Au fil des jours


Saint jacques de Compostelle et les sites classés au patrimoine mondial de l'unesco

Pierre Catoire et la fondation David Parou

Nous avons reçu dernièrement de la part de la fondation DAVID PAROU des informations relatives au classement des sites et monuments inscrits au Patrimoine mondial de l'UNESCO. Comme chacun sait bon nombre d'inscriptions concernent nos chemins de Compostelle et nous nous réjouissons de la prise de conscience qui émane aujourd'hui et qui rendra  les futures inscriptions beaucoup plus difficiles à obtenir car mieux étudiées et moins soumises aux influences politiques et économiques comme ce fut, hélas trop souvent le cas.
Nous avons souhaité porter à la connaissance de nos fidèles internautes les informations  qui nous ont été apportées sur le sujet et pour lesquelles nous remercions vivement les animateurs de la fondation DAVID PAROU et en particulier Denise PERICARD MEA et Louis MOLLARET qui se dévouent sans compter pour que les chemins de Compostelle et son historique soient à la hauteur des exigences que sont en droit d'attendre tous les pèlerins qui souhaitent rester fidèles aux origines des pèlerinages et à leur histoire.

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Qui était Saint Jacques?

 

La Bible le mentionne habituellement sous le prénom de Jacob, transcrit en latin Iacobus et plus tard, en espagnol, Iago, Tiago et Santiago (sanctus Iacobus) et, en français, Jacques. Saint Jacques Zébédée ou saint Jacques le Majeur est l’un des premiers disciples à verser son sang et à mourir pour Jésus. Membre d’une famille de pêcheurs et frère de saint Jean l’Évangéliste – tous deux surnommés Boanerges (« fils du tonnerre ») en raison de leur caractère impétueux —, il appartient au groupe des trois disciples privilégiés qui ont été les plus proches de Jésus. L’apôtre saint Jacques a été présent aux moments les plus importants de la vie du Messie chrétien – la Transfiguration au mont Thabor et l’Agonie dans le jardin des oliviers — et il fut témoin de son dernier miracle, son apparition, ressuscité, aux bords du lac de Tibériade. Après la mort de Jésus, saint Jacques, passionné et impétueux, a fait partie du groupe initial de l’Église primitive de Jérusalem et il fut envoyé évangéliser, selon les traditions médiévales, l’Espagne et plus précisément la région du nord-ouest, connue alors sous le nom de Gallaecia. Certains récits soutiennent que le patron actuel de l’Espagne est arrivé aux terres du nord en passant par la côte dépeuplée du Portugal. D’autres théories suggèrent, en revanche, qu’il aurait suivi la vallée de l’Èbre et emprunté la voie romaine cantabrique. Enfin, certains affirment même que saint Jacques a gagné la Péninsule ibérique en passant par l’actuelle Cartagena.
Il constitua un groupe de sept hommes apostoliques, qui furent ordonnés évêques par saint Pierre à Rome et eurent pour mission d’évangéliser les terres d’Hispanie. L’apôtre saint Jacques revint à Jérusalem, selon les textes apocryphes, pour accompagner la Vierge sur son lit de mort en la compagnie des grands disciples de Jésus. Les testaments apocryphes racontent qu’avant de mourir Marie reçut la visite de Jésus ressuscité. Elle lui demanda de passer ses derniers jours entourée des apôtres qui étaient dispersés aux quatre coins du monde. Son fils lui permit de prévenir elle-même les disciples par le biais d’apparitions miraculeuses. Ainsi, la Vierge apparut à l’apôtre saint Jacques et aux sept hommes sur un pilier de marbre à Saragosse, un épisode qui aujourd’hui est vénéré en la basilique Nuestra Señora del Pilar. L’apôtre saint Jacques fut torturé et décapité en l’an 42 sur l’ordre d’Hérode Agrippa I, roi de Judée.
La légende raconte que les sept disciples profitèrent de la nuit noire pour prendre la fuite et qu’ils mirent le corps de l’Apôtre dans une barque qui les conduisit jusqu’en Galice où ils arrivèrent à travers le port d’Iria Flavia (aujourd’hui, Padrón). Les hommes déposèrent son corps sur un rocher – qui céda et céda jusqu’à se transformer en sarcophage saint — le temps de demander à la reine païenne Lupa, qui gouvernait  les terres où se trouve aujourd’hui Compostelle un endroit pour enterrer saint Jacques. La reine accusa les nouveaux venus de pêcher par orgueil et les envoya à la cour du roi Duyos, ennemi du christianisme. Celui-ci les emprisonna. Selon la tradition, un ange – dans d’autres récits, un éclat lumineux et étoilé — libéra les sept hommes et, dans leur fuite, un nouveau miracle fit périr les soldats qui courraient après eux sur le pont. Mais ce ne fut pas le seul contretemps que les hommes durent affronter. Les bœufs capturés sur l’ordre de la reine pour tirer la charrue qui allait transporter le corps de saint Jacques à Compostelle étaient en réalité des taureaux sauvages qui devinrent miraculeusement  très dociles. Lupa, stupéfaite par tant de miracles, se convertit au christianisme, ordonna la démolition de tous les lieux de culte celtes et offrit son palais pour enterrer l’Apôtre. C’est sur cet emplacement que se dresse aujourd’hui la cathédrale de Saint-Jacques.
Il faut attendre 8 siècles pour qu’un ermite nommé Paio (Pélage) raconte à l’évêque d’Iria Flavia, Théodomir avoir été guidé par l’étrange et puissante luminosité d’une étoile jusqu’au mont Libredón. En 813, en ce lieu qui sera appelé Compostelle  (campus stellae, « Champ de l’étoile »), ils découvrent au pied d’un chêne, sous la broussaille, un autel avec trois monuments funéraires. Dans l’un d’eux se trouvait un corps décapité tenant la tête sous un bras. À ses cotés, une inscription disait : « Ici gît saint Jacques, fils de Zébédée et de Salomé ». L’évêque reconnaît les dépouilles de saint Jacques, de Theodore et d’Athanase et considère cette identification comme une révélation divine.  Il fait part de cette découverte au roi Alphonse II le Chaste, qui, après avoir visité le lieu, nomme l’Apôtre patron du royaume et ordonne la construction d’une église en son honneur. La nouvelle de la découverte du tombeau saint en Galice se répand comme une traînée de poudre dans toute l’Europe et l’apôtre saint Jacques devient le grand symbole de la Reconquête espagnole. Le roi des Asturies fut le premier des innombrables pèlerins qui marcheront sur Saint-Jacques-de-Compostelle.
Toutefois, l’authenticité des ossements de l’apôtre saint Jacques fut l’objet d’âpres débats et de recherches approfondies. La translation du corps du disciple de Jésus jusqu’au sol galicien est jugée invraisemblable en raison de sa difficulté et constitue l’une des nombreuses lacunes d’une tradition oscillant sans cesse entre vérité historique et légendes magiques. Bien que des études archéologiques aient prouvé que Compostelle était une nécropole préchrétienne, aucune recherche scientifique n’a été menée pour analyser les ossements conservés entre les murs de la cathédrale. D’ailleurs, dans ce débat complexe, une hypothèse a vu le jour et séduit certains spécialistes : les ossements seraient ceux de Priscilien d’Avila, un évêque accusé d’hérésie.
Mais, l’histoire des ossements de l’Apôtre ne s’arrête pas là. Une fois découvertes et honorées avec la construction d’un temple chrétien, les reliques ne sont pas restées longtemps sur place. Selon la tradition orale, au XVIe siècle un évêque les cacha pour éviter la profanation des pirates fraîchement débarqués sur le port de La Corogne (mai 1589) qui menaçaient de ravager la ville de Compostelle. L’on perd toute trace des ossements de saint Jacques. Des travaux réalisés à la fin du XIXe siècle révèlent une cachette – située dans l’abside, derrière le maître autel — où furent dissimulés des siècles durant les reliques. Celles-ci étaient donc hors de l’édicule construit par les disciples – de 99 centimètres de long et 30 centimètres de large —. En 1884, le pape Léon XIII authentifie officiellement les ossements de saint Jacques.
La découverte de la tombe de Saint Jacques en 813 marque le début du pèlerinage à Compostelle. De régions de plus en plus lointaines, on va pérégriner vers Saint Jacques, vers ce Campus Stellae ou Compostum sacré, et à cet endroit, bien sûr, miracles, prodiges et choses merveilleuses se produisent.

Mais la légende n'est pas terminée : fin 844 a lieu la bataille de Clavijo, non loin de Logrono entre chrétiens et musulmans. Mahomet avait eu la révélation en 622 ; en 711, les musulmans avaient conquis presque toute l'Espagne à la nouvelle religion, mais dès 718 commençait la Reconquista, c'est-à-dire la reconquête du christianisme sur l'islam. Cette Reconquista va durer jusqu'en 1492 : il y aura des victoires et des défaites, même en 997 lorsque Al Mansour va détruire Compostelle tout en respectant la tombe de l'apôtre. Mais revenons à Clavijo le 23 mai 844 : les chrétiens vont être défaits et subitement apparaît dans la mêlée un blanc destrier, l'épée à la main, on reconnaît Saint Jacques lui-même qui donne la victoire aux chrétiens, c'était le Matamore, celui qui tue les Maures, celui qui pourfend les infidèles.

Comment débuta l’invasion musulmane de la péninsule ibérique? L'invasion de l'Espagne au VIII° siècle est la conséquence directe de celle du Maghreb. Vers 710, le roi du royaume chrétien des Wisigoths Rodéric avait envoyé le comte Julien comme Gouverneur de la Maurétanie. Or le dessein du Roi était de séduire la fille du comte. Furieux, Julien se serait allié par vengeance aux Maures (appelés aussi Sarrasins), peuple récemment islamisé.

Quoi qu’il en fut, Muza, Gouverneur de l’Afrique islamisée, affréta une flotte et la lança sur les côtes de Gibraltar, à Algésiras en 711. Le chef de cette flotte, le général berbère Tariq ibn Ziyad, bénéficia de l’anarchie du royaume wisigoth. Cordoue puis Tolède tombèrent (octobre - novembre 711). Les places furent occupées les unes après les autres. En cinq ans, la quasi-totalité de la péninsule fut soumise.

Comment expliquer cette chute rapide ? Si nous suivons les sources écrites, les Maures s’assurèrent le pays en y portant la désolation. Muza aurait livré la région aux pillages, à l’esclavage, au feu et au sang. Dans un premier temps, les groupes musulmans visèrent sans doute la rapine sans penser à s’établir durablement. Pourtant les musulmans surent tenir les villes, centres névralgiques de tout pouvoir, tout en réoccupant les hauteurs. En fait, ce ne fut qu’après le coup d’arrêt de Poitiers (732) que les musulmans songèrent à s’établir définitivement dans la péninsule ibérique. Mais entre-temps, les dissensions des Wisigoths eurent pour résultat l’alliance de certains d’entre eux avec l’ennemi musulman. Le Roi Rodéric tué, des Chrétiens se réfugièrent dans les montagnes des Asturies et les Pyrénées d’où partirait plus tard la reconquête.

En effet, lors de cette reconquête, en 844, le roi Ramiro 1e venait de subir une défaite. Il se retira à Clavijo pour y passer la nuit. C’est alors que Saint Jacques lui apparaît en rêve et l’incite à retourner à la bataille. Il dit au roi qu’il le protégera, lui et son armée. Le roi reprend donc les armes et engage de nouveau les armées de l’émir Abd al-Rahmân II. Pendant le combat, Saint Jacques, lui-même, reprenant son titre de « Fils de Tonnerre » descend pour aider les armées du roi asturien. Il apparaît alors, transfiguré, sur un cheval blanc. Il porte un étendard blanc avec une croix rouge ainsi qu’une épée avec laquelle il tue tous les soldats musulmans qu’il rencontre. Il contribue ainsi à la victoire des chrétiens sur les Maures. Pour démontrer sa gratitude Ramiro 1er accorde à l’église de Compostela, un tribut annuel.

Par la suite, Saint Jacques continua d’aider les chrétiens et participa à plusieurs combats contre les Maures, lors de la Reconquista des Espagnes, entre autres lors des batailles à Coïmbre, Ourique et Las Navas de Tolosa. Il devient donc un symbole de la lutte contre les Infidèles.

C'est ainsi que Saint Jacques deviendra le patron de l'Espagne mais aussi de tous les pèlerins en marche vers Compostelle. Car ces pèlerins, souvent sans le savoir, sont également des combattants en guerre contre un envahisseur indésirable et destructeur. En empruntant le Chemin ils ignoraient encore qu'ils débutaient les hostilités contre un ennemi qui occupaient indûment cet espace sacré qu'est leur propre âme. Le nom de ce maléfique adversaire : l'ego.

Alors ? Saint Jacques , mythe ou réalité ?


 

 

  

Ça devient du n'importe quoi!

Pierre Catoire

758 km en 6 jours sur le Camino Francès à partir du 18 juin 2017.... "Ils" ne savent pas quoi inventer!

Une course au milieu des pèlerins, 138 km par jour avec 10 équipes et l'aval d'un président de comité olympique.... Je cite: "L'épreuve représente l'union des valeurs de l'olympisme et des valeurs jacquaires" FOUTAISE! mercantilisme! et encore un risque de collision.... Pensez-vous que ces gens pressés vont demander pardon lorsqu'ils vont bousculer un marcheur dans les passages étroits du Chemin? L'Espagne serait donc si pauvre en espaces dédiés à la compétition? Cette information nous est parvenue de l'association "Bordeaux Compostelle" que la Confraternité remercie très vivement car elle nous permet de mettre en exergue combien nos beaux chemins de pèlerinage, de par leur réputation,  sont convoitées pour devenir le cadre d'activités lucratives loin de l'éthique de générosité, de solidarité et de fraternité qui fait la vraie richesse de nos pérégrinations.... Restons vigilants et soyons tous ensemble des militants pour la préservation de ce patrimoine millénaire!

Découvrir le document qui nous dit tout en cliquant sur ce lien

  

Le "donativo" reconnu

La justice a tranché en faveur de Marie et de Jean-Marc!

Depuis des semaines et des semaines, Jean-Marc se battait pour faire reconnaître la régularité du "Donativo", règle qu'il appliquait au sein de son gîte accueillant des pèlerins et implanté à Saint-Privat-d'Allier, terme de la première étape du chemin de Compostelle au départ du Puy en Velay. Cette prise de position émanant du tribunal correctionnel du Puy en Velay nous réjouit pleinement car elle reconnaît le droit d'accueillir les pèlerins et de favoriser notamment les plus humbles. Ceux-ci n'ont pas la possibilité de payer très cher le gîte et le couvert puisque chacun donne en fonction de ses possibilités. L'entraide n'est donc pas un vain mot sur les chemins de Compostelle et les rend plus en rapport avec ce qu'ils devraient être : une chaîne d'amour et de solidarité ! Cette prise de position de la Justice ne devrait en aucune manière pénaliser les accueils de pèlerins qui appliquent un tarif et pour lesquels la logique économique s'impose mais  prend en compte, par ce jugement, l'aspect humain au sens le plus noble qui, il faut le reconnaître, est si souvent bafoué dans le monde au sein duquel nous évoluons....

 

découvrez le texte de Marie et de Jean-Marc

 

  

La toute fin du chemin

transmis par notre confrère Jean-Louis RODIER de la province de Provence (du blog "chemincompostelle.over-blog.com)

De Burgos, sur le Camino, il faut faire un détour de 240 km et se rendre à Madrid pour voir ce tableau "Le triomphe de la mort".La grande faucheuse est au centre du paysage. Sur la droite l'extermination relève d'une organisation toute militaire. Tout le monde y passe, tous trépassent!

De Burgos, sur le Camino, il faut faire un détour de 240 km et se rendre à Madrid pour voir ce tableau "Le triomphe de la mort"(de Breughel l'Ancien- Musée du Prado 1562).La grande faucheuse est au centre du paysage. Sur la droite l'extermination relève d'une organisation toute militaire. Tout le monde y passe, tous trépassent sans exception. Au premier plan, Breughel fait figurer les personnages un peu différents du commun des mortels. Vous pouvez  découvrir, en cliquant sur les 4 photos suivantes les détails du tableau légendés de Breughel qui ne laissent pas indifférents les pèlerins des Chemins de Compostelle!

On est bien peu de choses....

PC

 

 

 
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Ste Elodie

Dimanche 22 Octobre 2017