU les pèlerins s'arrêtaient volontiers pour honorer saint Martin de Tours, patron des voyageurs et des pèlerins. L'édifice se dresse toujours à côté du fronton dans le hameau battu par les vents. L'intérieur, bien restauré, montre les lignes d'un gothique primitif dans les longues fenêtres géminées. La vue plongeante vers l'ouest de la côte est d'une beauté saisissante. Les prairies bordées de haies et les gammes de verts rivalisent avec celles de l'Irlande.

A l'entrée de ZUMAIA, l'ermitage de Santiago existait déjà au XVe siècle et accueillait, dit-on, des pèlerins. L'édifice se dresse dans un parc à côté du musée fort intéressant de Zuloaga, consacré à la peinture. On peut y admirer une œuvre de Goya, une du Greco, plusieurs de Zurbaran....Du Moyen Age, Zumaia conserve l'église forteresse San-Pedro du XIIIe siècle, de style gothique basque, remaniée au XVe et XVIe siècle. sur le retable principal de style baroque, figure saint Jacques. Plusieurs maisons, en particulier la Maison de la Culture, présente un style néogothique. a la sortie, l'ermitage San-Telmo, situé sur un éperon rocheux domine la mer.

A ELGORRIAGA l'ermitage San-Sebastian a été un lieu important sur le chemin de Santiago. En 1625, Lope de Isasti fait remonter son ancienneté aux Xe et XIe siècles. On remarquera les fonts baptismaux romans et la statue de Marie du XIIIe ou XIVe siècle, et deux petites statues de bois de San Roque et San Sebastian.

Si vous avez opté pour la VARIANTE SUR LE GR 121 vous cheminerez entre Elgorriaga et Deba sur une portion de littoral restée totalement protégée du fait de l'absence de routes. Hormis quelques fermes très isolées et desservies par des chemins de terre, la nature est vierge.

Le sanctuaire Nuestra-Señora d'ITZIAR a été construit au XVIe siècle sur un édifice roman. Il héberge une statue de la Vierge (XIIIe) et un retable plateresque. Celui-ci comporte des têtes complètement isolées, assez effrayantes, qui ont l'air pour certaines terrifiées pour d'autres tourmentées. On peut s'étonner de trouver dans une église perchée sur une colline, située au milieu des terres, un ex-voto, une caravelle, mais la Vierge d'Itziar a été pendant des siècles l'objet de la dévotion des marins et des pêcheurs comme des pèlerins.

Avant d'arriver à DEBA l'ermitage San-Roque procure un sentiment d'abandon. On y accède par des escaliers envahis d'herbes folles. il y a un préau en bois. Tout un côté de l'ermitage est constitué d'une grille de bois au travers de laquelle on aperçoit une très belle statue de saint Roch. Des pots de fleurs, emplis de coquilles Saint Jacques, témoignent d'une dévotion un peu naïve. L'église Santa- Maria-la-Real de la fin du XIVe siècle affiche une allure de forteresse dans le pur gothique basque. Le portique couvert a préservé un magnifique portail polychrome du XVe siècle dont la finesse contraste avec la silhouette massive des murailles (photo de la page). Les cinq archivoltes ornées de trente-six figurines dominent les statues, grandeur nature, des douze apôtres et encadrent le tympan représentant la vie de la Vierge. L'hôtel de ville, ou Casa Consistorial, loge sous son porche deux blasons dont l'un a des coquilles Saint Jacques, une croix, des vaches et une équerre avec une étoile. La rue principale qui se confond avec le tracé du chemin mérite qu'on lève le regard vers les façades armoriées.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

L'église Andra Marie (la Vierge Marie) de Markina-Xemein

Deba - Markina-Xemein

Parcours :

Cette étape, longue de 23,1 km pour 5 h 50 de pérégrination, nous fait quitter la côte pour nous diriger au plus court en direction de Bilbao. Ce sera l'occasion de découvrir le pays basque de l'intérieur , plus rural, plus boisé...On jette un dernier regard vers l'océan depuis la ermita Santo del Calvario au-dessus de Mutriku (3,9 km - 1 h 00 de pérégrination). A deux petites heures de là (7,5 km de pérégrination), on remonte le temps en débouchant dans la vallée d'Olatz où s'élèvent de splendides fermes de plusieurs siècles. La ermita San Isidro face à la taverna Zelaieta marque la fin de la zone habitée. Jusqu'à Markina-Xemein, on ne traversera plus que des forêts et des collines.

Dénivelé :

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Curiosités :

L'HERMITAGE SAN CRISTO DEL CALVARIO offre une vue superbe sur le port de Mutriku, un des plus anciens ports de Guipuzkoa. Cet ermitage s'élève sur un lieu qui s'appelait dans les temps anciens Urka mendi (Monte de la Orca). Son vaste portique domine la mer, son retable néoclassique est du XVIIe siècle.

MARKINA-XEMEIN, malgré des ajouts modernes, a gardé de nombreux bâtiments anciens. L'église Andra Mari (la Vierge Marie), imposante et austère, offre un contraste saisissant . L'intérieur, de forme carrée, est composé de trois nefs. Les voûtes gothiques sont supportées  par six pilastres très imposants. Le retable central, richement orné, présente la vie de la Vierge.Adossé à l'édifice, un cimetière néo-classique dispose ses dalles au sein d'un cloître qui débouche sur une seconde partie dont les tombes sont ornées de stèles discoïdales.Un peu à l'écart du chemin et de la ville, un étrange monument mérite une visite : l'actuelle église hexagonale San-Miguel de Aretxinaga s'élève sur l'emplacement d'un ancien ermitage qui avait été érigé autour d'un curieux phénomène géologique.

Trois roches en équilibre formant un dolmen naturel, surplombent un autel du XVIe dédié à saint Michel. L'église date du XVIIIe, mais ce site a été utilisé dès la préhistoire comme un lieu de dévotion. Enfin l'église Nuestra del Carmel des pères carmélites (fin XVIIe) possède une façade classique et un retable absolument stupéfiant dominé par un bleu guimauve. Autour, les ruelles médiévales du centre-ville sont dominées par de splendides demeures patriciennes, voire des palais aux façades blasonnées. Des tours fortifiées subsistent également, telles la tour des Barroeta et celle de la lignée des Mugartegui.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

"L'Arbre" de Gernika

Markina-Xemein - Gernika

Parcours :

Superbe étape bucolique, vallonnée et jacquaire de 26,3 km (6 h 45) ou de 24,1km (6 h 00) par l'option routière (BI-3224) plus commode par temps pluvieux. Les références à l'histoire ne manqueront pas tout au long de la journée, à commencer par l'église forteresse Santo-Tomas, bâtie au XI siècle dans le village de BOLIBAR après 6,5 km de pérégrination (1 h 40). Nous atteindrons URIONA 3,5 km plus loin (2 h 30) et MUNITIBAR en ajoutant encore 1,8 km  (3 h 00). Après 16,2 km , on touche la BI-3224 à grimper à gauche. Après 800 m, à OLABE ZARRAVENTA on choisira soit la variante routière, soit celle par ARTZUBI. Le Hameau d'ARRATZU sera atteint au km 20,8 (5 h 10)et le hameau de MARMIZ 1,4 km plus loin. Il restera alors 4,1 km pour arriver à GERNIKA.

Dénivelé :

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Curiosités :

BOLIVAR est la terre natale des ancêtres de Simon Bolivar, héros de l'indépendance de plusieurs régions d'Amérique latine, un musée lui est consacré dans la maison familiale. Au cœur de la commune, l'église Santo-Tomas fut fondée par les seigneurs de Bolivar au Xe siècle. L'édifice actuel a été reconstruit aux XVII et XVIIIe siècles sur les ruines du sanctuaire médiéval. Malgré l'édification tardive, le bâtiment ressemble à une forteresse avec ses contreforts , ses meurtrières et sa tour-clocher.

A la sortie du village, on trouve une portion de l'ancienne voie pavée romaine qui a été dégagée et reconstruite et nous achemine dans les mêmes conditions que les pèlerins médiévaux vers le MONASTÈRE DE CENERRUZA ou ZIORTZIA. Il s'agit de l'unique abbaye médiévale de Biscaye. La tradition fait remonter sa fondation au Xe siècle. Le 15 août 965, alors que la population assistait à la messe dans l'ermitage Santa-Lucia de Garai, à Gerrikaitz, un aigle s'abattit et saisit un crâne dans l'ossuaire. Il s'envola en le tenant entre ses serres et le laissa tomber là où se trouve l'actuelle collégiale. Les paroissiens conclurent de cette étonnante scène que l'ermitage Santa Lucia  devait être déplacé. L'aigle tenant un crâne dans ses serres figure sur les armes du monastère comme on peut le voir sur le mur extérieur. L'église du XVe siècle conserve une très intéressante iconographie parmi laquelle une représentation de Santiago Matamoros. Le retable plateresque du maître-autel est remarquable, ainsi que l'ensemble sculpté sur le sépulcre de l'abbé Irustra représentant ce dignitaire religieux agenouillé en compagnie d'un pèlerin venant le coiffer de la mitre. Dans le cloître du XVIe siècle, des coquilles apposées sur les écoinçons illustrent la tradition jacquaire du monastère où, en 1386, fut fondé un hôpital pour pèlerins qui se rendaient à Santiago. Les moines actuels perpétuent d'accueil cette tradition d'accueil.

Le coquet village de GERRIKAITZ, avec son église forteresse entourée d'un préau compte aussi de beaux ensembles de maisons fortifiées parmi lesquelles celles de Jauregui et de MUNITIBAR, la lignée familiale qui a donné son nom à la localité voisine. Dans cette dernière, la messe continue de se dire en basque, les hommes étant séparés des femmes et des enfants; une barre de bois permet aux parapluies de rester à l'extérieur. Aux murs du bar San Miguel, des bérets suspendus à des crochets rappellent des tournois de mus.

Peu après avoir quitté Munitibar le chemin passe à côté de la ERMITA SANTIAGO. Le sanctuaire très humble construit au XVIIIe siècle témoigne du passage des pèlerins. Restauré, il possédait une belle statue en bois polychrome d'un saint Jacques pèlerin. Le fermier voisin préfère désormais la conserver chez lui de peur qu'elle soit dérobée! Le balisage du chemin moderne se confond souvent dans cette portion avec le tracé de la "calzada"ancestrale. Ces tronçons sont facilement repérables . Le parcours devient un chemin creux profond, souvent dallé de grosses pierre polies par le temps et les passages successifs.

Le pont d'ARZUBI constitue un lieu très émouvant . Il fût bâti au XVIe siècle pour permettre le passage au dessus de la rivière Golako, améliorant ainsi la construction entre les villes médiévales de Gernika et de Gerrikaitz. Au milieu du tablier du pont, on peut encore observer la pierre qui marquait la frontière entre Arratzu et Mendata. Aujourd'hui l'ouvrage apparaît au creux d'un vallon sombre envahi par la végétation.

GERNIKA était au Moyen Âge un carrefour de chemins jacquaires puisque là s'unissait, au chemin principal de la côte, le chemin secondaire venant de Bermeo pour les pèlerins qui avaient débarquaient dans ce port. La ville possédait un hôpital pour pèlerins. Hélas, ici plus que partout ailleurs ne subsistent des traces anciennes qui ont disparu sous les décombres des bombardements de 1937. Parmi les bâtiments anciens ayant résisté, on compte l'église Santa-Maria , la Casa de Juntas et les maisons proches...Santa-Maria fut commencée en 1418 pour s'achever en 1715, le campanile fut ajouté en 1776. Conçue initialement comme un temple de trois nefs et cinq travées avec une abside polygonale et un triforium, son portail principal du XVe siècle à arc en ogive exhibe des voussures extérieures richement sculptées. La  Casa de Juntas  abrite dans ses jardins, protégé par un enclos, l'arbre de Gernika, symbole de l'histoire du peuple basque. C'est sous ce chêne que se réunissaient les hommes libres de Biscaye pour gouverner, c'est sous ses branches que prêtaient serment les seigneurs de Biscaye.

 

Office du tourisme de l'étape : NR

  

L'église San Emeterio et San Celedonio du XVIe siècle de Larrabetzu

Gernika - Lezama

Parcours :

Etape de 25,3 km nécessitant 6 h 20 de pérégrination. Dès le départ de GERNIKA nous marchons sur des pistes forestières qui nous conduisent jusqu'au col de GEREKIZ atteint après 7,2 km (1 h 50) pour poursuivre au cœur des forêts. On passe à ESKERIKA  (9,7 km - 2 h2 0) avant d' arriver à GOIKOLEXEDA localisée 6,6 km plus loin, nous aurons alors parcouru 16,6 km en 4 h 10 prévisionnelles. Il ne nous restera alors que 5,2 km pour rejoindre LEZAMA en 1 h 20 parcours qui suit la route au moyen d'un large trottoir peu favorable à la rêverie....

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

Au départ de Gernika on découvrira la tour de MUJIKA : il subsiste de cette forteresse gothique l'arc d'accès en ogive et une partie des murailles, épaisses de 2,50 m et hautes de 5 m; elles gardent actuellement le patio d'un corps de ferme. L'ermitage gothique de San-Roman date du XVe siècle comme le montre la fenêtre géminée de sa façade et son accès par un arc en ogive. Les fenêtres de l'abside témoignent de la survivance de l'art roman bien au-delà des dates qui lui sont normalement attribuées. On y vénère une statue de san Roman du XVe siècle.

A UGARTE-MUXIKA, l'église forteresse San-Vicente garde quelques éléments d'art roman comme une fenêtre géminée dans le mur nord. Au-dessus de la porte d'entrée, il y a une double étoile de Salomon, ainsi que des restes de chapiteaux au sommet des murs latéraux sous la charpente.

Aux abords du col de GEREKIZ, la chaussée romaine ressurgit çà et là, témoignant de l'ancienneté des passages comme les vieilles dalles funéraires de l'ermitage San-Esteban.

A GOIKOLEXEA, on trouve des maisons trapues et cossues possédant de petites ouvertures et une base quasiment carrée et dont la façade est souvent ornée d'un blason. C'est un hameau marqué par l'église San-Emeterio et San-Celadonio du début du XVIe siècle (gothique basque) et par la présence d'un calvaire Renaissance (1574). Ici se trouvait la deuxième étape de la Ruta Juradera. (Rois et seigneurs devaient suivre la route de Bilbao à Gernika pour jurer de maintenir les privilèges de Biscaye. S'agenouillant devant un prêtre, il prêtaient serment devant les habitants. Accompagnés par des hommes nobles, ils reprenaient la route de Gernika). L'église contient un remarquable retable où figurent Andra Mari couronnée par les anges et Santiago en tenue de pèlerin.

On accède à LARRABETZU par un vieux pont de pierre. On retrouve de vieilles fermes décrépites qui sont entourées de potagers luxuriants (piments, tomates, haricots) et des vergers (figuiers, poiriers, raisins). Dans l'église du village on remarquera une jolie statue de la Vierge remontant au XVe siècle. De belles bâtisses et même un palais recouvert de fresques se situent sur la Plaza Mayor.

La cité de LEZAMA disposait, aux alentours du XVIe siècle d'un hôpital pour pèlerins, contigu à l'ermitage Santo-Cristo. Ce dernier est ouvert, c'est à dire qu'il possède trois murs. Un vitrage le protège de la poussière de la route. On notera une fresque aux motifs jacquaires. C'est un petit coin de douceur dans un monde d'agitation et de vitesse que représente la N-637, le "nouveau chemin"...

Office du tourisme de l'étape : NR

  

Bilbao: Une ville aux contrastes saisissants!

Lezama - Bilbao

Parcours :

Cette étape courte, d'à peine trois heures pour 12km de pérégrination, nous sépare de Bilbao.... Cela nous permettra d'arriver très tôt dans cette ville et de pouvoir ainsi la découvrir dans les meilleures conditions....Après un parcours sans grand souci et après moins d'un kilomètre après notre départ on se retrouve en pleine forêt, dans un sous-bois de conifères qui fleure bon la résine. Au sommet du MONTE AVRIL atteint après 2h15 de pérégrination (9,0 km) on poursuit par un chemin de crête souvent balayé par les vents de noroît venus tout droit de l'Océan.Lorsque la ville s'étend à nos pieds, on se décide enfin à plonger dans le tumulte....mais c'est à ce prix que le Casto Viejo (le centre historique de Bilbao) se découvrira et que vous pourrez apprécier le dynamisme d'une ville qui ne pense qu'à plaire! C'est dans cette ville que bon nombre de pèlerins anglais, français ou flamands  débarquaient dans son port pour commencer leur pèlerinage

 

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

A Zamudio (hors itinéraire) on peut admirer la tour de Malpika , exemple de maison forteresse typique du Pays Basque  médiéval. L'église Saint-Martin possède des éléments empruntés au roman et d'autres au gothique basque. Son appellation, liée à l'histoire du pèlerinage médiéval , apporte la preuve tangible du passage des pèlerins. Zamudio est de nos jours envahie par les zones industrielle et le tumulte , c'est pourquoi il semble plus opportun de préférer une variante qui grimpe directement au sommet du Monte Abril. En empruntant cette variante et, en bordure du chemin, on remarquera une ferme forteresse avec sa monumentale porte en ogive. Le Monte Abril est aussi boisé de conifères que pelé et balayé de vents violents le long de sa ligne de crête. Il peut être désert et propice au recueillement ou tout aussi bien envahi par la foule venant de Bilbao. Il constitue le poumon de la capitale de la Biscaye et le lieu de sortie des familles. D'ailleurs, le complexe bar-restaurant "Leon" semble le lieu favori des mariés et de leurs proches pour les agapes nuptiales.

Bilbao, créé en 1300 par Don Diego Lopez de Haro, seigneur de Biskaia, connut dès sa fondation un important essor économique .Certains pèlerins anglais, français ou flamands débarquaient dans son port pour commencer là leur pèlerinage. Les jacquets venus par voie terrestre, comme le font les pèlerins actuels, entraient dans la ville par la basilique Santa Begona. L'édifice actuel remonte au début du XVIe siècle ; il a été agrandi par la suite. Une inscription déconcertante au-dessus du porche principal nous informe: "Dans cette sainte basilique, il est possible de gagner quotidiennement des indulgences plénières aux conditions habituelles." A l'intérieur, un panneau explique  qu'il faut pour cela embrasser quotidiennement la croix dorée contenue dans un médaillon scellé au mur et réciter un Notre Père avec un cœur  contrit.Les tableaux étonnants de réalisme illustrent des moments de dévotion à Begona. Une remarquable statue de la Vierge de la fin du XIIIe siècle trône au-dessus du maître-autel. On descend vers le vieux centre-ville  (Casco  Viejo) par des escaliers que gravissent à genoux certains fidèles . A droite des marches, on remarquera un cimetière très émouvant dont les croix de guingois sont envahies par des herbes folles. Une devise apposée au-dessus du portail accueillait les défunts et avertit les vivants de la sorte: " Esta es el al entrada obligatoria que conduce al infierno o a la gloria" (Ceci est, à, la fin, l'entrée obligatoire qui conduit en enfer ou dans la gloire). Des escaliers longeant les Calzadas de Mallona mènent au Casco Viejo formé des Siete Calles (sept rues médiévales) qui demeurent très vivantes, pleines de boutiques à la fois vieillottes, coquettes, attrayantes et colorées. Les façades sont très fleuries, ornées de bow-windows. Elles nous mènent au Musée basque dont le mur porte une citation de Stendhal: "Pasca 1810. Dia soberbio. He corrido como un vasco" ce qui donne une fois traduit: "Pâques 1810. Journée superbe. J'ai couru comme un Basque". Le musée, situé dans le cloître San Andrès, jouxte l'église San Juan à façade classique.

Vous ne pourrez pas faire abstraction de la visite de l'église  San Anton Abad peuplée de statues d'un réalisme assez époustouflant, que ce soit sainte Lucie , une paire d'yeux à la main, ou la très belle représentation de saint Roch. aux XIIe et XIIIe siècle, avant la naissance de la ville de Bilbao, se dressait déjà à l'emplacement de l'édifice un embryon urbain dominant les eaux du rio Nervion. Un pont romain jeté sur le fleuve faisait de ce lieu un passage obligé pour les voyageurs et pèlerins. Au même endroit, d'autres débarquaient dans ce port naturel où les navires venaient relâcher. En 1300, Don Diego de Haro fait élever des murailles, c'est la naissance de Bilbao.La première église de San Anton date du XVe siècle. Formée d'une seule nef rectangulaire et d'un chevet polygonal, elle ne servit que pendant cinquante ans.Devenue trop petite pour la population de Bilbao qui croissait rapidement, il est décidé en 1478 d'en bâtir une plus importante. L'édifice actuel date de cette époque: de style gothique, il possède trois nefs dont la centrale est surmontée d'un triforium. Durant la première moitié du XVIe siècle trois chapelles sont ajoutées ainsi que la façade de type classique.

La cathédrale Santiago a été bâtie sur le site  où, selon certains auteurs, s'élevait au XIe siècle un ermitage dédié à l'apôtre. Saint jacques fait à Bilbao l'objet d'une grande dévotion puisqu'il est patron de la ville. Des thèses contradictoires opposent à ce sujet des historiens qui n'hésitent pas déclarer que la cathédrale serait la plus ancienne église de Bilbao. La construction dura du XIVe au XVIe siècle. Le temple possède un triforium et un déambulatoire comme toutes les grandes églises de pèlerinage.On peut voir une représentation récente de Saint Jacques: la statue date de 1956. La façade ouest de la cathédrale est bordée par un portique Renaissance soutenu par six piliers. a l'opposé, on accède au cloître du XVIe siècle , gothique flamboyant par la belle porte de l'Ange qui s'appelait autrefois la porte des pèlerins. tout autour du chevet sont adossées des échoppes, réminiscence de l'époque médiévale.

En se dirigeant vers le Rio Nervion, dans la calle Ribera bordée d'arcades, on ne manquera pas de lever le nez pour admirer des fresques peintes célébrant la vie quotidienne. Sur le trottoir d'en face, un gigantesque bâtiment Art Nouveau dresse sa façade et ses verrières: il s'agit des Halles.

Toujours et encore à travers le Casco Viejo, on peut mentionner le théâtre Arriaga que certains comparent à un modeste palais Garnier. La Plaza Nueva, avec ses terrasses de cafés et ses élégants commerces tel l'épicerie "Victor Montes" est un lieu agréable pour se détendre après une longue marche.

Le café "Iruna" dans la partie moderne de Bilbao a été inauguré le 7 juillet 1903, jour de la San Firmin, saint patron de Pampelune (Iruna en basque), d'où est tiré son nom d'enseigne. Son décor s'inspire du style hispano-mauresque  avec des fresques représentant les jardins de l'Alhambra et des stucs. Une atmosphère sybaritique très agréable et un menu "del dia" copieux et délicieux pour une dizaine d'euros récompense le marcheur de ses efforts. Il a reçu de nombreux prix pour son décor et la qualité de son accueil (Plaza Jardines de Albia - tel. 944 23 70 21)

Office du tourisme de l'étape : NR

  

La basilique Santa Maria de Portugalete

Bilbao - Portugalete

Parcours :

Encore une petite étape après celle de la veille puisqu'elle est de 14,7 km pour un temps moyen de 3h45. Elle aura peut être permis de séjourner un peu plus longtemps à Bilbao qui mérite qu'on s'y attarde! Le parcours de ce jour nous fera longer le rio Nervion avec un parcours plus agréable et plus court de 5,3 km  que l'itinéraire officiel et nous passerons successivement à Zorrotza (5,8km après Bilbao), Barakaldo (9,9 km après Bilbao) avant d'atteindre Portugalete...

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

Sur la rive gauche du rio Nervion  s'étalent les quartiers ouvriers dont les immeubles récemment réhabilités affichent des couleurs vives.Tous les styles architecturaux du XXe siècle se déclinent à travers la partie moderne de Bilbao. L'architecture moderne, et même d'avant garde, est illustré par l'emblématique musée Guggenheim. Ses volumes complexes revêtus d'une peau métallique de titane se connectent les uns aux autres par des structures de pierre blanche.

Inutile de chercher de quelconques traces jacquaires dans ces banlieues industrielles de Bilbao. Pourtant dans la Ermita San Antolin de lraureg, à Barakaldo, on peut découvrir une représentation de Santiago Matamoros. Les plus courageux pourront faire le détour.A la sortie de Barakaldo, on ne manquera pas de remarquer la présence incongrue d'une Vierge installée sur son piédestal à côté d'une locomotive. La sainte et/ou la locomotive sont l'objet d'une grande dévotio, à voir les fleurs et les nombreuses bougies qui brûlent autour d'elles.

La ville de Portugalete a été fondée en 1322 par Dona Maria Diaz de Haro.Le lieu permettait des embarquements commodes tout en étant relier à Bilbao par voie terrestre. Portugalete est devenue très rapidement un avant port de Bilbao au point de détenir un monopole sur le trafic de la laine et du minerai de fer. Le vieux centre-ville s'est structuré autour de quatre rues étroites protégées par des murailles qui s'ouvraient par des portes sur les principaux chemins.Au début du XVe siècle, trois tours de pierre défensives se distinguaient des maisons de bois. Celle de Salazar, la tour la plus importante se dressait entre l'église et le centre ville. Elle fut érigée par Juan Lopez de Salazar, premier chroniqueur de Biscaye.Sur les quatre étages, seul le deuxième servait d'habitation. Le premier abrita une prison jusqu'au XVIIIe siècle. La tour resta habitée jusqu'à ce qu'elle soir ravagée par un incendie.

Il nous restera à découvrir l'église Santa Maria, le sanctuaire primitif datant du XIVe siècle.de taille modeste, a été remplacé par l'église actuelle de style gothique érigée entre 1492 et 1580.Cet édifice compte trois nefs réparties en cinq travées avec des voûtes en croisée d'ogives et des fenêtres en ogive.Aussi bien la porte latérale que les différentes chapelles datent de la Renaissance , comme le retable principal de 1550. La rive de la ria a beaucoup de charme. c'est une promenade qui longe une enfilade de maisons colorées, avec des bow-windows.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

L'église Santa Maria de l'Assomption et le château, à droite, de Castro Urdiales

Portugalete - Castro Urdiales

Parcours :

Cette étape longue de 33,8 km (8h45 de pérégrination) peut apparaître longue en comparaison des deux précédentes mais la majeure partie s'effectue sur terrain plat. Le premier tiers suit une piste piétonne ou "bidegorri", le chemin rouge car elle est la couleur de son revêtement.On quitte ainsi l'enfer urbain pour un décor de collines verdoyantes. Nous atteignons ainsi Zierbana après 11, 5 kilomètres de pérégrination. Une piste en corniche nous achemine ensuite jusqu'à Onton premier village de Cantabrie: nous aurons alors parcouru 18,8 km. Castro Urdiales n'est plus alors qu'à 8 km à condition de suivre la N-634 mais nous préférons de loin la variante par Otanes quitte à doubler la distante. Villages fleuris, collines couvertes d'eucalyptus: l'absence de témoignages jacquaires est compensée par le plaisir de retrouver la nature. A Otanes, une borne rappelle que la voie romaine reliant Burgos à  Castro Urdiales passait par là. Les pèlerins de jadis suivaient la vallée , nous marchons dans leurs traces en contemplant, c le siège de la confrérie  des Marismashemin faisant, d'admirables demeures patriciennes. Le "paseo" de Castro Urdiales exhibe ses villas rococo et nous conduit vers le port très animé où badauds et marins à la retraite se partagent l'espace des sardineries.

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

LA POBETA    Après plusieurs kilomètres de paysages urbains, on accède à des collines verdoyantes et zébrées de haies qui s'affalent dans la mer. En regardant vers la mer, on découvre une plage assez sauvage, encadrée de falaises où courent des murets sur les flancs abrupts que recouvre l'herbe rase. Au bout de la plage et à gauche de la passerelle au-dessus du rio, on peut voir un massif rocheux recouvert de pins et de plantes tropicales. Au sommet, se dresse un ermitage tout blanc dédié à la Virgen del Sorroco et auquel on accède par une volée de marches dans un jardin exotique aux arbres tortueux. L'endroit est fort en contrastes: les collines évoquent l'Irlande, la plage et sa passerelle la côte nord-est des Etats-Unis, et l'ermitage a la force et la délicatesse d'une peinture chinoise. Un pèlerinage avec procession jusqu'au sanctuaire a lieu chaque année en septembre.

OTANES   Entouré d'un verger, le massif palais de Sierralta du XVIIe siècle, flanqué de deux tours et blasonné aux angle, domine le chemin et ce ravissant village fleuri. Les maisons sont hétéroclite: l'une, avec sa véranda de bois noirci par le temps et ses vitraux, ne déparerait pas sur la rive du Bosphore, une autre encore affiche une allure patricienne avec son blason. Sur la gauche de la Plaza Mayor, une borne romaine, auparavant située à côté de l'ermitage de la Trinidad, atteste que Caesar Dominiciano Augusto, fils divin Vespasien, a fait réparer routes et ponts détériorés par le temps. Après avoir quitté le village, on découvre en contrebas du chemin des fermes connues et même des fermes forteresses.

SANTULLAN ET SAMANO  Nous sommes passés en Catabrieet le paysage s'ouvre sur des collines et des montagnes pelées. A l'entrée du village de Santullan, se trouve, en face d'un palais, un gracieux ermitage servant de cabane à outils. L'église San Julian remonte au Xe siècle, mais n'a plus rien à voir avec l'église d'origine. L'église San Nicolas, à Samano, vaste pour ce modeste village, exhibe une plaque commémorative portant le nom de ceux "morts pour Dieu et Franco" Cette référence se retrouve assez fréquemment dans les églises paroissiales.

CASTRO URDIALES  La région de Castro Urdiales a toujours été habitée. Les romains en exploitèrent les gisements de fer et créèrent la colonie de Flaviobriga, dont les traces surgissent dans le sous-sol de la ville au gré des travaux de terrassement. Après une période obscure, la cité retrouve une place dans l'histoire quand le roi Alfonso VII lui accorde des privilèges de droit comme plus tard Laredo, Santander et San Vicente de la Barquera. Celles qu'on appela les Quatre Villes - Las Cuatro Villas de la Consta - monopolisèrent  le trafic avec les Flandres et connurent un rapide développement grâce à une intense activité maritime, qu'elle soit commerciale ou liée à la pêche. Elles participèrent même à la prise de Séville et d'autres cités andalouses. Castro Urdiales devint en 1296 le siège de la confrérie des Marismas, c'est à dire la fédération des ports les plus importants des côtes cantabriques et basques. Mais à la fin du Moyen Âge, la ville sombra peu à peu dans un déclin imputable à la concurrence d'autres ports, à des épidémies et à des invasions. Bien plus tard, en 1813, Castro Urdiales fut ravagée par les français après une longue résistance à l'occupation napoléonienne. Cette éclipse devait durer jusqu'à la seconde moitié du XIXe siècle. A cette époque, on vit renaître la cité grâce à l'exploitation des riches gisements de minerais qui a d'ailleurs laissé de nombreuses et intéressantes infrastructures.La ville se modifia après profondément . Les vieilles murailles furent détruites. Villas et petits palais furent édifiés pour le compte de la bourgeoisie locale.puis, durant la seconde moitié du XXe siècle, le tourisme métamorphosa encore la ville qui garde pourtant tout son caractère. Santa Maria de la Asuncion, à taille de cathédrale, date du XIIIe siècle et malgré quelques modifications conserve, outre un portail roman, les caractéristiques de l'architecture gothique avec des chapiteaux finement ciselés, un triforium ajouré annonçant le début du gothique, des arcs-boutants et des contreforts. La remarquable statuaire comprend un Christ gisant du XVIIe siècle, une Vierge blanche du XIIIe siècle en pierre polychrome représentant les Rois mages.A l'extérieur, on peut voir les bases de la petite église San Pedro où se réunissaient les édiles.

A TRAVERS LA VILLE  Au bout du promontoire, protégeant la cité des fureurs de l'Océan, se dresse le château du XIIe reconverti en phare. Puis on descend par le pont d'origine médiévale (pourtant appelé pont romain). De retour vers le centre, près de la Plaza Mayor, on découvre des bâtiments harmonieux et des ruelles dont les arcades abritent bars et restaurants ainsi que les confréries de marins et de pêcheurs. Enfin, même s'il n'y a rien de jacquaire, il faut prendre le temps d'admirer l'élégant front de mer avec ses hautes façades blanches Art Nouveau et ses bow-windows étincelants.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

Notre Dame de l'Assomption à Hazas

Castro Urdiales - Hazas (Liendo)

Parcours :

Étape de 25,10 km demandant une pérégrination de 6h20.Essentiellement maritime jusqu'à ISLARES (8,7km après notre départ) cette étape côtoie l'une des plus belles portions de la côte cantabrique. Nous évoluons à travers des prairies hérissées de roches karstiques où paissent chèvres et brebis , tandis que de hautes falaises plongent dans l'Océan droit devant nous. Au delà de cette localité la ligne droite peut nous conduire rapidement à LAREDO à condition de suivre la N-634. C'est sans doute l'itinéraire qu'empruntaient les pèlerins d'autrefois. Ils suivaient également une variante par la vallée de LIANDO, le seul itinéraire à notre disposition de nos jours si nous tenons à notre tranquillité. Après un long détour dans la ria de Orinon , nous montons jusqu'à SAN MAMES juste après LA MAGDALENA (17,1 km) par des forêts d'eucalyptus. Les derniers kilomètres jusqu'à HAZAS (Liendo) traversent des décors épargnés par l'effervescence du monde moderne. HAZAS (Liendo) est un village bien calme pourvu de lieux d'hébergement.

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

ALLENDELAGUA est un hameau que l'on atteint après 3,3 km de pérégrination. Ce hameau-rue composé de vieilles fermes dispose d'une petite église San Marcos à la façade blanche qui attire le regard.Un peu plus loin(5,1 km) le village de CERDIGO nous découvre sa très ancienne église dédiée à San Juan Evangélista (très souvent fermée). ISLARES a eu son hôpital pour pèlerins aujourd'hui en ruine. L'église San Martin du XVIe siècle reste l'ultime témoignage jacquaire.Les jacquets médiévaux devaient ici payer un passeur pour franchir la ria de Orinon sur une barque ou faire un détour de douze kilomètres en remontant le fleuve Aguera jusqu'au premier pont à la Magdalena.Le pèlerin moderne doit lui aussi choisir entre deux options  analogues pour franchir le cours d'eau: s'il choisit d'aller au plus court, il devra marcher le long de la N-634 jusqu'à la fin de l'étape sinon, il accepte de rallonger sa route. Nous proposons cette dernière option qui passe par RIOSECO (14,9 km après notre départ). Si nous avons opté pour ce parcours nous découvrirons,après avoir traversé une magnifique chênaie, un chemin de croix qui débouche face à l'immense église San Vicente  nichée au milieu des arbres.La façade classique d'une hauteur écrasante arbore un portail représentant Adam et Eve, surpris par leur créateur après la faute originelle, bouche bée, bras pudiquement croisés. A l'intérieur, sur le retable principal, figurent deux représentations de saint Jacques qui côtoient des scènes de la passion. En contrebas de cette église, on peut apercevoir une très importante propriété protégée par une muraille. Dans cette vallée préservée et un peu à l'écart des routes importantes, nous découvrons un bel habitat, dont une vaste demeure anoblie par une tour qui fait face à l'église rurale de la Magdalena. Outre son élégant porche, le sanctuaire a une particularité: un figuier pousse sur son toit, en appui contre le clocher.Les collines environnantes sont coiffées par des crêtes de rochers. C'est ensuite une piste parfumée qui grimpe entre les eucalyptus prolifiques aux pieds desquels fleurit la bruyère. La montée en zigzags conduit à la Ermita SAN MAMES que surveille un chêne magnifique. Aucune trace jacquaire ne subsiste dans le sanctuaire. Pourtant certains documents affirment que l'itinéraire par San Mamès constituait la variante la plus ancienne du Camino del Rey. le chemin franchit ensuite un collet dans un décor sauvage et désert avant d'amorcer sa descente et filet vers la somptueuse vallée de Liando, encadrée par des hauteurs pelées et rocheuses. Elle est tout d'abord couverte d'eucalyptus, de chênes et de châtaigniers qui ombragent le chemin.Des murets de pierres délimitent des prés ou s'ébattent des chevaux. Lorsque nous retrouverons la civilisation, la vallée toujours très paisible héberge des petites bâtisses qui se cachent derrière des vergers généreux et des treilles chargées de vignes. A LIENDO nous ne pouvons ignorer l'église Nuestra Senora del Valle qui est un imposant édifice baroque. Elle abrite un autel dédié à saint Jacques qui arbore une belliqueuse représentation de Santiago Matamoros. A côté de l'église s'élevait au XVIIIe siècle encore une maison hôpital dédiée à San Lazaro et qui accueillait les indigents et les pèlerins.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

L'Albergue de Güemes

Hazas (Liendo) - Güemes

Parcours :

Cette étape est longue (35,4 km pour 9h00 de marche en optant pour le parcours qui passe par SANTONA -ou 36,5 km pour 9h20 pour le parcours qui passe par COLINDRES) mais riche en découvertes. Après moins de deux heures de marche, la cité portuaire de LAREDO est atteinte. La ville était jadis fortifiée et constituait un lieu de passage très fréquenté par les pèlerins arrivant par voie terrestre et même par mer. les vieilles ruelles foisonnent d'églises, de couvents et de palais aux façades blasonnées.

La première variante: un paseo maritime long de plusieurs kilomètres  borde une plage en croissant de lune avant d'aboutir à une pointe sablonneuse où l'on embarque sur un bateau passeur vers le port de SANTONA, dominé par un rocher abrupt. Cette ville est surtout connue en Espagne pour ses conserveries de thon à l'huile. Le pèlerin y trouvera son compte en poussant ses pas du côté de l'église Santa Maria del Puerto; il pourra faire étape dans ce sport, si le temps ne lui est pas compté, ou bien continuer jusqu'à GÜEMES ou se trouve un refuge très apprécié des marcheurs. La seconde variante passant par COLINDRES est plus longue et guère agréable, cette option se justifie lorsque le bateau passeur ne fonctionne pas entre LAREDO et SANTONA (mauvaise météo ou basse saison)

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

Après 3,3 km de marche nous sommes à TARRUEZA, sur la gauche du chemin l'église forteresse  Santa Cecilia est entouré d'un préau et d'un portique en bois qui supporte le local de la sacristie et ses murs à colombages. On remarquera le porche du début de la Renaissance et la traditionnelle table de pierre destinée à la signature d'actes officiels. En chemin, on passe près de la chapelle Santa An, sans grand intérêt artistico-historio-jacquaire, mais d'un agréable ton pastel. Nous abordons le centre-ville de LAREDO après 5,6 km du départ par la Puerta (porte) de Bilbao ou de San Lorenzo, vestige des murailles du XIIe siècle qui ceinturaient alors la ville.En franchissant cette porte, nous marchons sur les traces des voyageurs et des pèlerins médiévaux qui arrivaient de l'est et par conséquent de Bilbao par le chemin de la côte. LAREDO a eu, comme Santander, Castro Urdiales et San Vincente de la Barquera, une intense activité maritime dès le XIIe siècle. D'ailleurs, il est probable que beaucoup de pèlerins arrivaient par bateau.L'affluence des voyageurs maritimes ou terrestres, ainsi que la nécessité de soigner les habitants, conduisit à la construction de plusieurs hôpitaux. Cités dès 1068, l'église San Martin (rue Santa Catalina) est la  pljus vieille église de la ville.Depuis toujours, elle a appartenu à la confrérie des marins de LAREDO, la plus ancienne d'Espagne.L'édifice a subi des transformations au XVe siècle. Bâtie hors des murs de la ville médiévale, elle est connue sous le nom de Santa Catalina (comme le quartier). De style roman , le monument se compose de murs épais, dépourvus de fenêtres, et il communique avec l'extérieur par une unique porte en ogive. Le sanctuaire est coiffé d'un clocher mur à sept ouvertures (huecos), un des plus beaux d'Espagne. L'église Nuestra  Senora de la Asuncion (gothique du XIIIe siècle ) fut le théâtre d'une intercession miraculeuse de la Vierge qui empêcha qu'un marin furieux ne tue l'un de ses compagnons. L'édifice est de taille imposante et date du XIIIe siècle. Son porche porte encore les traces de polychromie médiévale. Le magnifique retable de Belén  au bas duquel figure saint Jacques date du XVe.

Office du tourisme de l'étape : NR

  

L'Hôtel de Ville de Santander

Guemes - Santander

Parcours :

Courte étape de 12,5 km pour 3h15 de pérégrination.Si on se réfère aux témoignages anciens, les routes menant à Santander sont multiples.La voie la plus au sud , qui contourne la baie de Santander , est à exclure de nos jours, à moins d'aimer les zones industrielles, les aéroports et les bretelles d'autoroute. La voie médiane, itinéraire "officiel"entre Galizano et Somo, est doté d'une piste piétonne/cycliste rectiligne, un peu monotone, mais efficace . L'étape précédente était très longue ...peut être souhaiterons-nous tailler la route au plus court?Il existe une troisième voie, plus contemplative que jacquaire, qui consiste à suivre la Senda  Costera depuis Galizano, jusqu'à Somo, en passant par la très belle plage de Langre (elle n'est pas décrite ici mais elle est balisée). A Somo, nous emprunterons pour la dernière fois un bateau passeur.La traversée de trente minutes est la plus longue de toutes.Elle nous réserve une belle arrivée au port en plein centre de Santander et à deux pas de la cathédrale et du refuge des pèlerins. La ville est vivante à défaut d'être belle, on la sent tournée vers le large et les départs....

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

GALIZANO Le village s'étend sur la plaine côtière dans l'axe d'une voie romaine qu'utilisait un certain nombre de pèlerins. Les archives locales révèlent également l'existence d'un modeste hôpital encore en activité au XVIIIe siècle. Aujourd'hui, on n'en trouve aucune trace officielle. Pourtant, on se prend à rêver en passant devant de vieilles bâtisses à fenêtres en ogive et épaisses murailles. L'église paroissiale est dédiée à San Isidro , patron des paysans. Cela explique la présence de têtes de bœufs en médaillon au-dessus du portail d'entrée sous le préau. En façade, une Vierge à l'Enfant de facture très ancienne trône dans une niche . A l'intérieur, dans une chapelle latérale, on trouve une représentation de saint Isidro conduisant un attelage de bœufs. Saint Roch est présent dans une autre chapelle latérale.

SANTANDER a été ravagé par un incendie en 1941. La restauration consécutive faite dans la précipitation a largement modifié la structure de la ville . Cependant, l'arrivée par bateau à Santander est très excitante. Le palais de la Magdalena domine la baie . En débarquant sur le quai, on est accueilli par des sculptures modernes qui s'appellent "Los Raqueros". Elles représentent des jeunes personnages typiques de Santander décrits par José Maria de Pereda. A la fin du XIXe siècle et au début du XXe, ils rôdaient sur les docks et avaient pour habitude de plonger dans l'eau port pour récolter les pièces que les curieux leur jetaient. La cathédrale Santa Maria de la Asuncion est un ensemble monumental dont l'église haute a été édifiée au XIIIe siècle dans le même style gothique que l'église basse.Du XVe au XVIIe siècle, elle a subi des ajouts de chapelles latérales. Le cloître, de base trapézoïdale, fut construit dans la première moitié du XIVe siècle. Par les portes de son mur occidental, on accédait au grand hôpital del Santi Spiritus (hôpital du Saint Esprit) et à l'église des pèlerins de Santiago.Dans la salle capitulaire et dans la nef contigüe, se réunissait dans des occasions exceptionnelles le conseil général de la ville de Santander. L'édifice fut très endommagé en 1941.A l'intérieur se trouve une "pila de agua"c'est à dire un bassin à ablutions musulman provenant d'une maison sévillane, rapportée en 1248 par les Sanderins vainqueurs et offerte comme ex-voto. Elle porte une inscription en arabe: "je suis dans ma pureté plus splendide que le cristal de roche"/Mon corps est fait de blanc argent /..." La sensualité orientale de ces vers semble très incongrue en pareil lieu. Seule la méconnaissance de l'arabe explique la présence de ce poème dans un édifice catholique. L'ancien itinéraire jacquaire empruntait la calle Alta, aujourd’hui quartier populaire avec des façades couvertes d'"azulejols" et de bow-vindows, le tout un peu défraîchi. En chemin, on longe l'église Nuestra Senora  de la Consolacion, de style classique bâtie entre 1772 et 1774. A cet emplacement s'élevait dès le XIVe siècle, sur l'antique base de la tour Juan de Escalante, l'hôpital Santa Maria de la Calzada. C'est à partir des années 1300 que la famille de marins et d'armateurs des Escalante convertit la tour familiale en hôpital pour pèlerins contre lequel ils construisirent l'ermitage Nuestra Senora de la Calzada de la Consolacion. Tout ce quartier, comme le vieux centre portuaire de Santander, contraste avec la plage très chic du Sardiroro et son casino blanc rococo.

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Boo de Pielagos

Santander - Boo de Pielagos

Parcours :

Petite étape de 13,9km pour 3h30 de pérégrination (à moins que vous optiez pour une variante qui  passe par SAN ROMAN et LIENCRES  (14,6 km demandant 4h40).Au Moyen Age, les pèlerins accomplissaient certainement le trajet de SANTANDER  à SANTILLANA DEL MAR en une journée. Pour cela, ils suivaient la ligne droite et franchissaient le RIO DE MOGRO en recourant aux passeurs. L'édification d'un pont à ARCE au XVIIe siècle mit un terme au travail des bateliers et obligea pèlerins et colporteurs à faire le grand tour. Aujourd'hui, trains et autoroute vont au plus court en enjambant la rivière là même où passaient les pèlerins d'autrefois. Dans la précédente édition du guide Rando Éditions, nous faisions toujours le détour par le vieux pont... Une dizaine de kilomètres qui s'ajoutent à notre périple  vers la Galice, et pas toujours agréables. C'est pourquoi sur les conseils de l'"hospitallero" de SANTANDER et les remarques de beaucoup de pèlerins, nous avons opté pour la facilité et le confort. Le plus simple pour franchir le RIO DE MOGRO, c'est encore de prendre le train de BOO à MOGRO! Du coup, nous scindons toujours le parcours SANTANER/SANTILLANA en deux, mais il est possible de l'accomplir en une seule étape pour un total de 34,3 km. Quand à la sortie de SANTANDER, elle est supportable, car on retrouve assez tôt la verdure et un parcours varié. La variante par LIENCRES est plus belle et guère plus longue. Elle permet d'admirer de loin la côte très découpée. Peu de monuments à découvrir aujourd'hui, patientons jusqu'à demain...

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Curiosités :

SANTA CRUZ DE BEZANA Longtemps rattachée à la ville de SANTANDER, BEZANA s'élevait dans un lieu qu'on appelait la CALZADA.Les pèlerins médiévaux passaient par là avant de filer vers BOO DE PIELAGOS. C'est à peu de chose près, l'itinéraire que nous suivons aujourd'hui, bien que nous devions composer avec les autres constructions et les tracés modernes.L'église paroissiale est d'un intérêt limité en raison de ses remaniements successifs. En revanche sur le parcours, se dresse un très ancien calvaire avec une représentation de la Vierge.

BOO DE PIELAGOS Cette petite localité a toujours été un carrefour de chemins, puisque la voie directe depuis SANTANDER et la variante par LIENCRES se rejoignent ici.C'est dans ce village qu'autrefois on empruntait la barque de MOGRO pour traverser le rio PAS, ou rio de MOGRO. Le passage était gratuit pour les pauvres et pour les pèlerins, grâce aux dons en blé que faisaient les voisins pour couvrir les frais. Parvenus sur l'autre rive, les pèlerins du XIIe siècle passaient par MOGRO et MIENGO avant de franchir la ria SAN  MARTIN DE LA ARENA, entre CUDON et CORTIGUERA sur une barque dont la maintenance étaient assurée par les moines de la confrérie Santo Domingo à partir du XIe siècle. Il ne restait plus qu'à filer sur ONGAYO où se dresse encore aujourd'hui, à flanc de colline, l'église Santiago dont la construction débuta au Xe siècle. A proximité, on trouve toujours des traces du large chemin appelé Camino de Santiago et la fontaine où venaient se désaltérer les pèlerins.Un bout de chemin restait encore à accomplir avant de rejoindre SANTILLANA. Les jacquets traversaient PUENTE AVIOS où se dresse encore l'église San Andrés,puis passaient CAMPLENGO et sa ermita San Cipriano. Cet itinéraire jacquaire a été totalement modifié à partir du XVIIe siècle avec la construction d'un pont à ARCE enjambant le rio PAS. A compter de cette date, l'existence des bateaux passeurs ne se justifiait plus. Les pèlerins étaient contraints de faire le grand tour, sort qui nous est également réservé.C'est pourquoi le tronçon SANTANDER-SANTILLANA s'accomplit en deux étapes.

Dans le village d'ARCE, s'élève l'église Santa Marina,de grès rouge, dotée d'une tour clocher très massive.Aux abords du pont, on remarquera également la présence sur une butte de la TORRE DE VELO, construite au XIVe siècle, encore protégée par ses murailles et celle du palais du marquis de la Conquista des XVIIe et XVIIIe siècle. Le pont, formé de cinq arches, date du XVIIe siècle et a joui d'une grande importance stratégique, puisqu'il reliait SANTANDER à la Castille.

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La collégiale romane Sainte Julienne à Santillana del Mar

Boo de Pielagos - Santillana del Mar

Parcours :

Nouvelle petite étape de 16,7 km nécessitant 4h15 de pérégrination. Après les traversées en bateau, pourquoi ne pas s'offrir un petit tour de train, juste le temps d'enjamber le rio de Mogro. C'est à peine de la triche, les pèlerins du Moyen Âge eux-mêmes avaient bien recours aux passeurs.Sur l'autre rive, on attaque plein d'entrain: petits villages et modestes églises en forme pataudes jalonnent notre chemin jusqu'à BERCENA DE CUDON en nous donnant du baume au cœur. Dès lors, le décor vire au cauchemar. Sur plusieurs kilomètres, les hangars industriels se succèdent et notre cap vise une fumeuse et "kolossale" usine.Patience, le meilleur est pour la fin . La campagne redevient belle et le suspens augmente.... SANTILLANA DEL MAR se dévoile enfin aux creux d'un vallon. Village musée où chaque maison, chaque palais raconte un fragment de l'histoire. La collégiale est un joyau et les chapiteaux du cloître racontent aussi des histoires tirées de la Bible. Un dernier conseil:partez de bon matin, car vous n'avez pas fini de vous enthousiasmer à SANTILLANA. Jean-Paul Sartre lui-même avait succombé à son charme ravageur et l'avait élu "Plus beau village d'Espagne".

Dénivelé:

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Curiosités :

En quittant PUENTE ARCE , on traverse une succession de petits villages... Juste avant MOGRO, notre œil sera attiré par l'ermitage de la Virgen del Monte qui s'élève au sommet d'un tertre. Le petit bourg de MOGRO domine un splendide paysage maritime, l'estuaire du rio PAS où les champs cultivés côtoient les dunes et les bancs de sable. L'église San martin occupe le centre du hameau . on en ignore le passé, mais sa tour clocher flanquée de meurtrières évoque un donjon.C'est peut être sa véritable origine, étant donné la position stratégique de MOGRO. On ne traverse pas CUDO, mais à l'écart du village, tout près des canalisations que nous longeons, se dresse l'église très simple et très pure en forme de trèfle. Son crépi partiellement enlevé laisse voir une belle pierre ocre. Nous traversons une zone nauséabonde et enlaidie par la titanesque usine Solvay.On retrouve le chemin ancestral à CAMPLEANGO où subsiste la modeste ermita San Cipriano.

La ermita Santa Justa à URBIACO est un sanctuaire qui se cache au creux de la falaise côtière, dans une anse magnifique. Ce lieu faisait l'objet d'une grande dévotion au Moyen Âge et est mentionné sur les vieilles cartes. Les dévots modernes sont toujours nombreux, beaucoup profitent de l'occasion pour s'offrir une baignade au pied du sanctuaire.Que les pèlerins n'hésitent pas à faire le détour!

Le petit village de SANTILLANA DEL MAR, magnifiquement conservé, est cité dans "La nausée". Jean-Paul Sartre le considérait comme le plus beau d'Espagne. La circulation est strictement réglementée et il est aisé de remonter le temps. Des moines sont à l'origine de ce bourg. Ils apportaient avec eux les reliques de Santa Juliana qui avait été martyrisée à la fin du IIIe siècle sur l'ordre de son mari car elle refusait de renoncer à sa foi chrétienne. Son martyre est relaté sur le retable principal de la collégiale.

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Comillas: une agréable cité bien fleurie

Santillana del Mar - Comillas

Parcours :

Cette étape proposée est de 22,4 km pour 5h40 de pérégrination. On s'échappe de Santillana par un chemin dérobé alors que la brume matinale enveloppe encore le village médiéval. Orena s'annonce par d'étranges tours cylindriques. on songe à un système défensif, à des guetteurs parés à jeter de l'huile bouillante sur les intrus que nous sommes, mais les étranges constructions ne sont que des greniers à maïs . Encore une belle étape, avec des paysages maritimes aux collines chauves balayées par les vents, des vallées au climat tropical où abondent citronniers et bananiers. La richesse patrimoniale ne fait pas défaut: modestes ermitages ou orgueilleuses églises se succèdent tout au long du jour dès Orena, puis à Novales, Cobreces, La Iglesia. La fontaine de los Peregrinos à Cobreces et la ermita de Santiago à Tramalon rappellent si besoin était que nous sommes sur le bon chemin. Juste avant Comillas, le hameau de Concha est un petit bijou discret qui mérite un arrêt. Enfin, Comillas dévoile un centre historique  riche et plein de charme.  Un vent de folie semble aussi souffler sur la ville avec El Capricho, une singulière villa de l'architecte catalan Gaudi et les bâtiments néogothiques et énormes de l'université Pontificale ou du palais de Sobrellano. A proximité de la mer, le cimetière, ceinturé par les murs d'une église en ruine,est également surprenant.

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Comillas - Unquera

Parcours :

Nous partons ce matin pour une étape assez longue de 28km pour 7h de pérégrination mais surtout riche en découvertes. Certains préféreront la scinder en deux en s'arrêtant à San Vincente de la Barquera. Tout au long du jour,nous traverserons des paysages splendides en commençant par les décors lacustres de Ria de Rabia et les vues dégagées sur l'Océan juste avant de descendre sur San Vincente. L'itinéraire est jalonné de chapelles, d'hôpitaux,de ponts anciens dont le plus célèbre et le plus long est celui qui enjambe la ria de San Vincente pour accéder à la ville. Au Moyen Âge, San Vincente comptait jusqu'à trois hôpitaux pour pèlerins. La seconde partie de l'étape suit une vallée tranquille, plantée d'eucalyptus et hérissée de rochers karstiques. La belle tour de la Estrada abrite une église romane et plus loin, à Pesués, on peut voir les restes d'une petite chapelle qui était dédiée à Saint Roque. Aucun doute, nous sommes toujours sur la bonne voie et nous effectuons nos dernières enjambée en Cantabrie. La ria de Tina Mayor à Unquera marque l'entrée dans les Asturies.

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Llanes: "Les cubes de la mémoire"

Unquera - Llanes

Parcours :

Une étape de 25,3 km demandant 6h20 et,pour démarrer cette première journée dans la province des Asturies, nous nous évaderons loin dans l'espace en passant à COLOMBRES. Les splendides villas d'inspirations coloniales construites par les émigrés de retour au pays emporteront notre imagination du côté de l'Amérique latine. En 2005 (lors d'un guide précédent)le balisage officiel suivait en totalité la  N-634, c'est pourquoi nous avions "inventé" un itinéraire original par les petites routes de la vallée Oscura.Nous conservons cette variante à l'attention des pèlerins qui désirent découvrir d'authentiques villages asturiens. Les amoureux de l'air du grand large lui préférerons la Senda Costera E9 qui, pendant 14 km de sentier piéton, permet d'admirer parmi les plus beaux rivages de la côte cantabrique (balisage jacquaire). Les flèches jaunes officielles hésitent toujours à délaisser la N-634, par respect pour le Camino Real ou "historique". (1) Quoi qu'il en soit, nous les retrouverons juste avant d'arriver à LLANES, au niveau de l'ERMITAGE DEL CRISTO DEL CAMINO. LLIANES dévoile un riche patrimoine religieux et défensif, une architecture de villégiature aux goûts de la Belle Époque, un port encaissé et coloré, de belles plages et enfin des cidreries à gogo.Traverser les Asturies sans goûter à son cidre serait une injure. L'art de le consommer obéit aussi à un rituel qui se perd dans la nuit des temps.

(1) C'est à LA FRANCA (4,5 km après notre départ d'UNQUERA que l'on choisit  son itinéraire: soit l'itinéraire officiel jusqu'à PENDUELES puis SENDA COSTERA E9 jusqu'à LLANES (23,5 km) soit l’itinéraire "ethnologique" par la vallée Oscura qui passe par le PIC DE LA SIERRA et SAN ROQUE DEL ACEBAL (25,3km) Faites votre choix!

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Ribadesella

Llanes - Ribadesella

Parcours :

Longue étape de 29,8km (7h30 de péregrination) mais jamais monotone. Aujourd'hui les richesses naturelles et culturelles se succèdent pour se conjuguer à merveille: monastères, églises, ponts et "camino" médiéval jalonnent notre parcours dans des décors magnifiques. Si le temps ne manque pas et si les conditions météorologiques sont clémentes, on ne résistera pas au désir de piquer une tête dans l'Océan devant l'extrême beauté des plages de Celorio ou de San Antolin. Reprenant le tracé du chemin médiéval, le balisage nous tient bien à l'écart de la circulation et du goudron. On appréciera particulièrement les chemins de terre et les paysages du dernier tiers de l'étape. RIBADESELLA s'étale de part et d'autre d'une ria. Sur la rive, on découvre un port de pêche un peu endormi et de l'autre une station balnéaire qui garde la nostalgie de la Belle Époque avec ses villas rococo.

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Sebrayo: Église romane Santa Maria (XIIe siècle)

Ribadesella - Sebrayo

Parcours :

32km et 8h de marche pour cette étape et cette portion de la côte cantabrique qui porte le nom de Costa Verde.Une appellation bien méritée car tout au long de l'étape nous évoluerons dans un cadre verdoyant parmi les collines couvertes d'eucalyptus.On plonge en direction de la mer pour découvrir le village de VEGA, resté authentique avec ses "herreos" au bois noirci par le passage des saisons et les vents chargés d'embruns. Ici, la plage restée sauvage n'attire que les surfeurs. L'eau douce du ruisseau se mêle à celle de l'océan en se frayant un passage à travers les roseaux. Dominant ce décor aquatique, les restes d'un pont médiéval  témoignent du passage des jacquets d'autrefois. La Isla marque le dernier vrai contact avec la mer. Notre route va s'infléchir désormais au sud-ouest, parcourir l'intérieur des terres et bientôt rencontrer les montagnes asturiennes.Nous voyons s'égrainer les premiers monuments préromans qui, à défaut de vouer un culte particulier à l'apôtre Jacques, virent passer les pèlerins au fil des siècles.A PRIESCA, San Salvador est un édifice très émouvant dans la simplicité et la pureté de ses motifs sculptés propres au préroman asturien. Chemins boisés, pont médiéval et ruisseaux nous conduiront jusqu'à SEBRAYO.

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L'ermita Santiago de Sariego peu avant La Vega de Sariego

Sebrayo - La Vega de Sariego

Parcours :

Étape plus courte que les deux précédentes puisque vous n'aurez que 22,8 km à parcourir en 5h50.... Après le calme de SEBRAYO, nous retrouverons un peu d'animation à VILLAVICIOSA. On s'attarde dans les ruelles bordées de palais blasonnés et surtout dans l'église Santa Maria de la Oliva, une splendeur de l'art roman. La journée ne fait que débuter. Non loin de là, l'église et le village d'AMANDI rivalisent d'harmonie dans une nature qui évoque la douceur des tropiques. Puis nous atteignons VALDEDIOS. L'église San Salvador sert de référence en matière d'architecture préromane dont on mesure l'influence mozarabe évidente. Tout à côté, le monastère cistercien est un havre de quiétude au creux d'un vallon retiré. C'est par une rude ascension que nous gagnons le col de la Campa. Le décor superbe du Valdedios et les jolis hameaux de VILANOSCURA et de VILLARICA nous inciterons à faire des pauses le temps de reprendre souffle. Après l'Alto de Campa, le balisage (piste piétonne) nous fait découvrir le hameau de SAN ROMAN, puis l'église toute blanche de SANTIAGO DE SARIEGO, lieu jacquaire comme son nom l'indique. LA VEGA DE SARIOGO dispose d'un refuge.

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La cathédrale d'Oviedo

La Vega de Sariego - Oviedo

Parcours :

Cette 23e étape de 27,4 km (7h00 de pérégrination) est radieuse et nous fait basculer au cœur des Asturies. Il serait dommage de ne pas faire le petit crochet par l'église romane Santa Maria de NARZANA. Le porche qui se dresse dans le narthex est d'une rare beauté,de même que la nef sobre et très pure. L'approche d'une grande ville est rarement une sinécure... Heureuse surprise: pistes et chemins boisés  prédominent jusqu'à l'entrée de OVIEDO. La cathédrale qui se dresse droit devant nous nous fait oublier la laideur des faubourgs en agissant comme une promesse. Au Moyen Âge, de nombreux pèlerins faisaient le détour depuis LEON pour venir vénérer les reliques de la chambre sainte au sein de la cathédrale Saint Sauveur. Pour beaucoup, la pérégrination vers Compostelle n'avait de sens que si elle passait par OVIEDO. Au IXe siècle, le roi Alfonso II El Casto fut le premier souverain à prendre le chemin vers la tombe de saint Jacques au départ d'OVIEDO, inaugurant ainsi le Camino Primitivo. C'est dire si cette étape est historique et emblématique dans notre périple. Le vieux centre est par ailleurs superbe et très vivant, car OVIEDO est une ville universitaire de premier plan.

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Faites dont 4,5 km de plus après Grado pour trouver une albergue à Villapanada....

Oviedo - Grado

Parcours :

24,9 km à parcourir en 6h15 pour cette 24e étape... Mais on ne saurait quitter OVIEDO sans aller admirer les édifices préromans de Narranco. Le plus simple consiste à les inclure dans le tour de ville en s'y rendant au moyen du bus 10. Désormais, et jusqu'à SANTIAGO,nous marcherons sur les traces du roi Alphonse II qui effectua ce voyage au IXe siècle. L'étape du jour serpente pour éviter au mieux les routes importantes. Les petits villages se succèdent avec leurs kyrielles d'ermitas  et d'horreos, reliés les uns aux autres par des chemins creux, ponts médiévaux et morceaux de "calzada" qui restent les témoins des passages ancestraux. A GRADO, rien ne subsiste de l'hôpital qui reçut les pèlerins jusqu'au XVIIe siècle, et la ville n'est guère attrayante. Pour passer la nuit peut être vaudra t-il mieux pousser jusqu'au village de VILLAPANADA qui dispose d'un refuge.

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L'église de Salas

Grado - Salas

Parcours :

Aujourd'hui cette 25e étape sera de 22,3 km pour 5h40 de pérégrination. Depuis les guides précédents de Rando-Editions, la construction d'une autoroute est venue troubler le décor tout au long de l'étape. Le monstre de bitume ne nous empêchera pas d'admirer les villages fleutris et les prairies "décorées" de vaches rousses. Le cœur des Asturies a bien du charme et de l'authenticité comme disent les citadins. L'ail et le maïs accrochés dans les "horreos" de SAN MARCELO et de SANTA EULALIA DE DORIGA prouvent que ces constructions antédiluviennes servent encore. L'histoire aussi est très présente au cours de cette étape où tracés jacquaires modernes et anciens se superposent. Avec son église romane très trapue et sa ferme forteresse , SANTA EULALIA DE DORIGA mérite un arrêt. Le monastère del Salvador à CORNELLANA, est gigantesque. Les bâtiments conventuels abritent en outre un refuge pour pèlerins très confortable. Au terme de l'étape, le centre historique de Salas est de taille réduite, mais riche: murailles et tour médiévale, église gothique San Martin, d'allure quasi militaire. L'ensemble se concentre autour d'une place centrale égayée par des terrasses de café et qui se colore et s'anime pour de bon les jours de marché.

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Ayuntamiento deTineo.

Salas - Tineo

Parcours :

Courte étape de 18,8km (4h45 de pérégrination) qui, comme l'étape précédente a subi des chamboulements ces dernières années avec la construction de l'autoroute A-63. Les champs bordés de murets aux abords de Porciles ont conservé leur charme. Notre seul désagrément est la vue de quelques viaducs et giratoires hideux. Au delà, nous retrouvons les chemins creux qui se confondent avec la "calzada" ancestrale.Les chapelles et les églises de villages jalonnent notre parcours à un rythme soutenu, autant d'occasions de faire des pauses. La ermita San Roque qui annonce l'entrée de TINEO est flanquée de coquilles. Les habitants des alentours viennent vénérer le saint quotidiennement. La ville s'étage et s'étale à flanc de montagne. L'église paroissiale San Franscico  est l'unique vestige d'un couvent médiéval qui recevait les pèlerins. La plaza del Hospital  de los Peregrinos évoque cet hôpital disparu, an apportant la preuve que bien d'autres avant nous firent étape à TINEO.

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Le Palais de Cienfuegos ou Peñalba

Tineo - Pola de Allande

Parcours :

On revient à des étapes approchant des 30km. Cette 27éme étape de 27km pourra être facilement scindée en deux en s'arrêtant pour la nuit au refuge de CAMPIELLO (la Casa Herminia est un excellent refuge privé) ou à celui de BORRES (pour ce dernier, prévoir des provisions, car le hameau ne dispose d'aucune commodité). Au départ de TINEO, un chemin creux profond et superbe nous emporte  à travers bois jusqu'au col de Piedratecha. Le ton est donné et l'étape sera belle. Le monastère Santa Maria Real de Obona oblige à faire un petit détour.N'hésitez pas, l'état de ruine des bâtiments  conventuels qui reçurent  les jacquets autrefois  est un lieu très émouvant. La suite de l'itinéraire vous fera côtoyer quantité de hameaux et autant de "ermitas" et... Dieu que la montagne est belle, comme le dit la chanson. Après LA MORTERA, le balisage évite le goudron, ce qui est une bonne chose en soi, mais augmente la somme des dénivelés positifs et garantit la boue les jours de pluie. Chacun jugera au mieux, le temps venu. La forteresse de Cienfuegos  domine la petite ville de POLA DE ALLANDE. D'autres villas d'inspiration coloniale  ornent ce bourg de montagne un peu austère. A l'heure du dîner,la gastronomie locale aussi roborative que succulente dévoilera ses secrets au marcheur fatigué.

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Refuge à la sortie de Berducedo

Pola de Allande - Berducedo

Parcours :

Petite étape de 17 km (4h15) mais sauvage et belle.... Ces mots  un peu racoleurs définissent pourtant à merveille le caractère de cette étape montagnarde. Avec le col du Palo, à 1146 mètres d'altitude, nous franchissons le point le plus élevé du Chemin Primitif. L'ascension par d'étroits sentiers est agréable, jamais pénible. La descente nous procure la sensation d'être très loin de la civilisation. d'ailleurs l'unique habitant deMONTFEFURADO vit un peu comme un ermite à deux pas de l'ermitage Santiago. Ici se dressait un hôpital au Moyen Age. Nous poursuivons à travers la lande à près de mille mètres d'altitude. Le hameau de LAGO sommeille aussi, les chats sur les rebords des fenêtres nous regardent passer. Nos pas résonnent dans le silence des forêts de conifères avant d'entrer dans BERDUCEDO. Les pèlerins du Moyen Age s'y arrêtaient déjà. L'antique hôpital n'existe plus, mais un refuge a été ouvert récemment et les bars, restaurants et épiceries du hameau permettront au pèlerin de trouver tout le réconfort nécessaire.

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La collégiale de Grandas de Salime

Berducedo - Grandas de Salime

Parcours :

Aujourd'hui, l'étape est assez courte: 19,4km (4h50 de pérégrination) mais guère reposante. Comme chacun sait, les descentes sont souvent plus pénibles pour les jambes que les montées. Les premiers kilomètres effectués à travers des paysages sauvages et souvent balayés par les vents d'ouest nous conduiront à un haut lieu jacquaire . De nos jours, BUSPOL n'est plus qu'une ferme d'élevage, autrefois , c'était un hôpital qui abritait les pèlerins venus affronter les glaciales solitudes. Tout à côté se dresse une minuscule "ermita" puis c'est le plongeon vertigineux (huit cents mètres de dénivelé) vers le barrage de Salime. Dans les années 1950, tout fut englouti, le village de Salime et bien d'autres hameaux, mais également les ponts médiévaux que les pèlerins d'antan empruntaient. Six kilomètres en montée par une route calme, puis un sentier balisé, sont nécessaires pour aboutir à GRANDAS DE SALIME. De la communauté monastique fondée au XIIe siècle ne subsiste que la très belle collégiale San Salvador. Ne pas oublier le musée ethnographique qui aide à comprendre la vie d'hier et d'aujourd'hui dans les hameaux des Asturies. Les habitants de GRANDAS DE SALIME viennent souvent du village englouti de Salime. Des photos anciennes dans les magasins et les bars évoquent ce passé nostalgique, un peu comme Portomarin sur le Camono Frances.

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"La fontaine sacrée" de A Fonsagrada

Grandas de Salime - A Fonsagrada

Parcours :

Cette 30e étape de 25,4 km (6h40 de pérégrination)marque l'entrée en Galice après une lente montée jusqu'au col del Acebo. Cette nouvelle étape de montagne se stabilise et évolue entre neuf ents et mille mètres d'altitude. après un mois de marche et l'air vif aidant, les kilomètres se grignotent aujourd'hui sans qu'on y pense, d'autant que les paysages sont splendides et les hameaux nombreux.Ces lieux-dits ont peu de choses à dévoiler, si ce n'est de modestes chapelles pleuplées de statuettes naïves, des "horreos" et des lavoirs et une vie rurale encore vivace , chose étonnante dans une Europe technocratique, livrée à un libéralisme sans âme. Cette marche entreprise au Pays basque nous a montré que les modes de vie traditionnels persistaient encore dans bien des régions. En pénétrant en Galice, ce sentiment va se renforcer, nous abordons les confins des terres et de l'Europe. Peu de traces jacquaires, en revanche on parle d'hôpitaux qui s'élevèrent ici et là, à PENAFUENTE et à FRONFRIA. L'hospitalité allait de soi autrefois, il est probable que les pèlerins dormaient là ou la fatigue leur imposait un arrêt. A FONSAGRADA est un gros bourg tout blanc, connu pour ses foires à bestiaux.

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La mairie de Baleira

A Fonsagrada - O Cadavo - Baleira

Parcours :

Depuis 2005, le chemin s'est bien amélioré en évitant presque totalement le goudron jusqu'à l'hôpital de MONTOUTO. Une "ermita", des bâtisses en pierres sèches à demi-ruinées, c'est tout ce qui subsiste en ce haut lieu fondé en 1357 à l'attention des pèlerins.La suite de l'étape ressemble beaucoup à la précédente avec des passages en forêt , des navigations ventées à travers la lande et toujours ces hameaux où l'on note des évolutions dans l'architecture. Certains vieux bâtiments sont de forme semi-circulaire et baptisés "celeiros", ils servaient autrefois à garder chèvres et brebis. Les "horreos" aussi différent de ceux des Asturies par leurs formes arrondies et leur couverture de chaume. CADAVO BALEIRA dispose d'un refuge et de toutes les commodités, mais le bourg est plutôt triste. Les plus courageux auront tout intérêt à pousser jusqu'à CASTROVERDE, où toutefois ils ne trouveront pas de refuge et devront recourir à l'hôtel.

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Curiosités :

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De la muraille de Lugo, vue sur la cathédrale

O Cadavo Baleira - Lugo

Parcours :

Avec cette étape de 30,6 km (8h00 de pérégrination) on retrouve des monuments plus imposants que les derniers jours et aussi des références jacquaires. A VILABADE, l'église gothique Santa Maria a été bâtie sur le site d'un monastère plus ancien fondé en 1207 par saint François d'Assise en personne.L'église actuelle compte plusieurs représentations de saint Jacques dont un belliqueux Santiago Matamoros. CASTROVERDE s'annonce de loin par une tour médiévale, dernier vestige du château d'Altamira. L'église paroissiale est consacrée à l’apôtre. Le parcours jusqu'à LUGO est un peu tortueux, mais il a le mérite de nous tenir longtemps à l'écart du goudron. La vieille ville de LUGO abritée derrière ses murailles romaines nous donne un avant-goût de Compostelle. Le même granit habille les façades des habitations ou de la cathédrale. Les motifs baroques de l'édifice reprennent ceux de la cathédrale de la place de l'Obradoiro, en beaucoup plus modeste toutefois.

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L'église de San Roman da Retorta

Lugo - San Roman de Retorta

Parcours :

Après plus d'un mois de pérégrination, l'étape de ce jour nous paraîtra bien courte: 17,8 km demandant 4h30.... SAINT ROMAN DA RETORTA est en effet le seul lieu envisageable pour passer la nuit avant Mélide. Le tracé est évident, rectiligne comme si le chemin sentait l'écurie  à moins de cent kilomètres de Santiago et qu'il pressait le rythme. Pourtant passée la porte de saint Jacques et franchi le pont romain, dès la sortie de LUGO la campagne galicienne incite à la flânerie. Elle s'exhibe avec ses murets, ses "horreos" et ses choux qui dandinent leur tête haut penchée. Parfois, on quitte la route récente pour emprunter l'antique "calzada", un chemin creux sombre et dallé, presque parallèle au bitume. La vraie richesse du jour se situe hors chemin. Il serait presque impardonnable de ne pas faire le crochet par SANTA EULALIA DE BOVEDA. Le hameau est déjà intéressant avec son habitat traditionnel en granit, mais il faut absolument visiter la chapelle paléochrétienne, découverte au début du XXe siècle sous l'église paroissiale. ses origines sont obscures, mais certains affirment que l'édifice remonte au IVe siècle. Au terme de l'étape, SAN ROMAN DA RETORTA ne compte qu'une petite église entourée de son cimetière, le refuge et un bar. Le patron du bistrot est un bavard impénitent. A le laisser parler, à condition de comprendre un castillan mâtiné de galicien, vous saurez tout sur le passage des jacquets par SAN ROMAN au fil des siècles.

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L'église Santa Maria de Mélide

San Roman da Retorta - Melide

Parcours :

Derniers instants de solitude.... Au terme de cette 34e étape de 27,4 km (7h de pérégrination, notre "Camino Primitivo" rencontrera le "Camino Frances" et ses foules de pèlerins. La route jusqu'à  Santiago n'en sera pas moins belle pour autant, mais peut être aurons-nous le sentiment de ne plus faire l'école buissonnière et d'être rentrés dans le rang . Au départ de SAN ROMAN DA RETORTA, deux itinéraires sont possibles pour rallier FERREIRA. Par SEIXALBOS et XENDE, les bornes jacquaires suivent le goudron ou prennent le risque de se perdre dans la végétation. L'autre variante, par la Calzada Romana, plus courte de deux kilomètres et plus conforme à la tradition , nous a semblé aussi plus agréable. Cet itinéraire, marqué de flèches jaunes, nous fait passer par BURGO NEGRAL et PACIO, des hameaux austères et perdus, avant d'atteindre le rio Ferrieira et son élégant pont romain. Un seul balisage à présent nous achemine vers MELIDE. En passant HOSPITAL DAS SEIXAS, ne cherchez pas les traces d'un quelconque hôpital pour pèlerins, il a disparu ou se bien se cache derrière les murs d'une très vieilles fermes que compte le hameau. MELIDE possède quelques édifices intéressants. Vous remarquerez aussi que la renaissance du Camino a ressuscité les marchands du temple!

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A l'Alto de Santa Irene 1km avant le refuge de la Xunta

Mélide - Santa Irene

Parcours :

Longue étape de 30,8km (7h15 de marche).... Les deux dernières étapes du voyage totalisent une cinquantaine de kilomètres à elles deux. Chacun les découpera comme bon lui semble, selon sa forme physique, son humeur et ses goûts. Dormir à SANTA IRENE assure une nuit supplémentaire dans un refuge en pleine campagne , scindant équitablement les distances. L'étape de trente kilomètres suit un parcours labyrinthique reliant entre eux des hameaux lilliputiens et des fermes. Dès la sortie de MELIDE, on découvre un joli patrimoine  et des traces jacquaires en grand nombre  avec l'église Santiago à BOENTE, l'ancien hôpital à RIBADISO (redevenu un refuge après travaux)ou encore des toponymes se référant au chemin, tels CALZADA ou BREA. Dans cette région de la Galice, on retrouve les plantations d'eucalyptus que nous avions quasiment perdu de vue depuis l'entrée dans les Asturies. Nous côtoyons aussi depuis ce matin des drôles d'individus affublés de sacs à dos et chaussés de godillots, peu comme du reste: on les appelle les pèlerins de Compostelle!

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A force de courage et d'abnégation: La récompense!

Santa Irene - Santiago de Compostela

Parcours :

Ultime étape de 23,3 km (6h) de pérégrination.... Durant ces derniers instants de calme, beaucoup songeront au chemin parcouru avec la joie de toucher au but, tandis que beaucoup d'autres sentiront leur gorge se serrer à l'approche du dénouement. La tentation sera peut être grande de s'arrêter encore une fois. A LAVACOLLA par exemple, afin d'accomplir le voyage dans les règles et la tradition. LAVACOLLA était un arrêt obligé pour les pèlerins médiévaux, l'occasion de sa laver  ("lava colla": est-il besoin de traduire?), de mettre ses affaires en ordre et de se faire beau avant d'aller honorer saint Jacques. Mais lorsque surgissent les autoroutes avec leurs échangeurs et l'aéroport de Santiago, on comprend que LAVACOLLA appartient déjà à l'épilogue d'un voyage entrepris il y a plus d'un mois. La descente vers la ville depuis le Monxoi  s'accompagne de doute. Trop d'effervescence secoue les faubourgs, les noms ressuscitent le passé et pourtant le modernisme recouvre tout. Il faut franchir la Porta do Camino et pénétrer dans la vieille ville. Alors Santiago se dévoile  et votre émotion va grandissant au fil des rues, des places et des ruelles. Un porche et quelques marches à descendre, et vous voici place de l'Obradoiro. Le chemin a tenu sa promesse jusqu'au bout. A vous de poursuivre votre propre chemin.

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Le Pazo ou palais de O Coton à Negreira (forteresse médiévale)

Santiago de Compostela - Negreira

Parcours :

Une étape de 20,7km pour 5h15 de pérégrination. Ce sera la première après Santiago et la 37e étape si vous considérait que Compostelle n'était qu'une étape avant la fin des terres. Lancée d'une façon abrupte,la phrase pourrait surprendre et choquer le marcheur venu jusqu'à Saint Jacques, qu'il soit chrétien fervent ou simple randonneur . Pourtant, des le Moyen Age nombreux étaient ceux qui poussaient leur chemin jusqu'au cabo Fisterra, ne serait ce que pour rapporter avec eux les fameuses "conchas", "vieiras" ou coquilles Saint Jacques . La sortie de Compostelle promet le plus beau point de vue sur la ville et la cathédrale. Mais il faut déjà regarder devant soi, retrouver les sentiers forestiers, les eucalyptus, les "horreos" et toute la faune des basses-cours. Un petit bijou vous attend sur les rives du rio Tambre. PONTE MACEIRA est un village modeste, mais d'une beauté presque parfaite. Pont médiéval, chapelle San Vrais et calvaire, demeures aux allures de manoirs bretons. Tout est taillé dans une pierre de granit dont on se plaît à caresser le grain. NEGREIRA n'a pas autant de charme à dévoiler, mais son refuge vous abritera pour la nuit. Le moment fugitif de goûter pleinement au plaisir d'avoir retrouvé le Chemin...

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Deux beaux horreos à Olveiroa

Negreira - Olveiroa

Parcours :

Longue étape que celle-là (32,8 km pour 8h20 de pérégrination) pleine de creux et de bosses qui vous donnera le sentiment d'avoir repris le Chemin pour de bon et d'être reparti pour un périple au long cours. Au départ, dans la foulée de la précédente étape, on progresse le plus souvent à travers bois. Puis les paysages s'ouvrent, les arbres sont plus clairsemés et moins hauts. Ici les tempêtes hivernales ratissent tout sur leurs passages, la proximité avec l'Océan se fait ressentir. Durant ces trente kilomètres, on ne rencontrera aucun village, seulement des hameaux et des fermes éparpillées. L'architecture est toujours plus massive comme pour mieux s'ancrer dans la terre. OLVEIROA, où nous passerons la nuit, est un hameau galicien en tous points conforme à cette image. L'église paroissiale dédiée à Santiago ne laisse rien deviner de ses origines romanes. Son nom et son ancienneté nous renvoient aux pèlerins qui bien avant nous élirent ce lieu pour se reposer.

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Le phare de Cabo Finistera

Olveiroa - Cabo Finisterra

Parcours :

Cette fois c'est vraiment  l'épilogue,  un peu long d'ailleurs car l'étape est de 33,5 km (8h30 de pérégrination) et impossible d'aller plus loin...après c'est l'Amérique! Cela dit, rien ne vous interdit de l'inventer en Galice, si l'envie vous prend de scinder ce parcours en deux en vous arrêtant à CORCUBION ou à SARDINEIRO. Le début de la journée vous fait traverser une nouvelle fois une campagne superbe, jalonnée de calvaires et  d'"ermitas". Mais le moment que vous guettez aujourd'hui, c'est celui où vous apercevrez pour la première fois l'Océan. Certes, vous avez côtoyé souvent la mer durant ce voyage côtier, mais cette fois c'est le bout du Bout. Dès CORCUBION, la mer sera votte compagne de marche. Ports et plages se succèdent et au loin se profile la silhouette du cap Finisterre. Santa Maria  dea Areas à FINISTERRA est invoquée pour protéger les marins partis en mer bien plus que les pèlerins parvenus jusque là. Au-delà de cette église, il n'y a plus que les falaises balayées par le vent et les embruns, le phare et le CABO FISTERRA. L'instant est peut être venu de brûler vos vieux vêtements et de faire demi-tour....

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St Marc

Mardi 25 Avril 2017