"La fontaine sacrée" de A Fonsagrada

Grandas de Salime - A Fonsagrada

Parcours :

Cette 30e étape de 25,4 km (6h40 de pérégrination)marque l'entrée en Galice après une lente montée jusqu'au col del Acebo. Cette nouvelle étape de montagne se stabilise et évolue entre neuf ents et mille mètres d'altitude. après un mois de marche et l'air vif aidant, les kilomètres se grignotent aujourd'hui sans qu'on y pense, d'autant que les paysages sont splendides et les hameaux nombreux.Ces lieux-dits ont peu de choses à dévoiler, si ce n'est de modestes chapelles pleuplées de statuettes naïves, des "horreos" et des lavoirs et une vie rurale encore vivace , chose étonnante dans une Europe technocratique, livrée à un libéralisme sans âme. Cette marche entreprise au Pays basque nous a montré que les modes de vie traditionnels persistaient encore dans bien des régions. En pénétrant en Galice, ce sentiment va se renforcer, nous abordons les confins des terres et de l'Europe. Peu de traces jacquaires, en revanche on parle d'hôpitaux qui s'élevèrent ici et là, à PENAFUENTE et à FRONFRIA. L'hospitalité allait de soi autrefois, il est probable que les pèlerins dormaient là ou la fatigue leur imposait un arrêt. A FONSAGRADA est un gros bourg tout blanc, connu pour ses foires à bestiaux.

Dénivelé :

description du dénivelé

Curiosités :

Dès la sortie de Grandas de Salime, le balisage évite au mieux le goudron et court parallèlement à lui dans des chemins creux et ombragés qui se relient entre eux des hameaux minuscules.Des ermitages jalonnent le parcours. La petite chapelle de PADRAIRA, juste après CASTRO, est tout ce qui subsiste de l'hôpital léproserie médiéval.PENAFUENTE nous révèle la très jolie église en granite couverte de lichens Santa Maria à l'allure bretonne et dont le campanile se perd dans les arbres.Les comparaisons avec la Bretagne ne manqueront pas durant les jours à venir, car nous abordons la Galice, terre celte par excellence. En contrebas d'une ferme cossue , nous découvrons le premier horreo galicien qui a troqué le toit de lauzes pour le chaume.Près de l'église,la fontaine couverte d'un toit et dotée  deux jets, suscite d'âpres discussions entre les villageois, à travers deux clans opposés qui comparent la qualité de l'eau,chaque jet ayant sa propre source! Entre Penafuente et l'Alto de Acebo, les pèlerins médiévaux pouvaient marquer un ultime arrêt dans les Asturies à l'hôtel de Cuina, aujourd'hui disparu. Le col de Acebo n'est indiqué que par une "venta"et marque l'entrée en Galice. A partir de là, pour des raisons mystérieuses et inconnues du simple jacquet, les coquilles indicatrices sont inversées. On rencontre également la première borne jacquaire affichant le compte à rebours jusqu'à la cathédrale de Compostelle. PK.170km937. Un tel souci de précision rend perplexe! FONFRIA signifiant "eau froide" comprenait un hôpital placé sous la juridiction de San Juan de Portomarin. Ce lieu d'accueil offrait des chambres, une infirmerie et un lieu de prières et a joui d'une remarquable longévité puisqu'au début du XXe siècle, c'était encore un refuge administré par des hospitaliers.Le petit ermitage de PARADANOVA est trop récent pour que les pèlerins du Moyen Âge l'aient connu. Il abrite une croix étonnante: échelle, marteau, tenailles, cordes, tous les outils nécessaire à la crucifixion y sont représentés. L'architecture devient légèrement différente, plus austère. Les maisons arborent des toits à pans carrés en ardoise.

A FONSAGRADA (Fons Sacrata) a d'abord été un bourg, né autour d'une fontaine sacrée, objet d'une dévotion intense.Une légende rapporte que Santiago aurait fait jaillir du lait de cette source pour nourrir les enfants d'une pauvre veuve qui l'avait reçu avec beaucoup d'hospitalité. La fontaine est toujours visible en contrebas de l'église paroissiale . L'ensemble paraît avoir été remanié à l'exception d'une statue très ancienne de la Vierge.Des documents atteste que, dès la fin du XIIe siècle, des pèlerins passaient et s'arrêtaient dans la cité qui possédait un hôpital. A Fonsagrfada était également connue pour ses foires importantes qui assurèrent son développement économique jusqu'à ce qu'elle devienne en 1835 la capitale du district.C''est la ville la plus haute de Galice avec 952 m d'altitude.Elle possède de très belles maisons portant des blasons héraldiques et des bow-windows. La ville a connu d'importants mouvements de population. L'émigration a commencé dès le Moyen Âge: il s'agissait alors de repeupler les terres libérées par la Reconquista. Aux XIXe et XXe siècles, la population émigrait vers l'étranger et seulement un tiers est resté au pays.L'histoire de l'émigration est racontée au musée Comarcal.

Office du tourisme de l'étape : NR

 



St Pierre, St Paul

Jeudi 29 Juin 2017