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Peu avant Saint Bertrand de Comminges se présente la basilique Saint-Just de Valcabrère

On approche de Saint Bertrand de Comminges: on aperçoit entre les arbres la cathédrale rurale!

Saint-Just de Valcabrère est une belle église, mystérieuse et émouvante. A l'écart du village, isolée au milieu des champs, jouxtant étroitement un cimetière entourè de cyprès, avec à l'arrière-plan la cathédrale de Saint-Bertrand se détachant sur un fond montagnard, c'est un édifice original qui ne peut laisser personne indifférent. Bien sûr, c'est d'abord une église romane avec ses nombreux aspects habituels, mais c'est aussi, par le remploi de multiples pierres antiques, inscriptions et sculptures, un véritable musée "romain". L'extrême complexité de cet assemblage hétéroclite mais fort réussi -même si le clocher carré paraît trop massif- rend la tâche de l'historien difficile, mais laisse le champ libre à l'émotion du visiteur et à l'intérêt du curieux ou de l'amateur de vieilles pierres.

Le portail sculpté est la dernière œuvre romane de la basilique de Saint- Just de Valcabrère ( et du Comminges). Rajouté à la fin du XIIème siècle dans la façade Nord en saillie entre deux contreforts, il illustre bien la fidélité aux traditions de Valcabrère, associant une structure romane avec des statues-colonnes presque gothiques au style fortement antiquisant. Ces statues sont surmontées de chapiteaux portant les rouleaux des voussures de l' archivolte. Le tympan est une évocation du chapitre 4 de l'Apocalypse. Son centre est occupé par la manifestation du Fils de l'Homme, assis et bénissant (La main droite évoque la Sainte Trinité), tenant un Livre fermé dans sa main gauche (Livre fermé égal lecture ésotérique nécessaire). Muni d'un nimbe crucifère, il est entouré d'une mandorle symbolisant sa Gloire que portent de leur main libre les évangélistes saint Marc et saint Jean, reconnaissables au lion et à l'aigle qu'ils tiennent. Complétant la théophanie, les évangélistes saint Matthieu (à gauche) et saint Luc (à droite) avec leur symbole - l'homme et le bœuf - se logent maladroitement dans l'espace libre. En haut, deux anges brandissent leur encensoir. Traces de polychromie du XIIème s. encore visibles.

Les piédroits ramènent au culte des saints protecteurs de l'église par des statues-colonnes polychromes au style splendide épousant les contours. La porte est entourée de quatre statues. On trouve au premier plan, saint Just à gauche et saint Pasteur à droite, deux martyrs espagnols, souvent associés. À Complutum (aujourd’hui Alcala de Hénarès) en Espagne, en l’an 304, les saints Just et Pasteur furent martyrsisés. N’étant encore que de jeunes enfants (7 et 9 ans), ils jetèrent leurs livres dans la classe et coururent d’eux-mêmes au martyre. Le préfet les fit arrêter aussitôt et maltraiter à coups de bâton parce qu’ils professaient leur condition de disciples du Christ. Puis, comme ils s’exhortaient mutuellement à être forts, ils furent, pour le Christ, égorgés par le bourreau.

Au deuxième plan, on trouve à gauche, saint Etienne, avec un chapiteau relatant sa lapidation, et à droite, sainte Hélène.

L’arrestation de Pasteur.

Lapidation de saint Etienne

Le chapiteau qui surmonte saint Just montre sa décollation. L'arrestation de Pasteur lui fait face.

Hélène nous rappelle qu'une relique de la vraie croix, découverte par la sainte, se trouvait à Valcabrère. Au dessus, le chapiteau montre une femme pèlerin qui s'apprête à monter sur un cheval. Elle est entourée d'anges: peut être est-ce sainte Hélène partant en pèlerinage.

La cathédrale Sainte Marie est bien évidemment l'édifice le plus connu et le plus symbolique de Saint- Bertrand- de- Comminges. C'est surtout elle qui a donné l'idée de l'appellation peut-être exagérée de ' Mont- Saint- Michel des terres ' pour ce site ! La masse de sa construction avec son imposant clocher-tour, dominant la cité tapie autour d'elle, se voit de très loin au milieu de son écrin montagnard pyrénéen. La présence des contreforts équilibre l'édifice et accentue l'impression d'élancement et d'ascension verticale de l'ensemble monumental s'élevant au-dessus des toits des maisons. On se rapproche alors effectivement du célèbre site normand.

La cathédrale de Saint-Bertrand de Comminges présente un aspect massif dû à son rôle de forteresse dominant le village.

La cathédrale a toujours été l'élément clef de l'ancien évéché du Comminges et son histoire se confond avec celle des évèques bâtisseurs du XI° au XVI° siècles. Rappelons qu'en l'absence de seigneur et de château, ce sont l'évêque et la cathédrale qui font fonction de chef féodal et de forteresse ! Tout ceci explique les agrandissements successifs qui se voient aujourd'hui dans le plan de l'église et du cloîître et dans la succession - et le mélange- des styles artistiques, constituant ainsi un remarquable survol de l'histoire de l'art, du roman au baroque en passant par le gothique et la Renaissance sans oublier les remplois gallo-romains. Deux autres facteurs religieux contribuent aussi à l'aspect actuel de l'édifice. D'une part, la présence d'une communauté de chanoines a imposé des espaces spécifiques réservés (cloître, stalles..). D'autre part, l'existence précoce d'un pèlerinage très suivi sur le tombeau de Saint Bertrand et les reliques a poussé assez rapidement à la séparation du bâtiment en deux espaces distincts, un pour les pèlerins et les fidèles, un autre pour l'évêque et les religieux.

L'aspect extérieur annonce déjà l'agencement interne. L'opposition est facile entre le clocher-tour roman, véritable frère jumeau d'un donjon, et la nef gothique entourée de ses 14 contreforts. Ceux ci, certes puissants, sont parfaitement construits, s'amincissant en hauteur et finissant par des gables avec pinacles fleuronnés.

De l'église romane primitive, il ne reste que le portail et le puissant clocher-porche qui servait de donjon au Moyen Age.

Détail des contreforts de la façade sud.

Sainte Marie de St Bertrand de Comminges. Le portail roman date du XIIème s.. Il est encadré de quatre colonnes dont les chapiteaux sont ornés de motifs animaux. La face intérieure du portail est dépourvue d'ornements. Le tympan est consacré à une scène de la Nativité, l'Adoration des mages. Une Vierge en majesté accueille l'hommage des rois venus voir son Fils. Derrière elle, un évêque assiste à la scène. Il s'agit très probablement de Saint Bertrand. Des inscriptions latines désignent les personnages (Maria mater et filium dei). Les inscriptions qui servent de légende aux cadeaux des mages sont plus énigmatiques : il s'agit en fait d'un mélange de latin et de grec qui signifie: "j'apporte un gâteau de farine, de la myrrhe et de l'argent". Au linteau figurent les douze Apôtres.

L'orgue et la chaire de la cathédrale.

Saint Roch en la cathédrale Sainte Marie. Il est représenté avec tous ses attributs : le genou droit dénudé (symbole d’initiation) l’ange bénissant les stigmates de la lèpre et le chien (psychopompe) passeur d’âme.

Le pèlerin de la cathédrale

Trésor de la cathédrale : coffret du XIVe siècle.

Le cloître de Saint-Bertrand-de-Comminges : sa situation exceptionnelle en hauteur donne à ce lieu, au-delà de ses qualités architecturales, une spiritualité et une poésie particulières. Ce cloître demeure un des derniers encore debout dans les Pyrénées centrales, il rassemble des apports stylistiques successifs. Il représente parfaitement ce qu'étaient les cloîtres pour les religieux affectés à l'église (ici les chanoines) ou dans un monastère. Galerie intérieure couverte entourant un espace fermé, carré de verdure ou simple cour, c'est le lieu de recueillement et de repos des religieux, endroit strictement réservé à ceux qui ont fait vœu d'y rester attachés et selon Emmanuel Garland, récent auteur (juin 2000) d'une étude sur les cloîtres romans des Pyrénées centrales, un nœud et poumon de tout ensemble conventuel. Ce type d'aménagement est apparu depuis très longtemps dans l'histoire et a trouvé son éclosion à l'époque romane avec l'usage de la pierre autant pour la construction que pour le décor sculpté. C'est ainsi que les chanoines de Saint- Bertrand entreprirent d'élever un cloître sur le flanc sud de l'église, en contrebas, mais dans un lieu trop exigu qui les obligea à dessiner un quadrilatère irrégulier suspendu au-dessus du vide et ouvert maintenant sur les montagnes. Plusieurs étapes de constructions se voient dans ce cloître, ainsi que des remplois romains.

La galerie occidentale seule date de l'époque romane (XII° siècle), mais elle a gardé intacts ses pierres, son décor...et son charme. Arcatures en plein cintre, chapiteaux doubles, colonnes géminées en marbre se succèdent harmonieusement. La décoration des 8 éléments est riche et fortement influencée par les ateliers de sculpture romane toulousains.

L'ensemble le plus célèbre est le pilier central de la galerie taillé dans le tambour antique d'une colonne cannelée en marbre : il porte les 4 Evangélistes tenant leurs symboles dans leurs mains, comme au tympan de Saint- Just de Valcabrère. Sur le chapiteau les surmontant, figurent les travaux des 12 mois et un zodiaque : c'est bien sûr un symbole voulu par le sculpteur roman. D'après E.Garland : l'année est l'image du Christ, les 12 mois sont comme les 12 Apôtres et les 4 saisons rappellent les 4 Evangélistes.

La galerie occidentale seule date de l'époque romane (XII° siècle), mais elle a gardé intacts ses pierres, son décor...et son charme. Arcatures en plein cintre, chapiteaux doubles, colonnes géminées en marbre se succèdent harmonieusement. La décoration des 8 éléments est riche et fortement influencée par les ateliers de sculpture romane toulousains.

Les galeries sud et est, d'inspiration gothique, continuent sans heurt la galerie romane avec des arcades en plein cintre et des colonnes jumelles, mais avec un décor plus simplifié, purement végétal : changement de style, d'époque, de goût. Dans le coin nord-est subsiste l'entrée de la salle capitulaire avec une porte couverte d'un arc trilobé sous double archivolte et une fenêtre géminée de vrai style gothique.

Tous les chapiteaux méritent examen, aussi bien les chapiteaux historiés que les chapiteaux ornementaux, tel celui qui représente des chevaux tenus par un homme au milieu de feuillus et surmontés d'une frise florale.

La galerie des tombeaux du cloître.

Dans Saint Bertrand de Comminges

Dans Saint Bertrand de Comminges (détail)

Ancienne sacristie du XVIe siècle adossée à l'abside de la chapelle Saint-Barthélemy

Ruelle à Saint-Bertrand de Comminges avec la tour-clocher de la cathédrale.

Dans Saint Bertrand de Comminges

Dans Saint Bertrand de Comminges

 



St Germain

Dimanche 28 Mai 2017