Au XVIIe siècle, la ville de Revel se retrouve criblée de dettes. Pierre Paul Riquet, banquier et homme d'affaires, prête une grosse somme d'argent à la ville. C'est comme cela qu'il se fait connaître. Il a le projet de se faire rejoindre l'océan et la Méditerranée par la construction d'un canal, que nous connaissons aujourd'hui comme le canal du Midi. Connu sous le nom de Jean Fabre à Revel, il fait la connaissance de certains habitants de Revel, qui connaissent bien le territoire. Pierre Camas, fontainier de la ville, lui donne l'idée de d'aménager une réserve d'eau (aujourd'hui le lac de Saint-Ferréol) en se servant des eaux de la rigole de la montagne Noire, tout cela dans le but d'alimenter ce fameux canal. Avec l'approbation du roi, les travaux débutent en 1667 et s’achèveront en 1680.

Le canal du Midi est un canal français qui relie la Garonne à la mer Méditerranée. D'abord nommé « canal royal en Languedoc », les révolutionnaires le rebaptisent en « canal du Midi » en 1789. Il est considéré par ses contemporains comme le plus grand chantier du XVIIe siècle. Avec le canal de Garonne, il est aussi dénommé « canal des Deux-Mers » car il fournit une voie navigable de l'océan Atlantique à la mer Méditerranée.

C'est le commerce du blé qui motiva la construction du canal. Colbert autorisa le commencement des travaux par un édit royal d'octobre 1666. Sous la supervision de Pierre-Paul Riquet le chantier dura de 1666 à 1681, pendant le règne de Louis XIV. Le canal du Midi est l'un des plus anciens canaux d'Europe encore en fonctionnement (le prototype en étant le canal de Briare). La mise en œuvre de cet ouvrage est étroitement liée à la question du transport fluvial aux temps modernes. Le défi, relevé par Pierre-Paul Riquet, était d'acheminer l'eau de la montagne Noire jusqu'au seuil de Naurouze, le point le plus élevé du parcours. Depuis 1996, il est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Le canal des Deux-Mers comporte au total 400 ouvrages d'art, dont 328 pour la partie canal du Midi avec notamment 63 écluses, 126 ponts, 55 aqueducs, 7 ponts-canaux, 6 barrages, 1 épanchoir et 1 tunnel.

Le pont neuf de Toulouse est en vue. Nous arrivons dans cette très belle cité et décidons de rester une journée pour profiter de ces multiples richesses patrimoniales.

La basilique Saint-Sernin est le plus grand édifice roman après l'achèvement de Cluny. Cette église a 15 mètres de large, 64 de long au transept, 21 de haut. Elle compte une haute nef de onze travées, deux collatéraux, un déambulatoire et neuf absidioles dont cinq rayonnantes. C'est le type même de l'église de pèlerinage destinée à recevoir des foules, à abriter des reliques, à multiplier les lieux de prière.

Le clocher octogonal, en brique seule, possède cinq étages en retraits successifs. Les trois premiers, du XIIe siècle, sont ajourés de fenêtres géminées en plein cintre ; les derniers, du XIVe siècle, ont des ouvertures en chapeau pointu. A 65 mètres de hauteur, la flèche est du XVe siècle.

Basilique Saint-Sernin : Le chevet de briques et de pierres, remonte au Xe siècle.

Vue globale de la nef, longue de 115 m.

Le transept de la basilique s'étend de la porte des Comtes aux chapelles du Sacré-Cœur et de Saint-Exupère, anciennement porte royale ouverte sur le monastère, au nord de l'église. Photo du croisillon sud du transept.

Croisillon nord du transept.

Dans la partie nord du transept se trouvent, à l'ouest, plusieurs fresques peintes dont un Agnus Dei au plafond et une représentation du cycle de la résurrection. Partie supérieure du cycle de la résurrection.

Partie inférieure du cycle de la résurrection.

Crypte de Saint-Sernin, sous le sol de laquelle se trouvent les restes de l'abside de la deuxième basilique.

Elle symbolise la ville rose ; la brique...L'histoire de la construction de Saint-Sernin prouve que les Toulousains préférènt d'abord la pierre et ne vinrent à l'architecture de brique (les remparts romains étaient déjà construits avec ce matériau) que par nécessité. Ils avaient beaucoup de tuiliers mais peu de carrières. Mais cela étant, ils devinrent les maîtres d'un nouvel art.

Le Capitole est l'un des principaux monuments de Toulouse. Il abrite aujourd’hui l'Hôtel de ville et le théâtre du Capitole. Sa construction a été décidée par les Capitouls en 1190, afin d’y établir le siège du pouvoir municipal. Il est l’emblème de la ville et c’est l’emplacement du pouvoir municipal depuis plus de huit siècles.

La salle des Illustres du Capitole.

Entrée du pape Urbain II, peinture dans la salle des Illustres.

La place du Président-Thomas-Wilson se situe à l'entrée est du centre-ville de Toulouse. Elle prolonge les allées Jean-Jaurès, reliant le cœur de la cité au canal du Midi. Construits autour de la place, des cafés et des cinémas concentrent l'activité nocturne estudiantine. C'est avec la place Saint-Pierre un des lieux animés de Toulouse.

La statue de Pierre Goudouli (poète toulousain du début du XVIIe siècle) par Alexandre Falguière orne la place Wilson.

Le musée des Augustins est le musée des beaux-arts de Toulouse. Créé par décision du 23 décembre 1793 et ouvert en 1795, il est abrité dans l'ancien couvent des Augustins. Il rassemble des collections importantes de peinture et de sculpture. Photo du Cloître principal avec sa reconstitution de jardin.

Le clocher du musée des Augustins.

Gargouilles du couvent des Cordeliers dans le cloître du musée des Augustins.

Musée des Augustins : Petit cloître.

Musée des Augustins : Le Roi David accordant sa harpe.

La cathédrale Saint-Étienne est la cathédrale de Toulouse construite aux alentours de 1070. Son aspect est particulier car elle est composée d'éléments architecturaux de diverses époques. La principale originalité de l'édifice est de présenter deux parties très distinctes : une partie romane à l'arrière du vaisseau, la nef raimondine, et une partie gothique, le chœur. Ces deux églises ont été reliées au XVIe siècle par le futur cardinal Jean d'Orléans. Le chœur est deux fois plus large que la nef romane, si bien que l'allée centrale est en ligne brisée. Le mur roman sud a été prolongé par l'église gothique. Au pied du pilier d'Orléans, point de jonction avec le choeur, la nef abrite la tombe de Pierre-Paul Riquet, le père du canal du Midi décédé en 1680.

L'entrée Nord de la cathédrale Saint-Etienne.

On y accède par le portail occidental de la cathédrale. Plusieurs tableaux ornent la contre-façade,Nef romane dite "raimondine".

Au-dessus de la porte du portail occidental : une scène, "Le passage de la Mer Rouge" Huile sur toile du XVIIe siècle classé aux monuments historiques.

Maître-autel autel du chœur gothique.

Rosace, inspirée de Notre-Dame de Paris, depuis l'intérieur de la nef.

La chapelle des fonts baptismaux contient les fonts composés d'une cuve circulaire reposant sur une base polygonale. Plusieurs inscriptions sont gravée sur la cuve ainsi que la date de 1305.

Chapelle de l'agonie : on découvre la "Vierge de Pitié", sculputure en terre cuite peinte, réalisée par Gervais Drouet. Est gravée sur la base la date de 1654. Cette Vierge de Pitié est une commande du marchand Sébastien Taffin, initialement destiné à la basilique St Sernin.

 L'hôtel d'Assézat est un hôtel particulier, élevé en 1555-1557 sur les plans de Nicolas Bachelier, le plus grand architecte toulousain de la Renaissance. C'est sans contesre, le plus bel hôtel de Toulouse. Derrière un monumental portail en bois se cache une cour intérieure, rénovée en 1993. Il abrite le musée de la Fondation Bemberg qui présente une collection d'art, notamment de peinture, du XVe au début du XXe siècle. Deux des côtés de la cour comportent une élévation à trois niveaux superposant les trois ordres classiques (ordre ionique, ordre dorique, ordre corinthien) ; il s'agit, avec le château de Caumont, également construit par Nicolas Bachelier en 1535 et la Cour Carrée du Louvre construite par Pierre Lescot à partir de 1546, d'une des premières manifestations du classicisme français.

Hôtel d'Assézat : Porte dans la cour

Hôtel d'Assézat : Détail des figures du fronton, portail d'entrée.

Hôtel d'Assézat : Détail des figures des consoles, sous la galerie.

La basilique Notre-Dame la Daurade, dite aussi Sainte-Marie la Daurade, est une église toulousaine ayant titre de basilique mineure. Elle se situe le long des quais de la Garonne, près de la place et du port du même nom. Son histoire commence au Ve siècle. Elle est bâtie sur les vestiges d'un temple romain dodécagonal, sans doute dédié à Apollon, et surmonté d'une coupole. Ce sont les empereurs romains qui confient ce temple aux chrétiens. Le culte de la Vierge a été initié à Éphèse, en 431. C'est peut-être l'une des raisons de la construction de l'église de la Daurade, dédiée à la Vierge Marie représentée sous la forme d'une vierge noire. En effet, connue aujourd'hui sous le nom de « basilique de la Daurade » à cause de ses mosaïques à fonds dorés, l'église est d'abord appelée « basilique Sainte-Marie de Toulouse ». Son nom provient d'une mosaïque en or qu'elle renfermait : Deaurata qui veut dire couverte d'or. Aujourd'hui, la Daurade abrite les restes du poète Pierre Goudouli, dont la statue orne le centre du jardin de la place Wilson.

Le Pont de la Daurade est un ancien pont toulousain enjambant la Garonne légèrement en aval du Pont-Neuf. Il reliait l'hôpital Saint-Jacques à l'église de la Daurade, tous deux propriétés des bénédictins. Il fut érigé au XIIe siècle et couvert en 1480. Au XVIe siècle, son mauvais état fit envisager son remplacement et en 1541 François Ier décida de la construction du Pont-Neuf (achevé en 1632). Le pont de la Daurade fut démoli peu après en 1639. La photo présente la seule pile restante du Pont de la Daurade vue depuis l'Hôtel-Dieu Saint-Jacques. Des bouées indiquent l'emplacement de la seconde.

Le premier Pont Saint-Pierre a été construit entre 1849 et 1852. C'était un pont en bois, à péage, où passaient piétons et voitures à cheval. Il reposait sur deux piles de pierre et de briques, et était renforcé par des câbles métalliques.  Lors de la grande inondation de 1875, un ingénieur de la mairie fit sectionner les câbles. Très endommagé, le pont Saint-Pierre fut confié à la ville en 1904, laquelle supprima le péage en même temps qu'elle interdit le passage des voitures. Lorsque la municipalité se décida à reconstruire le tablier, en 1927, elle opta pour un pont suspendu, à l'armature métallique, jugée plus esthétique.  60 ans de trafic ininterrompu achevèrent de fissurer l'ouvrage. 30 millions de francs furent réunis en 1984, et trois ans plus tard un nouveau pont était construit, long de 240 mètres.

L'Église Saint-Pierre des Cuisines, située rue de la Boule, à côté de la place Saint-Pierre à Toulouse, est la plus vieille église du sud-ouest de la France. Elle est construite sur une ancienne nécropole gallo-romaine du IVe siècle. Le nom Saint-Pierre-des-Cuisines n'a rien à voir avec un quelconque lieu de restauration. Cuisines est une version francisée de Coquinis, et désigne des petits artisans. L'église renferme une crypte archéologique présentant les vestiges d'une basilique paléochrétienne du IVe siècle et d'une église pré-romane. Au XIe siècle, l'église est donnée à l'abbaye de Moissac par le comte de Toulouse. À partir du XIIe siècle, l'église est un haut lieu public. En 1189, le comte Raymond V de Toulouse y reconnaît les privilèges de la Commune de Toulouse dirigée par des capitouls. Ce geste est renouvelé par Raymond VI de Toulouse en 1195, et par Raymond VII de Toulouse en 1222.  C'est à cet endroit que Simon de Montfort signa la reddition toulousaine. C'est aussi dans ces murs que les comtes prirent l'habitude de rassembler le peuple toulousain.  En 1286, les Coutumes de la ville y sont officiellement promulguées.

Eglise Saint-Pierre-des-Cuisines : L'enfeu abrite un sarcophage.

Nous achèverons cette journée toulousaine en nous octroyant un moment de détente dans de très beaux jardins. Le jardin japonais de Toulouse est un parc classé jardin remarquable de France se situant au nord du centre-ville, dans le quartier de Compans Cafarelli. Ce jardin a été créé en 1981 pour répondre au souhait de Pierre Baudis durant son mandat à la mairie de Toulouse. Ce parc clos de 7 000 m² fait partie d'un espace vert de 10 hectares en plein cœur du quartier récent de Compans-Caffarelli. Assez rare dans une ville méridionale telle que Toulouse, ce jardin propose des variétés botaniques de l'extrême-orient. Conçu par le bureau d'étude du service des jardins et des espaces verts comme un lieu de méditation, on y trouve un jardin minéral, un pont en bois rouge typiquement japonais reliant un îlot qui représente allégoriquement le paradis. Il s'inspire des jardins créés à Kyoto entre le XIVe siècle et XVIe siècle, correspondant aux époques de Muromachi et d'Edo. Il est isolé du reste du parc grâce à des rideaux de verdure et une colline offrant une certaine intimité.

Jardin royal : créé par Louis de Mondran en 1754, ce fut le premier jardin public de Toulouse. Comme le Grand-Rond, il fut aménagé en jardin à l'anglaise entre 1861 et 1863. Il couvre une surface de 1,7 hectare et fait partie des jardins remarquables de France.

 

 



St Luc

Mercredi 18 Octobre 2017