Arrivée à Poitiers. Des souvenirs nous reviennent, 732.... Charles Martel...la ville aux cent clochers.

La première halte du pèlerin qui entre dans Poitiers:L’église abbatiale de Montierneuf.Elle  est construite selon un plan simple : nef, bas-côtés, transept et chœur à déambulatoire prolongeant les bas-côtés. La voûte en coupole de la croisée, en arc de cloître renforcée de nervures serait gothique archaïque du XIIIe siècle. Elle possède un chevet gothique rayonnant construit au xive siècle, à arc-boutants peu éloignés de la construction, qui ont conservé leur gargouilles. Ils sont également ornés des armes des différents abbés qui ont dirigé l'abbaye. Deux de ces arc-boutants possèdent deux arcs : il s'agit probablement de reprises, les arcs-boutants d'origine reportant mal la poussée sur les piliers. D'ailleurs, l'ensemble de cette structure a été fortement reprise au courant du xviie siècle, si l'on en juge par la stéréotomie et les sculptures à l'intérieur (notamment des têtes de feuillage, dans le goût des xiiie-xive siècles, mais assez maladroits, comme copiés sur des modèles anciens). Le chœur date de la deuxième moitié du xiiie siècle. L'architecte gothique a conservé les piles et les arcades romanes pour élever une abside pentagonale où règle la clarté. Les nervures des voûtes d'ogives retombent avec légèreté sur les consoles ornées de masques feuillagés. Le chœur possède trois chapelles rayonnantes, qui sont dédicacées respectivement à saint Joseph, Notre-Dame du Bon Secours (à l'est) et sainte Barbe. Elles sont toutes trois de type roman. Elle abrite actuellement le cénotaphe orné d'un gisant de Guillaume VIII.

Eglise de Montierneuf: Fronton du portail datant de 1644

Poitiers : Eglise Notre Dame La Grande. Le clocher est couronné d'un toit en écailles. c'est une forme de couverture fréquente dans le Grand ouest. Il se retrouve par exemple à Saintes et à Angoulême.

A l'époque de Lemonum (cité romaine de Poitiers), le quartier Notre Dame était dense et proche des centres développés autour du forum. Le mur nord de l'église montre des vestiges d'une élévation antique (ou pré-romane) composée de briques et de pierres, avec un début d'arc, intégré dans le bâti médiéval. Notre Dame la Grande est mentionnée pour la première fois au Xe siècle, sous le nom latin Sancta Maria Major en référence à l'église Sainte Marie Majeure de Rome. Elle possédait alors un double statut, à la fois paroisse et collégiale et dépendait des chanoines de la cathédrale. Rebâtie au XIe siècle, elle est consacrée par le futur pape Urbain II lors de son passage à Poitiers en juillet 1086. L'édifice est alors plus court qu'aujourd'hui, se terminant par un clocher-porche occidental. Au début du XIIe siècle, l'église connaît de gros travaux: le clocher-porche est démoli, deux travées sont ajoutées pour rallonger la nef, et la célèbre façade est réalisée (vers 1115-1130)

Poitiers : Eglise Notre Dame La Grande. L'église est mentionnée dès le Xe siècle sous le vocable de Sancta Maria Major référence à l'église romaine du même vocable, Sainte-Marie-Majeure. Possédant un double statut, collégiale et paroissiale, elle fait partie du domaine de l'évêque de Poitiers. Sa position jouxte le Palais des Comtes de Poitou-Ducs d'Aquitaine (actuel palais de justice de Poitiers), n'est certainement pas innocente du point de vue politique, les évêques de Poitiers étant barons du Poitou. L'ensemble de l'édifice est reconstruit dans la seconde moitié du XIe siècle, en pleine période romane, et consacré en 1086 par le futur pape Urbain II.  Le clocher date du XIe siècle. Il était à l'origine beaucoup plus marqué : le premier niveau est aujourd'hui dissimulé par les toitures. Situé à l'emplacement de la croisée, il présente une base carrée puis un niveau circulaire surmonté d'un toit en écailles. (Photo Dominique Trioire)

De toutes les églises romanes de Poitiers, Notre Dame la Grande est celle qui a le mieux conservé son plan et sa silhouette romane, malgré de nombreux ajouts au fil des siècles. N'ayant pas de transept, elle n'a pas la forme en croix latine de la plupart des églises. Enserrée dans un tissu urbain médiéval très dense, et limitée par les constructions existantes et les voies de circulation, l'église conserve de fait un léger desaxement au niveau de la crooisée qui, surtout depuis le dégagement de l'église au XIXe siècle, peut sembler mystérieux.

En partie haute s'inscrivent les personnages suivants: aux deux extrémités deux personnages tenant une crosse, l'un d'eux, coiffé d'une tiare est un pape. Les autres personnages s'ajoutant à la rangée d'en dessous sont les douze apôtres.

Le Christ dans la mandorle, entouré des 4 évangélistes (l'aigle de Jean-le lion de Marc-le taureau de Luc-et l'homme de Mathieu) et surmonté du Soleil et de la Lune.

Dans la partie inférieure de l'image, on découvre de gauche à droite: La Visitation= Elisabeth enceinte rencontre sa cousine Marie. La Nativité = Marie, allongée, désigne de la main l'Enfant né. Le Bain de l'Enfant = deux sages-femmes baignent l'Enfant. Saint joseph médite

Au milieu de cette image et en dessous des apôtres  nous avons successivement de gauche à droite: La tentation d'Adam et Eve = Adam et Eve entraînant l'humanité dans la chute. Le Roi Nabucodonosor = roi de Babylone, symbole du royaume des pêcheurs. Les quatre prophètes = Moïse, Jérémie, Isaïe et Daniel annonçant la venue du Christ.L'Annonciation = l'archange Gabriel annonce à Marie sa maternité divine. L'Arbre de Jessé et David.

Sur la partie haute: le personnage à l'extême gauche tient une crosse il fait le pendant avec le personnage sur la même ligne et à l'extrémité droite: l'un des deux coiffé d'une tiare est un pape. Les autres personnages figurant sur cette ligne sont des apôtres s'ajouant aux personnages de la ligne du bas pour constituer les douze apôtres...

Sur la partie haute: le personnage à l'extême droite tient une crosse il fait le pendant avec le personnage sur la même ligne et à l'extrémité gauche de l'image précédente: l'un des deux coiffé d'une tiare est un pape. Les autres personnages figurant sur cette ligne sont des apôtres s'ajouant aux personnages de la ligne du bas pour constituer les douze apôtres...

Le bain de l'Enfant: deux sages-femmes baignent l'Enfant

Les quatre prophètes: Moïse - Jérémie - Isaïe - Daniel annonçant la venue du Christ

Deux personnages enlacés: Lutte de Jacob avec l'ange ou l'Ancienne et la Nouvelle loi.

De la période romane, seuls subsistent quelques vestiges de décor peint dans le choeur. Bien que très dégradés, on y voit encore une Vierge à l'Enfant dans une mandorle, un Christ en Majesté sous la voûte et les douze apôtres assis sous des arcatures.Ces figures sont flanquées d'anges accompagnant les âmes vers la Jérusalem céleste. D'autres peintures anciennes, des figures de saints, sont conservées dans la crypte (ne se visite pas).

La chapelle Sainte Anne, dite Chapelle du Fou, construite en 1475 pour la famille du sénéchal du poitou Yvon du Fou, conserve un bel enfeu de style gothique flamboyant. Celui-ci abrite depuis 1802, une mise au tombeau en pierre plychrome des années 1500 provenant de l'ancienne abbaye de la Trinité de poitiers.

Le décor actuel de l'église date, pour l'essentiel, du XIXe siècle. En 1851, à la demande du curé, l'architecte Charles Joly-Leterme fit repreindre l'ensemble des parois, voûtes et colonnes avec des peintures selon le goût de l'époque pour la surcharge ornementale....

La hardiesse de ces peintures fut très critiquée dès la XIXe siècle , notamment par l'écrivain Huysmans. Bien qu'assez fantaisistes ces peintures rappellent la polychromie qui devait exister dans l'édifice à l'époque romane. Le goût du XXe siècle, privilégiant la beauté des formes et ses structures brutes, rejette cette esthétique: dans les années 30, les colonnes du choeur furent décapées, mettant à nu la pierre

La place du marché et son héritage médiéval jouxte l'église Notre Dame la Grande

Maison des Trois-Clous, (XVe siècle), Grand'rue, ornée de gargouilles, ancienne demeure d'un riche patricien.

Poitiers : Palais des comtes de Poitou-ducs d'Aquitaine, (XIIe - XIXe siècle) actuel palais de justice de Poitiers, avec notamment la Tour Maubergeon (ancien donjon réaménagé à la fin du Moyen Âge) et la salle dite salle des Pas Perdus (ancienne Grande Salle du palais d'Aliénor d'Aquitaine) et la « Belle Cheminée ».

La place du Maréchal-Leclerc (traditionnellement appelée place d'Armes) est la place principale du centre-ville de Poitiers.

Hôtel de ville (1869-1875), œuvre de l'architecte Antoine-Gaétan Guérineau, de style Second Empire. Originellement musée et mairie, il abrite des tableaux de Pierre Puvis de Chavannes, Léon Perrault, Émile Bin.

Poitiers : façade Art Déco (1928) sur la place du Maréchal-Leclerc.

Notre-Dame des Dunes, statue colossale sur les falaises des Dunes, construite à l'instigation du cardinal Pie (1876).

Poitiers : le Pont Joubert est un pont médiéval franchissant la rivière du Clain. Il est mentionné pour la première fois en 1083. Avant la construction du pont Neuf en 1778 c'était un des ponts les plus importants de la ville, situé à un emplacement stratégique.

La cathédrale Saint Pierre de Poitiers: La cathédrale est de style gothique angevin. La façade, avec sa rosace et ses trois portails à gable, a subi l’influence de l'architecture gothique du nord de la France. Les sculptures en haut-relief illustrent sur trois étages le Jugement dernier.

L'édifice est couvert par une immense toiture à deux pans, d'une surface totale de plus de 5 500 m2 d'ardoise.  Des contreforts massifs en lieu et place des arcs-boutant soutiennent l'édifice.

La porte Saint Michel, percée sur le flanc nord de la nef vers 1180, est décorée de chapiteaux historiés qui forment une frise. Sur les hauts tailloirs, sculptés uniquement du côté gauche, sont représentés les mages qui rendent visite à Hérode et qui chevauchent vers Bethléem. Sur les corbeilles correspondantes, le sculpteur a imagé le Massacre des Innocents et la Fuite en Égypte. À droite, sont figurés, sans souci de la chronologie narrative, l'Annonciation, le Songe de Joseph, l'Adoration des Mages et la Visitation. L’intérêt de ces sculptures réside dans l'art du relief et la force suggestive qui transcendent la barrière conventionnelle établie entre l'art roman et l'art gothique.

Vitrail de la Crucifixion (XIIe s) dans la cathédrale Saint-Pierre.

Le baptistère Saint Jean de Poitiers , le plus ancien de la Gaule, fut édifié au IVe siècle sur des substructions de constructions romaines détruites en 276.

Présentation du baptistère à l'entrée de celui-ci.

Dans les premiers temps du christianisme, le baptême pouvait être administré en tous lieux. Après la promulgation de l'édit de Milan, en 313, ce sacrement fut conféré par l'évêque, en immergeant le catéchumène dans une piscine établie dans un édifice appelé baptistère, proche, habituellement, de l'église épiscopale.

le baptistère abrite une importante collection de sarcophages  mérovingiens des Ve au VIIe siècle.

Du XIIe au XIVe siècle ce baptistère devenu église s'enrichit d'une ornementation picturale à fresques...

Cavaliers au manteau flottant: l'un très effacé représente  l'empereur Constantin

Au centre du baptistère était creusé la piscine de forme octogonale. Son emmarchement intérieur permettait au futur chrétien d'atteindre le fon immergé sous 26 cm seulement. L'officiant lui versait de l'eau sur la tête et les épaules. Suivant le rite gallican, le baptisé devait descendre trois fois dans la piscine.

L'église Sainte-Radegonde, comme beaucoup d'église de pèlerinage, adopte un plan en croix latine. Ce plan a été mis au point au cours du XIe siècle. Il se caractérise par la présence d'une nef à vaisseau central avec des collatéraux (ce qui n'est pas le cas ici), d'un transept, d'un chevet à déambulatoire avec des chapelles rayonnantes. Ce plan est une solution trouvée par les architectes romans pour répondre à l'essor du culte des reliques qui sont à l'origine de nombreux pèlerinages. En effet, les édifices de culte abritant des reliques doivent pouvoir combiner à la fois des espaces réservés aux religieux pour la célébration des offices et des espaces de circulation et d'accueil pour les pèlerins venus se recueillir.

L'entrée de l'église Sainte Radegonde

Détail du porche d'entrée de l'église Sainte Radegonde. Le portail de style gothique flamboyant est du XVe siècle, tout comme le rare parvis qui est conservé. Il s'agit d'un parvis de justice, entouré de bancs de pierre, sur lesquels siégeaient les juges ecclésiastiques, jugeant les affaires religieuses et civiles du bourg.

Poitiers : Église Sainte-Radegonde, console sculptée (XIe s).

La nef a été entièrement reconstruite au XIIIe siècle, dans le style gothique plantagenêt ou angevin,sur le modèle de la cathédrale voisine.   Base de nervure  Base de nervure  Base de nervure La nef est un vaisseau unique de quatre travées. Elle donne sur un sanctuaire roman surélevé par la bouche d'ombre de la crypte. La filiation avec le gothique angevin est patente : les murs sont renforcés d'une arcature portant une coursière de circulation et les voûtes, à liernes, sont composées de nervures diagonales, transversales et longitudinales. Elles sont bombées et elles retombent sur des faisceaux de colonnes et de colonnettes engagées.

Si à Tours on venait prier saint Martin, à Poitiers c'est autour du tombeau de saint Hilaire que se retrouvaient les pèlerins.L'église Saint Hilaire actuelle est une construction romane du XIe siècle. Elle est du XIIe siècle pour le chœur, le transept, la première travée de la nef et le clocher du côté nord. À partir de la deuxième travée orientale de la nef, la construction est différente. Elle correspond, en effet, aux reconstructions du xixe siècle. Pour se représenter l'église dans sa grandeur d'origine, il faut lui rajouter une travée et demi vers l'ouest.  Le long du flanc sud de l'église, un enfeu roman est accompagné d'inscriptions latines  Le clocher est situé au-dessus du bras nord du transept. Sa base est un carré parfait de 11,60 m de côté. Le clocher comptait jadis une porte vers l'intérieur du sanctuaire.  La façade occidentale est néo-romane. Elle a été construite de 1869 à 1884.

Le chevet est remarquable par sa succession de niveaux : le niveau des quatre chapelles rayonnantes et des deux chapelles du transept, le niveau du déambulatoire, le niveau du cul-de-four de l'abside et le niveau du carré du transept. Le regard s'élève comme l'âme, de degré en degré pour atteindre le ciel

On ne se lasse pas de contempler ce superbe chevet et ses quatre chapelles......

Quand on pénètre dans l'église, on est frappé par sa hauteur qui éclaire la grande nef: cette clarté permet d'apprécier les beaux chapiteaux du choeur et les fresques des piliers...

Un coeur d'une beauté simple propice au recueillement...

Le bel éclairage naturel de l'église met bien en valeur ses chapiteaux...

La vie de Saint Hilaire ici résumé....

Superbes fresques sur les piliers qui représentent les évêques de Poitiers

Saint Hilaire est partout...

Une fresque particulièrement bien conservée qui représente un évêque de Poitiers.... Lequel?

 

 

 

 

 



Ste Rose

Mercredi 23 Août 2017